mardi 18 mai 2010

JOË BOUSQUET : Lettres à Poisson d'or



© Alice Théaudière
Je dédie mon billet à mon amie la Rose, car comme moi elle aime la poésie lumineuse de ce grand poète sensible qui est Joë Bousquet. Il est amoureux des jeunes filles en fleurs et des roses fées. " Tout ce qu'on dit des fées, des magiciens est vrais, vous le savez, vrais pour le cœur, et vrais pour toujours au regard de ceux qui veulent de leur être de chair qu'il soit le rayon intérieur de leur cœur."
Cette correspondance amoureuse débute en 1937 jusqu'en 1949 c'est à dire durant douze ans. Il rencontre Germaine dans un salon, elle est jeune, elle a vingt-un ans lui quarante. Il l'a nomme " Golden Fish" : Poisson d'or. Elle éclaire sa vie d'écrivain replié sur lui même à cause de son handicap mais pas sur la vie et les autres bien au contraire.
Joë Bousquet est un écrivain mystique, il a une philosophie de la vie admirable. " Je ne sais pas si les mythes religieux ont un contenu vrai. Mais il est certain que les plus universellement admis se retrouvent dans nos intuitions les plus bouleversantes. Comme si les jugements passés dont la Bible témoigne, recommençaient d'instant en instant, on ne peut aller au fond de sa conscience sans y trouver l'accent tragique dont se revêt pour un homme l'horreur d'avoir été chassé ..."
Le 27 mai 1918, il était jeune, une balle le touche, il en sort vivant mais handicapé il ne peut plus marcher et se servir de ses jambes. L'opium le soulage de sa douleur, douleur qui ne montre pas et encore moins qu'il exhibe. " Germaine chérie, une blessure comme la mienne a ruiné en moi les sources mêmes de la vie. " Il est paralysé cloué à son lit. C'est vraiment le coup de foudre entre deux. " La vie qui nous et faite a commencé dans notre cœur"."Pour la première fois, mon cœur et ma pensée parlent la même langue." Joë Bousquet avait beaucoup de succès auprès des jeunes femmes. Le ton est grave, l'amour est la passion est là aussi. L'écriture est à tomber, elle est poétique évidement puisque Joë Bousquet est un poète avant tout. C'est une écriture juste qui sait à merveille à mes yeux parler de l'âme. C'est une écriture une délicatesse à fleur de peau qu'il n'est pas étonnant d'avoir les larmes aux yeux tellement cette plume est un petit joyaux tout en finesse, douceur et tendresse. " Ma petite enfant chérie, il y avait une grande lumière autour de nous." Il parle de son amitié pour Paul Eluard de son admiration pour ce grand poète. Il évoque cette photo :

 © Lee Miller : Nusch,  Paul Eluard, Roland Penrose, Man Ray et Fidelin lors d'un pique-nique.
" Le lendemain matin, dans mon courrier un pli de Paul Eluard. Je l'ouvre : une splendide photo que je ferai reproduire pour te l'envoyer. Paul Eluard assis dans l'herbe levant son visage plein d'ombre vers une claire face de jeune fille que le soleil illumine. Sur cette photo, avant de me l'envoyer, il a écrit une phrase puisée dans la Tisane de Sarments et que mes réflexions actuelles charge de sens. Cette phrase la voilà :" Tu vivras de ma vie, chanson pour toujours en enfance.
Qu'est ce qu'écrire ? Qu'est ce qu'un artiste ?" La société est terrible pour les artistes. Ceux qui ne sont pas nés riches connaissent toutes les amertumes."p168
Voir ici et l'entretien de Jérôme Garcin ici et ici enregistrement de France Culture et l'on voit la fameuse Chambre à Carcassonne.
J'avais déjà évoqué Joë Bousquet ici avec Lettres à une jeune fille
© Alice Théaudière : " le miroir des roses" c'est beau non ! c'est de Jean Paulhan (ami très proche de Joë Bousquet ) dans la Préface.
La phrase exact est la suivante : "Il faut que le soleil se montre à nous comme le miroir des roses pour demeurer le soleil ; l'ancolie, comme un rideau de sable ..."

4 commentaires:

Wictoria a dit…

Très beau, des mots nécessaires pour nous remettre le coeur au bon endroit ;) (et du coup je découvre ce monsieur...)

Holly Golightly a dit…

Merci pour cette belle évocation d'un être cher à mon coeur.

Malice a dit…

@ Wictoria : J'ai découvert cet auteur, enfant à travers une fiction septembre 1979, j'allais avoir onze ans. J'évoque comment j'ai connu cet auteur (voir mon billet Lettres à une jeune fille). Et, pour le situer je le rapprochais de Gaston Bonheur, qui écrivait de long billet dans le Télé 7 jours des années 70. Un auteur à découvrir et Holly ne dira pas le contraire. Mon regret,presque mais en même temps il n'est jamais trop tard, de le découvrir seulement maintenant.

Dominique a dit…

Une découverte tardive pour moi mais qui illumine vraiment
ce billet le dit très bien
un livre à offrir aux amoureux de la vie