Pages

mercredi 28 juillet 2010

PAUL AUSTER : TRILOGIE NEW YORKAISE

New York était un espace inépuisable, un labyrinthe de pas infinis, et, aussi loin qu'il allât et quelle que fût la connaissance qu'il eût de ses quartiers et de ses rues, elle lui donnait toujours la sensation qu'il était perdu.

Cité de Verre
Traduit Pierre Furlan

Un coup de fil reçu au milieu de la nuit plonge Quinn dans une aventure étrange et très kafkaënne . New York, est le théâtre de ce roman labyrinthique.
"- Allô ? vit la voix. - Qui est-ce ? demanda Quinn - Allô ? répéta la voix. - J'écoute dit Quinn. Qui est-ce ? - Est-ce Paul Auster ? demanda la voix. Je voudrais parler à M. Paul Auster. - Désolé, dit Quinn. Vous devez avoir un faux numéro. - C'est une affaire très urgente, dit la voix. - Je ne peux rien faire pour vous, répondit Quinn. Il n'y a pas de Paul Auster ici"
Daniel Quinn a trente cinq ans, veuf, il a perdu sa femme et son fil. Il est écrivain de roman policier, sous le nom de William Wilson. Il se glisse dans la peau du détective Max Work (personnage de fiction de ses romans) Il est pris par Virginia Stillman pour un détective nommé Paul Auster. Il doit surveiller un certain Peter Stillman le père de son mari, celui ci va sortir de prison, c'est un homme dangereux. Il a séquestré son fils nommé aussi Peter pendant plusieurs années quand il était enfant. "Une enfance entière passée dans l'obscurité, isolée du monde, sans aucun contact humain à part une raclée de temps à autre." Une terrible souffrance s'est emparée de cet homme qui a perdu sa mère. D'ailleurs personnage très étrange ce Peter qui fut un enfant sauvage. Paul Auster (l'auteur du roman ) fait un rapprochement qui me touche particulièrement c'est celui de l'enfant sauvage de l'Aveyron, mais aussi à Gaspard Hauser. C'est un roman qui traite de l'identité un thème qui est cher à l'auteur, la quête de nos origines, nos racines d'où venons nous ? Aussi, il évoque le thème du langage. "Un langage qui dira enfin ce que nous avons à dire. Car les mots que nous employons ne correspondent plus au monde. Lorsque les choses avaient encore leur intégrité, nous ne doutions que nos mots puissent les exprimer." " Mais les mots - vous comprenez bien cela vous-même- admettent le changement." Daniel Quinn rencontre le vrais Paul Auster ainsi que son épouse, Siri, et son fils, Daniel, un clin d'œil amusant . Paul Auster écrit un essai sur Don Quichotte. Les initiales de Son Quichotte sont DQ comme celle de Daniel Quinn. Il rencontre aussi le Peter Stiman ce vieillard cinglé, il prendra comme autre identité masque celui de Henry Dark. Là, encore jeu avec les initiales HD comme Humpty Dumpty (A travers le miroir de Lewis Carroll)
Avec ce roman nous sommes dans les jeux de miroir, jeux de masque se mettre dans la peau de l'autre. Ambiance vertigineuse, un roman étrange absurde remplit du plein et du vide selon mon ressenti ! C'est un roman qui possède un certain humour subtile qui rend se livre très attachant. J'ai beaucoup aimé le premier volet de cette trilogie ! J'ai apprécié aussi les nombreuses référence littéraire qui complète très bien l'histoire qui la renforce.

Lors d'un entretien au Magazine Littéraire : Paul Auster dit que le Paul Auster l'écrivain dont le nom est sur la couverture vient se glisser à l'intérieur du livre. Pour lui en tant qu'écrivain il se sent surveillé par le lecteur.
Livre lu par Wictoria qui m'a bien donné envie de lire cette trilogie.

Revenants

Traduction Pierre Furlan
Les personnages de "Revenants" se nomment Blanc, Bleu et Noir. Mais deux d'entre eux sont des détectives privés et ils déambulent dans New York .
Cette suite est déroutante car les personnages ont des nom de couleurs Blanc, Bleu, Noir, Brun. Le lecteur se trouve en plein absurde et complétement perdu qui est qui ? Ces personnages sans identité aucune sont des pions qui déambulent dans cette ville, sans âme. Les thème du vide et de la solitude étaient présent dans la cité de verre mais là dans cet opus ils sont comme très palpable et cela renforce le sentiment d'étrangeté déroutant .
J'ai pas aimé ce deuxième volet, plus exactement je me suis sentie complétement perdue, et je n'ai pas compris grand chose à vrais dire.
Remarque amusante la date de naissance de Paul Aster le 3 février 1947, c'est la date où Bleu commence son enquête
Le livre qui marque Revenants c'est Walden de Thoreau mais aussi Feuilles d'herbe de Walt Whitman car c'est à Orange Street qu'il a écrit son livre. C'est dans cette rue là que Bleu surveille Noir qui est entrain de lire Walden. Les revenants sont ces écrivains qui reviennent habités par cette ville mythique me semble t-il ! L'importance des livres de la création joue un rôle important. " On parle toujours d'essayer de se mettre dans la peau d'un auteur pour mieux comprendre son œuvre." Il est certain que Paul Auster aime jouer avec son lecteur et le dérouter, l'interroger en cela j'avoue qu'il est très fort et très habile. Voir chez Wictoria

