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dimanche 29 novembre 2009

MALIKA FERDJOUKH : MINUIT-CINQ


" On était presque à Noël et il en restait encore un tiers."

La veille de Noël, à Prague, il fait très froid, il neige. La princesse Daniela Danilova se rend au Théâtre National en compagnie du comte Orlok. Soudain, alors qu’ils quittent le spectacle, la princesse s’évanouit. Son collier de diamants, d’or et de rubis a disparu !
La nouvelle se répand dans toute la ville, la princesse offrira trente florins à celui qui retrouvera le collier. Pour Minuit-cinq, Bretelle et Emil, pauvres orphelins, c’est une récompense fabuleuse. Les trois amis décident de partir à la recherche du bijou. Minuit-cinq dix ans, en réalité il se nomme Antonin, le raison de ce surnom est du à son tatouage raté sur le bras. Sa sœur, Bretelle son adoration pour les boutons de manchette et enfin, Emile, le meilleur ami de Minuit-cinq, c'est un enfant perdu, son rêve retrouver son père, un baron fortuné de Moravie
Autour de ces enfants pauvres qui se lavent jamais, le dompteur de poux sauvages et de souris française, en rêvent. Cette récompense, les fait rêver de mets fins délicieux.

Ce roman de Malika Ferjoukh a tout du délicieux conte de noël à lire en cette période en attendant sagement le 25 décembre. L'écriture de Malika Ferjoukh est fort sympathique et vivante !

samedi 28 novembre 2009

HENRY JAMES : L'autel des morts


Traduit par Diane de Margerie et François-Xavier Jaujard

Sur les conseils de mon amie la rose de décembre ! J'ai lu cette magnifique nouvelle intitulée : L'autel des morts d'Henry James.

Mon amie est comme moi une immense admiratrice de François Truffaut, elle connaît bien mieux que moi son film" la Chambre Verte" (vu il y a très longtemps). Un film de Truffaut, peu connu, il faut bien reconnaître dans la veine de l'intime. Et c'est vraiment grâce à elle, que je dois cette lecture. En allant sur ce site , j'ai pu remarquer qu'en effet Truffaut pour son film la Chambre verte s'est servit entre autre de cette nouvelle d'Henry James dont il était un grand admirateur. Dans la Correspondance (p446/447), Truffaut écrit à son scénariste Jean Gruault et lui donne quelques consignes. Dans un premier temps Truffaut pense intitulé son film " L'autel des morts. Puis, au cour de l'élaboration du scénario , François Truffaut et son scénariste s'inspire d'autres nouvelles d'Henry James dont les Amis des amis et La Bête dans la jungle.
La raison pour laquelle Truffaut fut séduit par ce projet est le suivant " car on ne vit pas seulement avec les vivants, mais aussi avec tous ceux qui ont compté dans notre vie." Comme cela est vrais je partage complètement cette idée.
L'histoire de cette nouvelle, c'est celle de Georges Stransom, cinquante cinq ans, il célèbre comme il se doit la mort de Mary Antrim enterrée dans la banlieue de Londres. Elle a été sa fiancée. Il est hanté par la mort. " Chaque homme possédait ses morts, et chaque homme disposait pour s'acquitter de cette charité des vastes ressources de l'âme." Donc il a pris la décision de leur rendre hommage en érigeant une chapelle un autel à la mémoire de ses amis défunts" Hommage à ceux qu'il appelle "les Autres", recueillement envers les personnes aimées est remplit de mystère (secret). " Il reconnaissait chaque cierge, et jusqu'à la couleur de sa flamme, et même si on les avait interverti, il les eût encore reconnus." Un jour, il rencontre à son autel une jeune femme
dont il tombe amoureux. Son fiancé était Acton Hague, le meilleur ami de Georges Stransom, il est décédé. Une querelle violente a séparée Hague et Stransom. Les cierges allumées, la flamme pour faire renaître les personnes aimées. " Mes morts sont ceux qui moururent en ma possession. Ils sont à moi dans la mort parce qu'ils étaient à moi dans la vie."Le fait que cette femme ait aimé son pire ennemi, entraîne Georges Stranson dans la folie et le doute.
J'ai apprécié cette nouvelle, elle est courte certes, mais sous ses allures toutes simples se dégage une force brûlante et hallucinante, qui donne un autre éclairage sur le texte. L'écriture d'Henry James est magnifique, simple en surface et plus complexe en quel en à l'air et de ce faite je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi le sens, sa dimension, toute sa richesse. Avec un regard très personnel je ferais un rapprochement avec Pedro Paramo de Rulfo. L'approche de la mort par Rulfo et James est bien sûr très différente, l'un est d'origine latine, hispanique et l'autre est américain, anglo-saxon. Mais, au final le rapport à la mort me semble t-il est le même les morts sont vivants et les vivants sont morts. Là dans la nouvelle de James, Stransom est emporté par la folie (la mort), et c'est à travers les flammes que sa fiancée revit revient à lui (la vie). Voilà je ne sais ce que vaut mon interprétation mais c'est ainsi que je l'aperçois. C'est amusant car en me penchant sur la préparation de son film " La Chambre Verte" Truffaut questionnera son ami japonais Koichi Yamada, où il est exacte que chez les orientaux le culte des morts est encore autre chose.

