jeudi 4 novembre 2010

EMMANUEL CARRÈRE : Un roman russe

Voilà c'est le premier livre de lui que je lis. Auparavant j'avais vu son film Moustache, et vu l'adaptation de son roman l'Adversaire. Mais je ne l'avais jamais lu, donc c'est chose faite avec ce roman. D'ailleurs est ce que s'en ait un, réellement ? En tout cas c'est la quête des origines, et pour Emmanuel Carrère l'envie de retourner en Russie de réapprendre la langue Russe. Langue qu'il a apprit étant enfant, mais il a tout oublié.
Il a eu envie d'aller à la rencontre de son grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l'automne 1944 et, très probablement, été abattu pour faits de collaboration.

Dans une ville perdue de Russie, Kotelnich, Emmanuel Carrère part sur les traces d'András Toma, un hongrois capturé en 1944 et il est interné dans un hôpital psychiatrique russe. Il est accompagné d'un cameraman et d'un traducteur, pour effectuer un reportage sur le destin atypique - et aussi énigmatique- de cet homme. " Ce petit paysan de dix-neuf ans a été entraîné par la Wehrmacht dans sa retraite, puis capturé par l'Armée rouge en 1944. D'abord interné dans un camps de prisonniers, il a été transféré en 1947 à l'hôpital psychiatrique de Kotelnich, une petite ville à 800 km au nord-est de Moscou." Revenant sur la terre de ses ancêtres, la disparition de cet homme fait écho à celle de son grand-père né dans une famille bourgeoise et cultivée. " Puis j'ai regardéles notes que depuis quelque temps je rassemblais sur mon grand-père. Il est né à Tiflis aujourd'hui Tbilissi , le 3 octobre 1898, nul ne sait ni ne saura jamais quand il est mort, mais il a disparu à Bordeaux le 10 septembre 1944 peu avant d'atteindre l'âge de quarante-six ans."
Sa mère Hélène Carrère d'Encausse a toujours tenu à garder secrète l'existence de cet homme. Puis en même tant que se désir de renouer avec ses racines, il a fait connaissance avec Sophie, c'est la nouvelle femme de sa vie. Elle prend place dans sa vie. Elle prend tellement de place que cela nuit au livre, de mon point de vue.
D'ailleurs c'est son histoire en parallèle avec celle concernant la quête des origine qui m'a agacée. J'ai préféré quand il essaye de percer le secret de famille en Russie, et tous ces questionnements . " Tout de même, pourquoi Kotelnitch ? Quand je dis, pour aller vite que je veux y retrouver mes racines, c'est de la blague; Je n'en ai aucune à Kotelnitch, et au fond aucune en Russie. "" Alors pourquoi aller en Russie pourquoi revenir à Kotelnitch, sinon parce s'est échoué là le destin de ce Hongrois qui me permet d'approcher par un chemin détourné celui de mon grand-père ?"Mais, de toute façon je trouve qu'Emmanuel Carrère ne m'est moyennement sympathique plutôt irritable ! " Cette façon de conclure ses messages par "des bisous" ou, mieux, "des bisous des bisous, c'est un trait de Véro qui m'a toujours hérissé et je suis aujourd'hui encore moins indulgent que d'habitude. "
. Puis, la fameuse histoire de la nouvelle érotique qui n'a pas tellement lieu d'être là , je trouve. Comme le dit très justement Katell : "Par ailleurs, la nouvelle érotique est amusante à lire, bien ficelée à l'argument original. Etait-il nécessaire qu'elle fasse partie du roman?" Ce pseudo roman est de l'autofiction, et le problème de l'autofiction rythme selon moi avec l'exposition médiatique de l'auteur et cela nuit terriblement a ce qu'il écrit et aussi cela est une perte de sens. D'ailleurs le Bibliomane dit ceci : "Mais pourquoi ai-je eu en le lisant la désagréable impression qu'il en faisait trop et que ce livre sentait le « coup » éditorial, l'opération marketing destinée à faire vendre un maximum d'exemplaires ?"c'est pas faux, on ressent un manque de sincérité et en même tant, c'est une mise à nu, il essaye de comprendre de trouver un sens à sa vie. Il a un côté manipulateur, il joue son rôle de metteur en scène même dans sa vie réelle. Envie que ses proches changent d'avis. " Là, le monde s'effondre. Sur le quai, au soleil, pendant que les enfants passent le jet sur le pont du bateau et que le loueur vérifie l'état de l'hélice, je t'explique que depuis deux mois je te prépare une surprise, une surprise comme personne ne t'en a jamais fait et t'en fera jamais de ta vie, comme peu d'hommes en ont fait à une femme, et que cette surprise c'est demain, ça ne peut pas être un autre jour."
Un livre assez curieux au final très agaçant, un livre qui m'est rapidement tombé des mains au final, je n'ai vraiment pas accroché, je me suis même terriblement ennuyée !

Je ne l'ai pas aussi trouvé vraiment bien comme Anne Sophie. Mon avis rejoint assez celui de lancellau , je trouve excellent le billet du Bibliomane

5 commentaires:

Lukes a dit…

Je n'ai pas lu ce livre. Par contre, je te conseille vraiment "l'adversaire" et "la moustache". Je ne sais pas ce qu'il en est des films, mais ces livres m'ont beaucoup touché.

Wictoria a dit…

j'ai trouvé le film la moustache hautement irritant : les acteurs jouent bien, mais l'histoire...n'a aucun intérêt à mes yeux, elle termine en jus de boudin et je déteste cela ! peut-être que le livre est un peu plus achevé ?

sylire a dit…

Ce n'est pas le livre de lui que j'ai préféré. Son tout dernier m'a beaucoup plu en revanche.

liliba a dit…

Je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à m'enlever de la tête que ça va être rasoir, bien qu'intéressant, alors du coup, je ne l'ai pas encore lu...

Malice a dit…

@Lukes : Merci bien pour votre avis personnel concernant l'adversaire et la moustache.
@ Wictoria : Exactement comme toi, la même impression concernant ce film.
Je ne pense pas cela dit qu'il y ait une grande différence entre le livre et le film et bien tout simplement parce qu'Emmanuel Carrère est aussi cinéaste. Que La moustache le film est de lui !
@ Sylire : Merci pour l'information. Mais je ne sais si j'aurai envie de relire Emmanuel Carrère, je doute mais bon l'on ne sais jamais !
@Liliba : Ce n'est pas une obligation ;-) mais en tout cas tu as un bon ressenti concernant ce livre oui, car il y a un côté rasoir !