La chambre dérobée

Traduction Pierre Furlan

Le narrateur est à la recherche Fanshawe, son ami d'enfance . Ce dernier aurait disparu, le narrateur prend contact avec Sophie son épouse. Elle a eu un enfant Ben avec Fanshawe. Il apprend de la bouche de son épouse qu'il a écrit mais pas publié. Le narrateur quitte Sophie avec les écrits de Fanshawe . "Puis j'ai transporté lentement les deux valises dans l'escalier, jusque dans la rue. Ensemble elles avaient le poids d'un homme".Le narrateur va se rapprocher de Sophie, il va avoir une relation avec elle. Ils deviennent très intime. Ils vont se marier, habiter ensemble. Pour Sophie, il y a aucun doute Fanshawe est mort. Le narrateur est sûr que non, la preuve est qu'un jour il reçoit dans sa boîte aux lettres une lettre qui viendrait de lui. Il a qu'une envie c'est prendre sa place, il est gêné par l'Autre, son ami pour tant, mais il est comme son ombre qui l'empêche de vivre, de respirer. La question de l'identité est au cœur du roman. Thème important ici tourne de l'enfance de nos tout premier souvenir étant enfant ! " Je parle de notre première enfance - d'âge aussi lointains que nos cinquième, sixième et septième années." Il est question de la création de l'écriture, du vrais du faux, est ce que Fanshawe a bien existé ? Le narrateur va publié les écrit de Fanshawe, mais là jalousie sera au rendez vous. Réflexion sur l'écriture : " Le bruit courait que je l'avais inventé pour me livrer à une supercherie et qu'en fait c'était moi qui avait écrit les livres". Le narrateur a force de s'occuper des manuscrits il se prend au jeu de l'écriture et il désir écrire lui même une biographie sur Fanshawe. Le thème de la filiation est très important et joue un rôle capital. Ici comme dans les deux autres la relation père/fils est très important. C'est pour le narrateur l'occasion d'aller à la rencontre de soi même. Paul Auster se sert de ses personnages comme des pions d'un gigantesque échiquier. J'ai aimé quand Paul Auster met de lui en tant que personne. Le fait que le fils que le narrateur a avec Sophie s'appelle Paul, Sophie est originaire du Minnesota comme Siri Hustveld. Sophie est le prénom de la fille de Paul Auster.

Dans "La Chambre dérobée " réapparaisse les personnages de la Cité de verre, Peter Stillman

qui me fait penser à Fanshawe, personnage énigmatique, comme pourrait l'être un fantôme. Peter Stillman là est peut-être bien un revenant, tout comme Quinn le détective privé ?
En tant que lectrice j'ai été complètement emporté par la magie de Paul Auster, dans une quête de soi concernant l'identité. Il s'est emmener le lecteur dans un tourbillon vertigineux. L'écriture est riche, dense.

L'écriture de Paul Auster est séduisante, il est très fort pour prendre son lecteur par la main, pour faire découvrir son univers. Car pour ma part je trouve que c'est un auteur complexe et pas forcément facile à lire !
Ce là dit j'ai vraiment adoré "Cité de verre" par rapport à "Revenants" et la "Chambre dérobée".
Je vous invite à vous rendre chez Wictoria

mardi 27 juillet 2010

Qui a fait mon livre ? d'Anne Sophie Baumann


Écrit par Anne-Sophie Baumann
Illustré par Didier Balicevic
Collection Premier Exploradoc

Ce documentaire s'adresse pour des enfants de 6 à 9 ans.

" Aujourd'hui, un enfant a plus souvent l'occasion d'ouvrir un livre que de rencontrer l'imprimeur qui le fabrique. C'est pourquoi l'auteur, Anne Sophie Baumann, a choisi de remonter le fil de ses questions ... du produit fini (l'objet livre) vers son origine (l'auteur qui l'imagine puis l'écrit)." Je trouve que c'est une excellente idée qui me tient à cœur car il me permet de me rappeler ma formation à l'École Estienne et de mon stage chez Gallimard Jeunesse en Fabrication.
Et puis les enfants sont attachés à l'objet livre et de connaître comment naît un livre.
Cet ouvrage est parfait avec sa mise en page et ses illustrations colorées et vivantes. Tout est bien expliqué , les bulles d'explication comme dans une BD font penser à une loupe.
Avec ce livre nous passons en revue toute sa conception c'est à dire toute la chaîne du livre. De la conception à la librairie, en passant par l'impression chez l'imprimeur, mais aussi l'on apprend comment l'on fabrique le papier. Je trouve ce documentaire très agréable et bien adapté pour un jeune électorat.