© Illustration Fernand Khnopff
Voir ici une excellente analyse de la nouvelle


Un film très personnel de Truffaut, il a découvert la nouvelle de James grâce à la traductrice Diane de Margerie avec la dédicace suivante : " Pour François Truffaut, cet Autel des morts. La nouvelle de James que je préfère. Celles dont James a écrit qu'il ne se souvenait plus de l'époque où il ne l'avait pas " portée" en lui" (source François Truffaut au travail de Carole Le Berre)

Le film de Truffaut la chambre verte n'a pas marché en salle, sujet audacieux voir difficile. La raison me semble t -il est que nous occidentaux, malgré la religion (chrétienne pour la plus part) nous acceptons mal la mort. À savoir l'apprivoiser nous ait difficile, voir faire peur.

jeudi 26 novembre 2009

C comme Chagall par Marie Sellier



L'enfance de l'art - Marie Sellier - collection RMN

Une collection de petit livre sur l'art, format à l'italienne. Cette collection de livre sur la peinture s'adresse aux enfants, elle est tout à fait remarquable !

Marc Chagall est né le 7 juillet 1887 en Russie à Vitrbsk. La religion tient une place importante dans sa vie et dans celle de ses parents surtout elle est la force de l'existence. Elle est rythmée par les prières et les fêtes religieuses. Marc enfant adore la peinture et le dessin, ses parents n'apprécient pas trop car ils considèrent que leur religion interdit de représenter la figure humaine. C'est un rêveur, il a la tête ailleurs, il entrera à l'atelier de Jehuda Pen l'unique professeur de peinture de Vitebsk. Mais il se sent à l'étroit dans cette petite ville, l'envie d'aller voir plus grand il ira à Saint-Pétersbourg puis en 1910 à Paris. Il devient un jeune juif exilé à Paris, sans Bella. Sa fiancé se nomme Bella, fille de bijoutier, elle le rencontre à Vitebsk. Pour Chagall, elle incarne la féminité, elle est présente sur le tableau au dessus. Quatre années vont les séparées, Marc revient à Vitebsk pour se marier avec Bella, cela n'enchante guère les parents mais bon, c'est comme cela ! Il revient en 1914, la guerre éclate, l'horreur est là , le pays est en plein bouleversement, il n'abandonne pas la peinture, oh ! non , elle le rend fort . Il est incompris dans son pays , il doit partir et rompre avec ses racines.
En 1916, il est papa d'Ida, en 1922, Marc s'en va passage à Berlin puis Paris. Il est un conteur en couleur la plus belle des illustrations est ce tableau " Moi et le village" fait penser à un kaléidoscope, ce cylindre magique où par un jeu de miroirs, les fragments de verre se croisent en multitude d'images. Chagall est dans cette toile visage vert lèvres blanche. Chagall est indépendant il appartient à aucun mouvement. Bella est toujours au centre de ses tableaux, elle rend sa peinture légère voir aérienne.
En 1937, il obtient la nationalité française. La guerre est encore présente il faut à nouveau fuir , il part alors avec sa famille vers les États Unis le 7 mai 1941.
Pile: bonheur et face : malheur, 1944 est une année au double visage, Paris est libéré, il peut lui et sa famille retournée en France. Mais, il perd sa femme, sa muse, sa complice.
1964, commande de l'état pour le plafond de l'Opéra de Paris. A son retour, des États-Unis il s'installe dans le sud de la France à Saint-Jean-Cap-Ferrat puis à Vence, il rencontre Vava, il l'épouse le 12 juillet 1952. En 1973, il retourne en U.R.S.S en compagnie de sa femme Vava.
Le vert est une couleur qui revient souvent dans ses tableaux, la couleur de l'espérance, signe de reconnaissance pour lui , la couleur magique de la fantaisie et de la liberté.

