Rentrée littéraire 2010Je dois cette lecture à Gangoueus c'est vraiment lui qui m'a vraiment donné envie de découvrir ce roman. Et quand j'ai vu que B.O.B proposait ce livre en partenariat alors là j'ai pas hésité une seconde.
" D'où tu crois qu'elle vient, la pluie ? D'en haut ? Aujourd'hui, si tu cherches la pluie , elle vient d'en bas ?"
la pluie est présente elle colle à la peau. Elle représente le climat violent qui règne en Algérie.
Ce roman s'ouvre sur l'arrivée d'Adel et Déhia dans un autre pays, l'on pense à l'Italie. Ce couple est émerveillé face à cette ville qu'ils découvrent avec bonheur. La vie ne leur a pas toujours souris. Yahia Belaskri nous présente dans un premier temps Déhia.
Elle est professeur dans une université, vit avec Salim.
La religion tient une place importante chez les étudiants de Déhia, ainsi que la corruption. Elle ne souhaite pas être soumise à la religion, elle ne veut pas être emprisonnée dans une pensée religieuse. Elle aspire à la liberté, elle veut pouvoir respirer, vivre être libre de mener sa vie comme elle l'entend. Son père le souhaite de tout son cœur pour qu'elle fuit ce pays. " Partir pour naître à la vie comme le bébé au premier jour. Partir pour sentir la vie, les choses et les êtres. Partir pour ne plus avoir peur de mon ombre, ne plus m'angoisser dès qu'une porte claque, ne plus me retourner dans la rue ne plus frissonner la nuit venue, ne plus faire de cauchemars. Partir ! Pour moi, ce mot est magique."
Pas simple dans cette Algérie des années 90, la violence est présente au sein de sa famille. Il en est de même pour Adel et son frère. Adel est cadre dans une entreprise, il en peut plus, il est agressé continuellement que cela n'est plus respirable. Il se met en couple avec une femme courageuse comme lui Besma. Patatras, un tremblement de terre et tout s'effondre.
" Comment pourrait-on sortir d'une défaite ? Car il a été défait, mis en déroute, en désordre, détruit, disjoint, désassemblé pièce par pièce. "
Badil le petit frère d'Adel, n'a pas trouvé de place dans la société, car c'est un homme fragile. Il n'y a pas de place pour les hommes sensibles en Algérie. Alors c'est la débrouille mais à quel prix !!!
" Qu'est-ce que tu cherches ? Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut ! " Deux enfants, Badil et Adel, avec leur père, surpris par la pluie dans une ville rouge, de terre rouge. "
Mon avis concernant ce roman est mitigé. Je trouve que la structure de ce roman m'a posé problème, en tant que lectrice, je me suis attachée énormément à Déhia au personnage féminin. La présentation des autres portraits m'a moins séduit car car j'ai trouvé que c'était une répétition du premier portrait c'est à dire la violence de plein fouet, comment faire sa place dans la société dans un pays où tout est chaos. Je dois reconnaitre que l'auteur s'est admirablement rendre par son écriture la violence du quotidien . C'est un choc, le lecteur la reçoit comme un coup de poing . Mais, cette violence prend trop de place dans ce roman de Yahia Balaskri , elle masque même l'histoire de ses hommes et de cette femme qui cherche un ailleurs paisible. Voilà, donc comment j'ai perçu ce roman. De se faite mon avis rejoint assez celui de Papillon.
5 commentaires:
en lisant l'avis de papillon, je vois un peu pourquoi tu as été rebutée, je le serai pour les mêmes raisons : les violences me mettent mal à l'aise, les sauvageries pareil, j'ai envie de lire pour comprendre et aimer, pas pour haïr ou ne pas m'endormir...sereinement.
Bon we à toi Malice :)
Wictoria, ce livre ne pousse pas à haïr, n'empêche pas de dormir, il décrit une réalité violente. Trop violente? Il faut croire, c'est le point de vue. Une réalité de l'autre côté de la Méditarrannée qui peut déranger. Elle m'a personnellement dérangée. Je l'ai fait savoir à l'auteur lors d'une rencontre littéraire. Mais il est question d'amour aussi, de reconstruction après des drames, d'immigration... Ces volets auraient pu mériter une meilleure attention de Belaskri. Dans l'ensemble, ce livre me marque tout de même. En particulier le personnage de Badil.
Merci pour le lien chère Alice.
@ Wictoria : Malheureusement la violence existe, je la comprends sa présence, elle est très présente en Algérie, elle est étouffante. Le reproche que je ferai à Belaskri c'est de la mettre trop en avant ! Il n'y a pas de sentiment de haine de la part de l'auteur. Moi,j'avoue que certains passages m'ont mis mal à l'aise cela a perturbé mon sommeil
@Gangoueus : Je pense, que les hommes et les femmes n'ont peut-être pas le même regard sur ce livre ;-) Peut-être, mais concernant la violence en Algérie j'ai préféré le très beau livre poignant d'Areski Mellal : "Maintenant ils peuvent venir". http://livresdemalice.blogspot.com/2007/05/areski-mellal.html
Pour revenir à la violence et le malaise qu'elle dégage. Je trouve que quand l'auteur parle du climat du pays tendu chaotique via cette phrase qui revient plusieurs fois concernant "la pluie" qui évoque déjà la violence.
Et il en rajoute une couche !
En disant cela je pense à l'univers tout en nuance d'Abdelkader Djemaï.
Dans camping, le climat tendu, violence se trouve entre les ligne.
Un été de cendre livre assez dur aussi mais je n'ai pas le souvenir qu'il se dégageait une violence comme dans le roman de Yahia Belaskri. http://livresdemalice.blogspot.com/2008/03/abdelkader-djema.html#comments
Voilà, comme tu l'aura compris Gangoueus je mets l'ouvrage de Yahia Belaskri en parallèle avec d'autres livres lus.
Totalement d'accord avec toi sur ton dernier développement. Je ne connais pas assez la littérature algérienne. Mais les quelques livres que j'ai lus de Salim Bachi, Rachid Boudjedra sont marqués par cet atmosphère très sombre. Il faut noter que ces textes se situent après la sombre période des années 90.
Nous avons organisé une soirée littéraire à l'Abarino Passy que j'ai co-animé et la première question que j'ai posé à Belaskri était "pourquoi tant de violence?". J'ai même le sentiment que son écriture se bonifie quand il développe sur la souffrance du petit peuple algérien.
C'est son ressenti.
C'est pour cela que je précise dans ma chronique, le principal personnage que je retiens est celui de Badil. Ce personnage n'est pas algérien, c'est un personnage représentatif du Tiers monde actuel.
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