lundi 26 juillet 2010

E.M FORSTER : Avec vue sur l'Arno


© Ernst Fries

Traduction Charles Mauron

Ce roman s'ouvre sur la pension des Bertolini à Florence en 1905, Lucy Honeychurch, une jeune fille est en compagnie de Miss Bartlett. Elles sont déçus, il y a eut un mal entendu c'est pas possible, leur chambre ne donne pas sur la vue de l'Arno mais sur une simple court. Il se trouve que lors du dîner, elles font plus ou moins connaissance avec Mr Emerson et son fils George, eux possèdent les chambres avec vus. Mr Emerson (Forster fait là un clin d'œil au philosophe américain) se propose d'échanger tout simplement. Miss Bartlet est choqué par la proposition, elle la trouve arriviste, elle manque de tact. Mais bon, grâce à la rencontre du pasteur Mr Beebe. Au final, elles obtiennent ces jolies chambres avec vue sur l'Arno ! Le premier chapitre plante le décor et voilà sous nos yeux de lecteur deux mondes qui s'affrontent les conservateurs et les avant gardistes aux idées de gauche.
" Bonheur : s'éveiller à Florence, ouvrir les yeux sur une pièce éclatante et pure, sur le carrelage rouge, si propre d'aspect bien que les carreaux ne le soit pas, sur le plafond peint où des griffons roses et bleus amours jouent dans une forêt de violons et de bassons jaunes." Pour visiter Florence, Lucy Honeychurch et Charlotte Bartlet ne se séparent pas de leur Baedeker. Lucy est un personnage attachant, c'est une jeune fille fraiche, innocente qui a reçu une éducation puritaine. Elle a appris les bonnes manières. Elle est attirée par George car il est différent d'elle. Durant son séjour, Lucy a été perturbé par la vision d'un meurtre au point de tomber dans les pommes. Heureusement que le jeune Emerson là prit dans ses bras et au cours d'une promenade, l'ivresse de la nature, la beauté la campagne a été l'occasion idéal pour lui d'échanger un baiser avec la jeune Lucy. Charlotte la surprit, elle a été scandalisé au point que ni une ni deux dès le lendemain elles quittent Florence, pour Rome.
Pourtant ce baiser innocent, montre que Lucy a envie de ce libérer de sortir du carcan rigide de son éducation victorienne. Elle a un désir de revivre ! Elle dit :" Ce monde est assez riche en malheurs, n'est-il pas vrai, sans en inventer de nouveaux. Au revoir et merci infiniment pour vos bontés l'un et l'autre. Tiens, voici en effet ma cousine qui s'avance. Quelle matinée délicieuse ! Santa Croce est vraiment une merveille" Il est question de mariage dans la deuxième partie, Lucy doit se marier avec Cecil. " Cecil était plus que présentable, distingué ; on avait plaisir à voir sa silhouette mince se régler sur le pas, de Lucy, et son beau visage allongé s'incliner vers la jeune fille quand elle lui adressait la parole."

C'est un homme très différent d'elle, un amoureux de la littérature et de l'Italie, snob, pédant sur les bord et de condition supérieure. Tant dit que Lucy est sportive aime jouer au tennis, au piano, en un mot elle aime la vie et ses plaisirs. La scène du baiser est pas mal, très différente de celle avec George à Florence. "Maintenant elle soulevait sa voilette d'un geste trop pratique ! En approchant d'elle il eut encore le temps de formuler un vœu : que ne pouvait-il reculer ? Quand il la toucha, son pince-nez d'or, bousculé, s'aplatit entre les deux visages." Une scène à mourir de rire (très bien rendu par Ivory ) c'est celle de la baignade entre Freddy, le frère de Lucy, George et Mr Beebe. " Nul paroissien n'était visible, hormis les pins, debout de toutes parts et conversant par gestes sur fond d'azur. Quelle magnificence ! Le monde des autos et des sacrés chapitres avait reculé à l'infini. Eau , ciel, vent, arbres toujours verts, comment les hommes feraient -ils intrusion dans ce monde que les saisons mêmes ne pouvaient toucher ?" Cecil fera tout pour que la villa voisine de Mrs Honeychurch, soit louée par Mr Emerson et son fils. Lucy retrouve George avec plus ou moins de bonheur, ainsi que la cousine Charlotte. Et, Lucy est embarrassée va devoir prendre en main son destin. Est ce qu'elle va rompre ses fiançailles ou alors prendre le risque du choix du cœur ! J'ai apprécié l'opposition faite entre l'Italie et l'Angleterre. Miss Lavish a propos des touriste britannique :" - Mais regardez-moi cette allure ! s'exclama Miss Lavish. Ils déambulent à travers mon Italie comme une paire de vaches."

Le style de Forster est très enlevé, sans dénoué d'humour. C'est une écriture agréable et plaisante. Impression, j'avoue que je préfère Howard End, ce roman est plus léger en apparence, car il y a tout de même de la part de Forster une envie de critiquer la société de son époque. L'adaptation de James Ivory est tout simplement une petite merveille !
© Fr Bazille

dimanche 25 juillet 2010

JULIE WOLKENSTEIN : L'EXCUSE

J'ai choisi ce roman après avoir lu le livre d'Henry James " Portrait d'une femme". Tout d'abord Julie Wolkenstein a écrit une thèse sur Henry James.
Son roman a un rapport avec un de ses grand roman qu'elle revisite.
Lise, la naratrice vient d’hériter une magnifique maison sur l’île très chic de Martha’s Vineyard, en face de Boston. Le roman commence alors qu’elle ouvre cette splendide maison qu'elle hérite. " Je n'y ai pas pensé tout de suite, quand le notaire de tante Françoise m'a contactée. J'ai compris qu'elle me laissait la maison, j'ai lu avidement la lettre d'elle, qui me signalait l'existence des "affaires personnelles", mais je n'ai pas pris garde aux détails, je suis beaucoup trop riche pour ça, c'est honteux mais j'ai eu le temps de m'y faire, depuis que j'ai hérité pour la première fois." Elle découvre trois boîtes remplies de photos, de cassettes et d'un devoir effectué en littérature à l'université de Colombia, intitulé Déjà-Vu où Nick raconte l'histoire de Lise. Nick son cousin est décédé, c'est la voix du passé qui revient en pleine figure à l'image d'un fantôme. Dans Déjà-vu Nick fait un rapprochement entre la vie de Lise et celle d' Isabel Archer dans Portrait de femme d'Henry James. Lise lit donc Déjà vu, c'est la voix du présent à Martha’s Vineyard. Chez Henry James le thé est un moment important et délicieux chez les anglais, ici dans le roman de Julie Wolkenstein c'est l'apéritif avec le whisky qui joue un rôle de premier plan.

Très intéressant ce jeu de correspondances, de renvois, d’associations, j'ai trouvé. Mais je n'ai pas été malheureusement très séduite par cet ouvrage. J'ai bien aimé le côté commentaire de texte en lien avec le roman de James mais cela s'arrête là. Tout simplement aussi je le pense que Julie Wolkenstein n'a pas malheureusement la plume du grand Henry James. Ce livre ne m'a pas totalement séduit.