Un très joli ouvrage éditer par le centre Georges Pompidou
là autour d'un tableau de Chagal
l "Double portrait au verre de vin".
Ce livre permet à l'enfant de se plonger dans le tableaux , chaque élément est décortiqué. Ce tableau raconte une histoire d'amour Marc Chagall et de sa jeune femme Bella. Mais, au-delà de son histoire personnelle, le peintre démiurge célèbre sur sa toile les noces de toute créature avec l'eau et le feu, l'air et la terre.
Bella bien sûr est là plus belle que jamais dans sa robe blanche. Son mari Marc Chagall est présent aussi dans ce tableau il tient à la main un ver de vin.
C'est un magnifique tableau d'une grande légèreté et à la fois terrien. Ce tableau montre la vision du monde, du regard sur le monde que propose Chagall.
" Il dit : "Allons voir le monde." Et nous partons. Moi, légère comme l'air, je marche sur l'eau. Plus besoin de pont."

La peinture de Chagall, c'est un théâtre où l'invisible devient visible, le passé se mêle au présent.

mercredi 25 novembre 2009

GÉRARD GAROUSTE : L'INTRANQUILLE




Avec Judith Perrignon
Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou

C'est en écoutant parler Gérard Garouste sur France Culture dans l'émission de Colette Felous que j'ai eu envie de lire son livre : "L'intranquille".
Cette émission ma convaincu, et elle m'a captivée et vraiment donnée envie d'acheter ce livre de voir de plus près de quoi il s'agit.
Bien sûr je connaissait le nom du peintre Gérard Garouste j'avais admiré Les Saintes Ellipses, initialement conçue dans le cadre du Festival d’Automne 2003, et présentée dans la chapelle Saint-Louis de la Salpétrière à Paris.

Mais je ne connaissais absolument rien en ce qui concerne sa vie. À la fois hallucinante dans tous les sens du terme et dès sa petite enfance.
Son père, un véritable ogre, antisémite, un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Une mère soumise, des secrets de famille à peine croyable tout droit sortis de contes ou d'un temps très ancien. Son père l'envoie dans des pensions chic religieuse, sa grande passion à son fils c'est seulement et uniquement le dessin. Cette passion va lui sauver la vie parce que marchand de meuble comme son père, ah ! non il le sent pas du tout." Au magasin, j'avais un double. Un autre mi, qui me regardait vendre en rigolant et se disait jamais je ne serai directeur de ce magasin. Ainsi, je jouais le vendeur mais je je l'étais pas vraiment. Quand quelqu'un entrait, je l'invitais à se promener, à regarder, je le laissais passer devant moi dans les allées, et une fois dans son dos je singeais une absurde ballerine, je levais les bras au-dessus de la tête, je me mettais sur la pointe des pieds, je tournais sur moi-même, je dansais ! Non je n'étais pas un vendeur !" Il a besoin d'évasion, parce que c'est l'enfer en ce qui concerne ses rapports avec son père. Quand, il était petit, il allait pour les vacances voir son oncle et sa tante en Bourgogne là il se plaisait, il se sentait bien. " Mon vrai refuge fut la Bourgogne où j'allais passer les vacances scolaires. Casso et sa femme Èléo vivaient là, à Soussey-sur-Brionne, un tout petit village de 190 habitants, niché entre deux plateaux dits la Montage et le mont Saint-Jean."Il se marie avec Elisabeth (une patience infinie ainsi qu'un dévouement à son mari tout à fait remarquable), elle est juive, il se mettra à apprendre l'hébreu, il va s'approprier la culture juive, et la famille de sa femme qu'il l'adoptera.Il va apprendre l'hébreu " Depuis tout petit, je rêvais d'en pousser la porte pour voir . Au fil du temps, j'ai installé dans ma vie des penseurs du judaïsme, j'ai lu les livres de Marc-Alain Ouaknin , puis de Philippe Haddad, tous deux rabbins et philosophes à la barbe grise, j'ai suivi leurs séminaires, discuté longuement avec eux comme on reste après la classe." Un très beau passage chargé d'émotions. p96 Cette langue l'aide à mieux comprendre la bible à la déchiffré et cela me fascine et je suis parfaitement admirative dans la mesure où je suis en pleine accord avec la vision qu'il a de la bible, du texte sacré, aller à la recherche du vrais, de la vérité.
L'importance du cercle, l'image du cercle tient une grande importance dans son œuvre. Illustre cette phrase de Roland Barthes : " C'est parce que le langage est fermé sur lui-même que l'écrivain peut créer."
Ce récit, ce témoignage sur cet homme, cet artiste de génie est tout à fait remarquable de justesse d' authenticité incroyable, à tel point que le lecteur en est comme abasourdi. Gérard Garouste est un peintre de renommé international d'une grande générosité voir son association la Source (c'est lui qui en a eut l'idée),J'aime la force que dégage ce tableau : Passage
(Autoportrait), 2005 "Gérard Garouste pose la question de l’interprétation des textes de la Bible par l’Église et de leur pervertissement par les pouvoirs totalitaires."
Il parle de ce tableaux p169/170 dans la livre et là voir la vidéo

dimanche 22 novembre 2009

PIERRE ASSOULINE : Le Portrait



C'est celui de la baronne Betty de Rothschild, "Ingre m'a peinte entre 1844 et 1848 ". C'est à dire qu'à travers ce Portrait, Pierre Assouline dresse le portrait d'un siècle de cette dynastie financière d'Europe les plus prestigieuse encore de nos jours. Ce portrait se trouve chez les Rothschild et il va traverser le temps et l'Histoire.

Le premier chapitre est la rue Laffite, la maison historique de la branche française des Rothschild, vie brillante sous la Monarchie de Juillet. Betty se marie avec son cousins James, les Rothschild se marie entre eux. Elle était très pratiquante, la religion juive tient une grande place dans sa vie. " On l'a appelée la plus grande juive des temps modernes..."
Rue Lafite mais aussi rue Saint-Florentin de grandes réceptions avaient lieu " Quatre dîners par semaine, d'une cinquantaine de couverts chacun , furent vite considérés comme la bonne cadence d'un train de cour. Habit noir, cravate blanche, gilet de piqué blanc pour eux, grand décolleté pour nous."Chaque maison où le portrait de Betty de Rothschild a été accroché est un chapitre du livre.
Son mari lui aussi avait droit à un portrait, moins éclatant que celui de son épouse certes, peint par Flandrin. Mais, il inspira Balzac pour le baron de Nucingen dans la Comédie humaine . Balzac a dédicacé " L'enfant maudit" à Betty de Rothschild. Il a été convié aux grandes réceptions que donnaient les Rothschild à Paris ainsi que Chopin, il a dédié la Valse en si mineur à la baronne. Grand collectionneur d'œuvre d'art les Rothschild de grands tableaux Rembrant, Vélasquez, Rubens, Van Dyck, entre autre sont en leur possession.