Je vous invite à aller chez Clarabel qui elle a beaucoup apprécié ce roman !

samedi 24 juillet 2010

HENRY JAMES : PORTRAIT DE FEMME


Traduit par Claude Bonnafont

Isabel Archer est l'héroïne de ce roman d'Henry James. Elle est originaire d'Albany, New York, elle est orpheline sans le sou et elle est aussi très naïve et c'est une ingénue, mais cela n'empêche pas qu'elle est très intelligente et orgueilleuse. En 1872, Mrs Touchett l'a invité dans sa propriété près de Londres, à Gardencourt. Là, elle fait la connaissance de son cousin Ralph Touchett, et de leur voisin Lord Warburton. Ce dernier est sous le charme d' Isabel, il demande sa main en mariage. Isabel refuse car elle désir prendre son destin en main et envie aussi de connaître l'Europe avant de se marier. Son cousin Ralph Touchett qui est sérieusement malade, apprécie la compagnie de la jeune fille et l'observe avec intérêt ainsi que son amie Henrietta. Caspar Godwood, un jeune bostonien, un américain, la suivit jusqu'en Angleterre, il est épris, fou amoureux aussi d'Isabel. Mais, elle ne désire pas faire sa vie avec lui. Isabel fait la connaissance de Mme Merle, la jeune fille est pleine d'admiration pour elle. En compagnie de sa tante elle se rend à Florence où Mme Merle présente Isabel à un autre Américain Mr Osmond. "Ce Gilbert Osmond vit en Italie; c'est tout ce que l'on peut en dire ou en faire. Excessivement intelligent, il était fait pour se distinguer mais, comme je l'ai dit, on a épuisé le sujet quand on a dit : c'est Mr Osmond qui vit tout bêtement en Italie. Pas de carrière, pas de situation pas de fortune, pas de passé, pas d'avenir. "" Mais il a une fille, une délicieuse petite fille, et il parle d'elle. Il l'adore, et si la paternité pouvait être une carrière, il y figurerait au nombre des meilleurs. " C'est un original et excentrique et un grand amateur d'art. Lui et Mme Merle forme un couple manipulateur envers Isabel. Madame Merle fait penser à une sorcière. Une fois qu'Isabel a beaucoup voyagé, elle a observé le monde et accepte d'épouser Osmond. En acceptant de faire sa vie avec Osmond, elle plonge dans un univers trouble mélange du bien et du mal. Son mariage semble être un échec total.
Je trouve très touchant, et même troublant cette jeune fille Pansy qui a reçu une éducation dans un couvent à Rome , qui est orpheline de mère. Non, bien sûr elle est présenté comme cela au début du roman. En faite, elle est l'union d'Osmond et de Madame Merle. Sa mère la maîtresse d'Osmond se mêle du mariage de sa fille pour assurer le destin de son enfant illégitime. Pansy a quinze ans, elle a quitté le couvent à Rome, elle vit seule à Florence avec son père. Elle est d'une grande douceur, innocente et puérile. Elle est en pleine admiration pour Isabel qui sera sa futur belle-mère. "Papa a laissé ses instructions pour tout. Je me couche très tôt. Quand le soleil s'en va de ce côté, je vais au jardin. Papa a donné des ordres très sévères pour que je ne sois pas brûlée par le soleil. " En grandissant, elle se transforme en une élégante fée, elle est amoureuse d'un jeune homme M. Rosier, mais son père ne l'accepte pas refuse. "à dix-neuf ans Pansy est devenu une jeune fille mais elle n'en remplit pas réellement le rôle ; elle est à présent très jolie mais manque de façon déplorable de style, qualité si vivement appréciée chez les femmes ;" Il veut la voir marier avec un aristocrate, Edward Rosier malheureusement n'a pas assez d'argent et il n'en ait pas un ! Madame Merle aura son mot à dire, son père la voit très bien avec Lord Warburton, il est aussi manipulateur avec sa femme qu'avec sa fille, en un mot c'est un odieux personnage qui fait froid dans le dos. J'aime aussi une certaine tendresse pour Raph, le pauvre homme, il est très malade est fou d'amour en secret pour sa cousine Isabel, elle ne le voit pas, il en est même très malheureux. "Ralph souhaitait qu'elle ne se mariât jamais - voilà ce que cela voulait dire - parce que le spectacle de ses aventures de célibataire le distrayait." Osmond n'aime guère Raph. C'est pourtant, Raph qui a tout fait au chevet de son père mourant pour qu' Isabel puisse avoir un bel héritage et réaliser son destin. Elle se trouve à la tête de 70 000 livres.Le grand thème de ce roman est la question du mariage, la tante d'Isabel, voit d'un très mauvais œil l'union entre Isabel et Mr Osmond, surtout que cette union est manipulé par Madame Merle. Elle fut la maîtresse d'Osmond. Il ne possède rien c'est au crochet d'Isabel qu'il va vivre et en profiter. Ce qui est très mal vu ! " - Pourquoi vous mariez-vous ? Dieu seul le sait ! Généralement, les gens se marient pour la même raison qu'ils associent : pour fonder une maison. Mais, dans votre association, c'est vous qui apporterez tout."

Henry James applique dans ce roman sa technique du point de vue. Tout le roman est écrit via le regard d'Isabel, une femme libre qui n'en fait qu'à sa tête, malheureusement elle se trompe par orgueil tout simplement. J'ai pris un grand plaisir à lire ce roman très romanesque bien construit, accompagné de son humour léger. J'ai trouvé ce roman très dense, une écriture sublime, je ne sais si j'ai tout compris, c'est un roman remplit de retenu riche et dense. J'ai trouvé ce roman par un certain côté très moderne en ce qui concerne la place de la femme et le rapport au mariage, nuancé bien sûr.

Merci à Laconteuse livre offert dans le cadre du Swap Portrait of Lady

Le film m'a fois est assez fidèle au livre ! Ce n'est pas je trouve, enfin je pense le plus réussis de Jane Campion. Mais cela reste un très beau film avec une très belle esthétique très agréable à regarder. Bien que je trouve vers la fin, un peu bizarre, un peu larmoyant. Un film avec une star Nicole Kidman sentiment un peu hollywoodien. Mais cela n'empêche pas quelques jolies scène dont celle que j'affectionne en Italie, à Rome c'est celle du jeux avec l'ombrelle entre Isabel et Osmond. Comment ne pas penser aux Liaisons dangereuse de Laclos en voyant ce film.



lundi 19 juillet 2010

HANS CHRISTIAN ANDERSEN : Le dernier rêve du vieux chêne et la Princesse au petit pois




Le dernier rêve du vieux chêne

Golnaz Mahmoodi : jeune illustratrice de talent iranienne. Elle fut sélectionnée en 2007 pour l'exposition d'illustrateur avec ce conte peu connu d'Andersen.
Ce merveilleux livre et je pèse mes mots, les illustrations sont d'une beauté à couper le souffle. Voilà une maison d'édition : Lirabelle qui a édité un très bel album jeunesse

" Il se dressait là, au sommet de la falaise, avec la mer à perte d'horizon. C'était un chêne robuste, droit, généreux et à ce que l'on raconte, près de quatre fois centenaire."
C'est l'histoire d'un chêne très vieux quatre fois centenaire, rencontre un papillon. La vie du papillon est plus courte que celle du chêne.Puis nombreux sont les papillons qui rendent visitent au chêne, ainsi que les bourdons, les abeilles. Rythme des saisons, le temps passe, le vieux chêne va rencontrer une catastrophe naturelle.Golnaz Mahmoodi a signé un magnifique ouvrage remplit de poésie, aussi bien dans l'adaptation de ce conte d'Andersen que dans l'illustration beaucoup d'originalité.


La Princesse au petit pois


est un conte plus connus d'Andersen, et c'est un conte aussi très court, l'histoire est simple comme celle d'une envie irrésistible qui trotte dans la tête d'un jeune prince. Son rêve épouser une vraie princesse !

À la fin de l’hiver, il partit, à la recherche d’une vrais princesse. Pour savoir si c'est une vrais princesse, le test tout bête, c'est tout simplement le petit pois.

Un album au petit format très coloré !

Voir aussi chez Saxoul.

samedi 17 juillet 2010

GRÉGOIRE MABIRE : Une histoire extraordinaire



L'histoire idéal a raconté à son enfant avant de ce coucher ! Les illustrations sont très attachantes.

L'histoire est celle d'un petit garçon dont le papa a le pouvoir de raconter des histoires extraordinaires qui s'adressent à des enfants très courageux ! Ce petit garçon, c'est celui que l'on voit sur la couverture du livre.
Ne comprend absolument pas comment son Papa peut il trouver des histoires si extra !
C'est un grand mystère pour lui, alors il part à la recherche des histoire dans la bibliothèque entre autre. Rien !
Étrange va t-il arriver à trouver où ?
Le point de vue est celui de l'enfant.
Un album chaleureux aux couleurs chatoyantes. C'est un livre douillet et très coquin, un véritable petit délice. Je vous invite à aller voir le site de l'auteur ici !

KATHARINA HAGENA : Le goût des pépins de pommes

Traduction Bernard Kreiss

À Bootshaven dans le nord de l'Allemagne, Iris, la narratrice vient d'hériter la maison de sa grand-mère Bertha, à son grand étonnement. Mais, en même tant sa pauvre grand-mère fut atteint de la maladie d'Alzheimer. Elle est bibliothécaire à l’université de Fribourg. Les souvenirs familiale lui reviennent autour de sa mère Christa et ses deux tantes Inga et Harriet et remplit de secret de famille. Ses souvenirs sont comme chuchotés, ils apparaissent et disparaissent.
Très beaux passages autour des pommes, en voici un : " À partir de la fin août, elles étaient constamment perchées dans les pommiers. Les pommes cloches arrivaient les premières, elles sentaient le citron, et une fois qu'on avait mordu dedans, il fallait les manger vite car leur chair avait tôt fait de devenir brune ."
Le fruit la pomme est relié à l'histoire familiale, lien entre les deux." Depuis toujours, dans notre famille comme ailleurs, le destin se manifeste en premier lieu sous la forme d'une chute. Et d'une pomme."
L'univers de ce roman est plutôt féminin mais des personnages masculins jouent leur rôle dans le roman par exemple Max , l'avoué, le petit frère de son amie Mira qu'elle a toujours pris pour un nigaud. Une complicité se noue entre eux deux. La mémoire du grand-père Hinnerk surgit, il a un lourd passé durant la seconde guerre mondiale.
Roman remplit de mystère, une parfaite lecture pour l'été, selon moi. Mais je trouve tout de même certains passages assez lourd, quelques longueurs aussi bref je n'ai pas été complétement séduite.

Mais nombreuses ont été séduite par cet ouvrage aller voir plutôt chez Antigone et Aifelle !

jeudi 15 juillet 2010

D.H LAWRENCE : L'Amant de lady Chatterley

Traduction de F.Roger-Cornaz

Nous sommes en 1920, Constance, Lady Chatterley, est l'épouse de , Clifford, propriétaire terrien. Il est revenu de la Première Guerre Mondiale paralysé et sexuellement impuissant. Une vie monotone s'installe entre le mari et la femme. " Il n'y avait aucune communication entre Wragby Hall et le village de Tavershall ; pas de saluts, pas de révérences. Les mineurs se bornaient à regarder fixement ; les boutiquiers soulevaient leur casquette devant Constance comme devant une connaissance quelconque ; ils saluaient Clifford de la tête, l'air embarrassé : c'était tout." Deux mondes s'opposent celui des mineurs des Midland, l'industrialisation, ces ouvriers qui se tournent vers le bolchevisme. et le milieu aristocrates des Chatterley, la lutte des classes. L'importance de la nature en particulier de la forêt, lieu d'espace, où Constance se sent bien car il est le lieu de liberté en opposition à l'étouffante ambiance qui règne dans la propriété de Wragby. " Constance allait se promener dans le parc et dans les bois avoisinants: elle en sentait la solitude et le mystère, chassant du pied les feuilles brunes de l'automne ou cueillait les primevère du printemps.""Le bois gardait encore quelque chose du mystère de la sauvage vieille Angleterre." Le corps de Constance est rongé par un cancer et besoin vital de se sentir libre. La forêt de Sherwood (la forêt de Robin des Bois) est un lieu sauvage, c'est dans cette forêt que Constance rencontre pour la première fois Mellors, homme qui parle patois, c'est dans la forêt qu'il trouve refuge dans une cabane. Au début de sa rencontre avec Mellors, il est question de la clé pour avoir accès à la cabane dans les bois. Cette clé symbolise à mon sens un accès à un changement, à un échappatoire car elle étouffe à Wragby. "-Ne pourrions-nous pas avoir une autre clé ? demanda t-elle de sa voix douce qui cachait à peine le ton tranchant d'une femme décidée à obtenir ce qu'elle demande. - Une autre ? dit-il en la regardant avec un éclair de colère et de moquerie" Le personnage de Constance fait penser à celui du conte la Belle au bois dormant, elle se réveille au contact de son amant qui n'est pas issu de la même classe sociale qu'elle. Constance est indifférente au regard que l'on peut porter sur elle et sa relation avec Mellors. Elle ne voit pas où est le mal ! Elle n'est pas comme son mari, cela ne la choque pas d'avoir une relation sexuelle avec un homme qui n'est pas du même rang sociale qu'elle. Elle s'émerveille sur l'Angleterre comme une petit fille " Angleterre, mon Angleterre ! Mais quelle est mon Angleterre ? Les nobles châteaux d'Angleterre font très bien en photographie et maintiennent un lieu illusoire entre nous et les Élisabéthains." Clifford est pour l'industrie, désir de pouvoir sur le monde des mineurs, il est autoritaire. " Mais maintenant que Clifford s'engageait dans cette nouvelle maladie d'activité industrielle, devenait presque un animal, avec au -dehors, une dure carapace d'efficacité, et, au-dedans, une pulpe molle, un de ces extraordinaires animaux, crabes ou langoustes du monde moderne, industriel et financier, invertébrés de l'ordre des crustacés, avec des carapaces d'acier comme des machines, et des intérieurs de pulpe molle, Constance elle -même se sentait complétement perdue." À son opposé, Constance est sous le charme de l' Angleterre pastorale, mais veut avoir accès à ce monde qui bascule via sa relation avec le garde chasse. Un point important, car il représente le futur c'est l'enfant, un désir d'avoir un enfant de la part de Constance. Et pour Clifford" Donnez-moi le fils de n'importe quel homme sain, normalement intelligent, et j'en ferai un Chatterley parfaitement capable de tenir sa place. Ce qui compte ce n'est pas l'homme qui nous a engendré, mais la place que le destin nous donne. Placez un enfant quelconque dans les classes dirigeantes, et il deviendra, pour autant qu'il en sera capable, un maître. Placez des enfants de roi ou de ducs dans les masses, et il deviendront de petits plébéiens des produits de la masse. C'est l'influence irrésistible du milieu. - Alors le peuple n'est pas une race, et les aristocrates ne sont pas un sang, dit-elle" D.H Lawrence décrit très bien ce choc de la fin d'un monde, la confrontation de la vieille Angleterre aristocrate rurale à l'essor industriel des villes ouvrières, ainsi que le pouvoir de l'argent, la différence entre les hommes et les femmes, un grand roman d' une grande richesse et c'est passionnant ! C'est une raison pour laquelle c'est un incontournable.

Mais ce n'est pas étonnant que ce roman est scandalisé à son époque les anglais pour son atteinte aux bonnes mœurs. Un livre comme vous pouvez le devinez j'ai vraiment beaucoup aimé et d'une richesse incroyable que je n'en ai pas fait le tour ! En un mot un grand roman comme je les aime riche et dense. Déjà j'avais beaucoup aimé la jeune fille perdue, lu il y a peu, il y a pas mal de point commun entre les deux livres d'ailleurs !

Voir le billet chez Alwenn

vendredi 9 juillet 2010

STEVENSON : L'Île au trésor

Traduit par Déodat Serval au éditions GF Flammarion

Ce roman d'aventure paraît en 1882, l'écrivain devient riche du jour au lendemain tellement ce roman aura dû succès.

L'auberge
"l'Amiral Benbow" est tenue par les parents de Jim Hawkins. Le jeune garçon fait connaissance avec
Billy Jones, un vieux marin. Il a fait équipe avec le capitaine Flint, un pirate. Il carbure au rhum au péril de sa vie." Je me le rappelle, comme si c'était hier. Il arriva d'un pas lourd à la porte de l'auberge, suivi de sa cantine charriée sur une brouette. C'était un grand gaillard solide, aux cheveux très bruns tordus en une queue poisseuse qui retombait sur le collet d'un habit malpropre ; il avait les mains couturées de cicatrices, les ongles noirs et déchiquetés, et la balafre du coup de sabre, d'un blanc sale et livide, s'étalait en travers de sa joue." Jim Hawkins , après la mort de Bill, découvre dans son coffre précieux une carte au trésor, promesse d'aventures. Il partage cette découverte avec le docteur Livesey et le chevalier Trelawney. Ils embarquent avec lui sur l'Hispaniola. Long John Silver, dont un perroquet ne quitte jamais son épaule, fait également partie du voyage. Arrivée sur l'île, une bande de pirates dont John Silver se révèle être le le chef, tente de s'emparer du trésor, en multipliant les attaques et les traîtrises contre l'équipage de Jim. Long John Silver est un personnage mythique du roman, il est le chef des pirates. " Durant mon hésitation, un homme surgit d'une pièce intérieure, et un coup d'œil suffit à me persuader que c'était Long John. Il avait la jambe gauche coupée au niveau de la hanche, et il portait sous l'aisselle gauche une béquille, dont il usait avec une merveilleuse prestesse, en sautillant dessus comme un oiseau. Il était très grand et robuste, avec une figure aussi grosse qu'un jambon - une vilaine figure, blême, mais spirituelle et souriante."
Le capitaine Flint est le fantôme de l'île au trésor. Le jeune Jim est le trait d'union entre les deux groupes celui de la bonne société civilisé, les bonnes et de l'autre celui des pirates.

Qui des deux groupes va remporter le trésor ?
J'ai été surpris par Ben Gunn, l'homme sauvage de l'île.
" Je m'aperçus alors que c'était un Blanc comme moi, et qu'il avait des traits assez agréables. Sa peau, partout où on la voyait , était brûlée du soleil ; ses lèvres même étaient noircies, et ses yeux bleus surprenaient tout à fait, dans un si sombre visage."
L'île au trésor est un roman d'aventure accompagné de rebondissement multiple, c'est un chef d'œuvre passionnant. C'est aussi un roman initiatique, car c'est un roman vu a travers les yeux d'un enfant qui découvre le monde, et cette aventure aller à la recherche du trésor et découvrir la réalité de la vie.

Nous étions quinze sur le coffre du mort ...
Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum !




Adaptée par Thomas Leclere
Illustrations sont de Vincent Dutrait

J'ai lu les deux versions intégrale et abrégée.
Concernant la version abrégée je n'ai rien compte je pense qu'elle est tout à fait adapté pour le lectorat enfant/ jeune ado de notre époque. Cette version est à leur portée, les temps fort du roman sont là c'est le principal. Les enfants d'aujourd'hui ne lisent plus trop de classique jeunesse me semble t-il déjà. La version abrégée permet à l'enfant d'avoir une culture littéraire, les bases qui feront de lui un lecteur. Il lira avec plaisir alors que si il devait lire en version intégrale cela serait lourd et pénible, le plaisir de lecture envolé. Je le vois assez comme cela, il est vrais que cet ouvrage Stevenson là écrit pour les enfants spécialement mais les enfants du XIXème siècle ne sont pas les mêmes que ceux du XXI ème siècle. Si on veut que l'œuvre reste à la porté de l'enfant des éditeurs passent par l'abrégés.

jeudi 8 juillet 2010

DANY LAFERRIÈRE avec 2 autres Romans


Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer


Après avoir lu le gout des jeunes filles pour la blogoclub, j'ai eu envie de rester dans l'univers sensuel de Dany Laferrière. Il est le plus connu des auteurs haïtiens.
Là, il s'agit de son premier ouvrage qu'il la fait connaitre. L'histoire ne se passe pas en Haïti mais à Montréal, le climat est différent mais la sensualité torride est bien au rendez-vous par contre.
L'histoire se déroule durant les années 80, deux jeunes noires musulman partagent un appartement, dans un quartier pauvre de Montréal. Il règne une vie de bohème, ces deux garçons passent leur temps à draguer des jeunes filles durant l'été . Le narrateur à l'intention d'écrire un roman sur une Remington 22 la machine à écrire mythique de nombreux écrivains Bukowsky, Cendrars et bien d’autres, c'est un grand amoureux de la littérature et des femmes aussi des Miz comme il les nomme. Miz littérature me fait penser à Marie Michèle dans le Gout des jeunes filles.
Le contenu du roman est la question des relations sexuelle entre "Noir" et " Blanc". " Le Nègre est du règne végétal. Les Blancs oublient toujours qu'ils ont, eux aussi une odeur."" On a déjà vu des jeunes filles blanches, anglo-saxonnes, protestantes dormir avec un Nègre et se réveiller le lendemain sous un baobab, en pleine brousse, à discuter des affaires du clan avec les femmes du village." Bouba, lui le compère, passe son temps à dormir et il philosophe sur le Coran, et Freud tout cela en écoutant du jazz, Charlie Parker et de John Coltrane, lui c'est un fou de jazz. Il n'aime que les filles laides. Le livre est découpé selon une succession de chapitres brefs qui fonctionnent comme autant de saynètes. Les dialogues sont nombreux et enlevés. Dans ce roman Dany Laferrière pose La plume est joyeuse et sensuelle, avec un ton remplit d'humour avec un regard tendre sur ce petit milieu de jeunes gens. Ces deux garçons cherchent uniquement la femme de leur vie, pour eux c'est un fantasme pur et excitant de coucher avec une femme blanche. En un mot c'est un livre jouissif, une lecture agréable où l'on passe un bon moment !


Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ?

Dany a vieilli et il est devenu célèbre partout grâce à son premier roman. . Dans cet opus en plein cœur d'une Amérique prospère. Il reprend le grand fantasme de "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer" c'est à dire la conquête de l'Amérique. "Donc, je suis allé un peu partout en Amérique du Nord. J'ai regardé vivre les Noirs, les Blancs, les Rouges, les Jaunes. Un peu tout le monde quoi !" Avant tous aux mythes de ce Nouveau Monde des années 50 ; les thèmes développé sont : le racisme, le sexe, les rapports de pouvoir dans une société divisée entre races et sexes le fantasme de la femme blonde, l'argent.

Ce roman qui n'en est pas, c'est surtout une fresque d'un fou d'Amérique et de sa littérature dont il rend hommage ici. Le style est rapide, l'écriture est très parlée avec beaucoup de saveur je dois dire.

L'on retrouve dans cet ouvrage l'ami Bouba au détour d'un chapitre " Bouba mon vieux complice des bons mais surtout des mauvais jours." Whitman est le grand poète américain qui compte pour lui, son grand livre Feuille d'herbe est son compagnon de voyage.

C'est je trouve à mon avis pas son meilleurs ouvrage car trop fourre tout. Ce livre est un reportage sur l'Amérique n'a pas su me séduire. Dommage ! Même si il y a de beaux passages concernant Norman Rockwell, Kerouac, Spike Lee (dont j'aimais bien les premiers film Do the Right Thing et son autre film sur Malcom X)

Voir ici un portrait complet de l'auteur

jeudi 1 juillet 2010

LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE

Est l'honneur dans le cadre du club de lecture avec Dany Laferrière :


Le goût des jeunes filles

Raconte l'adolescence du jeune Dany/Fanfan/ Vieux Os à Haïti à la fin du mois d'avril 1971 "(l'année de la mort de François Duvalier et l'arrivée au pouvoir d'un jeune homme de dix huit ans, son fils, Jean Claude Duvalier), un moment crucial de ma vie." Il évoque ses souvenirs remplit de sensualité : " Mon adolescence fut un long tunnel noir et humide." La maison de Miki est remplit de filles, il y a Choupette, Marie-Erna, Marie Flore, Marie-Michèle et Pasqualine. Les rapports entre elles sont tendus. Elles sont odieuses mais attachantes au possible. Elles évoluent dans un monde de machos. Notre jeune Dany a été élevé, il a grandit dans un univers essentiellement féminin sa mère, ses tantes, son père étant en exil. Ce roman se déroule sous Duvalier, un tyran et les tonton macoutes à Port au Prince. Lors d'un week-end, Dany est en compagnie de son ami Gégé, il est impliqué dans un incident tragique, il se réfugie chez Miki, durant un week-end. " Je suis chez Miki. C'est le seul endroit où je me sens en sécurité" Ces jeunes filles nonchalantes joue de son charme pour manœuvrer les tontons macoutes, membres de la milice du tyran Duvalier père. Le personnage féminin qui m'a beaucoup touché pour sa gravité c'est celui de Marie-Michèle, jeune fille de dix sept ans d'une grande maturité, tient un journal qui sera publié. Jeune fille issus des beau quartier bourgeois, elle évoque les rapports complexes avec sa mère qui va à tous les cocktails d'ambassade et de la haute société. " Ma mère au début, m'amenait partout avec elle. Je connaissais ses copines, ses conversations, son mode de vie en général, et m'emmerdait terriblement. Une grande majorité de ces femmes jouaient à l'adolescente pubère, alors qu'elles étaient mariées et avaient déjà trois ou quatre enfants." Mais elle décrit très bien la société haïtienne de 1971, aux accents très sixties. L'ambiance qui règne chez Miki ressemble à celui que connait sa mère, c'est à dire que sa jacasse sans penser à quoi que ce soit. La différence c'est les coups de couteau " Sauf que le coup de couteau se donne de face chez Miki. Et dans le dos chez ma mère." Magloire Saint-Aude (écrivain, poète haïtien)a sa place dans ce roman de Dany Laferrière. " Je ne savais pas que Miki connaissait Saint Aude. Le seul poète digne de ce nom dans ce pays où tout le monde se croit poète." Et aussi évoqué René Depestre un autre grand poète haïtien.
J'ai trouvé que c'était un livre sur l'écriture, le respect du travail de l'écrivain et comme dit Marie-Michel à la fin du roman : "Un véritable écrivain, c'est autre chose. Il risque sa vie dans chaque phrase, alors que moi, je ne pense qu'à raconter mon histoire." Cela est dit avec beaucoup d'humilité !
Un joli livre rythmé de légèreté et de gravité ! Ce roman est une fine analyse sociologique décrivant les différentes classe sociales de l'île les riches d'un côté et les pauvres de l'autre.
Ce livre a été adapté au cinéma voir ici.

DANY LAFERRIÈRE livres lus : Le Charme des après-midi sans fin et Le cris des oiseaux fous voir billet ici.
Vous pouvez voir sur mon blog d'autres billets concernant la littérature haïtienne
LYONEL TROUILLOT : L'amour avant que j'oublie , Bicentenaire, Les enfants des héros
YANNICK LAHENS : Dans la maison du père


Les tribulations d'un haïtien de la diaspora
de Mario Blaise

Voilà un livre lu il y a fortement longtemps qui m'avait marqué. Un livre qui rejoint d'ailleurs l'ouvrage de Dany Laffière.
Thème est le même l'initiation à la vie amoureuse. L'époque est les années 60, Vava est le dictateur, c'est une époque où le monde change avec la guerre du Vietnam, Mai 68 en France. Dans ce roman, on suit le parcours de Luckner, il quittera Haïti pour Montpellier où il effectue des études de médecine, adulte il s'établira à New York. Un passage qui avait retenu mon attention, voir horrifié c'est celui du trafic de sang de ces pauvres haïtien, pays où règne la misère.

Je garde un très bon souvenir de lecture de ce roman, l'écriture, le style très agréable. Un roman enrichissant aucun temps mort, avec une émotion très forte se dégage de ce roman !