Ce livre très documenté, voir brillamment documenté ma déçu moi qui avait tellement aimé ses biographies , celle de Gaston Gallimard et celle d'Henri Cartier Bresson. J'ai trouvé que ce roman manquait cruellement d'émotion, froideur ressenti à la lecture c'est bien dommage. Cela n'empêche pas que j'ai appris plein de choses intéressante, voir très. Mais, je me suis même ennuyée par moment, je n'ai pas trop accroché à la voix que de Betty de Rothschild, cette voix ronronne j'ai trouvé.
L'idée de départ est très original pourtant faire parler un portrait, en faite avec ce roman biographie je retrouve les mêmes défauts que pour le livre de Gilbert Sinoué la Dame à la lampe il y a peu. C'est à dire, une bonne idée de départ , bien documentée mais la mayonnaise de prend pas, il manque un petit quelque chose pour que le tout fonctionne pour le rendre vivant . Ces deux livres ont je trouve, j'ai comme ressenti qu'ils sont inachevés, qu'il manque un petit quelque chose, un travail d'écriture pour être complet. Mais ce ressenti n'engage que moi ! Et au final une fois le livre refermer j'ai le sentiment que tout s'évapore, il ne me reste rien !

Livre lu par Wictoria (voir sa très belle page consacré à ce roman), clochemerle est comme moi : "je reste encore un peu perplexe sur ce roman-là, ne sachant trop quoi en penser: me joindre aux louanges? non, vraiment ; le descendre en flammes? non plus." Tania s'est aussi ennuyé, Liliba, Jules , Joelle

jeudi 19 novembre 2009

MARY ELIZABETH BRADDON : Le secret de lady Audley

Traduit par Madeleine Jodel

Qui est elle ? "ses yeux sont bleus et clairs comme le ciel par un beau jour d'été, et ses cheveux entourent son visage d'une pâle auréole semblable à celle de la madone dans les tableaux italiens."
Ce roman se déroule dans l’Essex, Miss Lucy Graham est la nouvelle épouse de Lord Audley. neveu de son mari, Robert Audley, venu faire sa connaissance en compagnie de son ami George Talboys. Ce dernier, déprimé par le décès de sa femme survenu peu de temps avant son retour d’Australie où il était parti courir la fortune, elle disparaît dans de mystérieuses circonstances. Robert ne pourra s’empêcher d’observer d’étranges comportements de cette chère Lady Audley, femme véritablement diabolique. Cette femme est folle, le thème de la folie revient souvent concernant la condition des femmes à cette époque.

j'ai trouvé ce passage étrange p244 concernant les femmes car ce roman est écrit par une femme. Était elle misogyne !
"Mr Audley se passa la main dans les cheveux. "Je déteste les femmes, pensa t-il dans un accès de misanthropie : ce sont des créature entreprenantes, éhontées, abominables, inventes pour l'ennui."
Un roman psychologique d'une facture classique bien agréable à lire. Le plaisir de retrouver le charme du roman anglais avec une intrigue proche de l'univers d'Alexandre Dumas. C'est un roman prenant qu'on a dû mal à lâcher.
Livre lu par Cécile

mardi 17 novembre 2009

BALTHUS & BONNARD


J'ai depuis des lustres une admiration pour Balthus, je ne partage pas son amour des chats mais sa malice. Ceci dit j'ai beaucoup aimé Mitsou, les dessins relatant l'histoire d'un chat perdu, présenté sous forme de bande dessinée et accompagné d'un texte de Rainer Maria Rilke. C'est un grand admirateur d'Alice au pays des merveilles alors !
"Balthus est le peintre des jeunes filles, offertes à tous les désirs mais dans un monde clos qui les renvoie à leur propre solitude. L’adolescente incarne la femme en devenir, l’être avant qu’il ne se transforme en beauté parfaite. La femme a trouvé sa place dans le monde, pas l’adolescente. Les corps ne sont pas parfaits chez Balthus : ventres trop ronds, seins trop hauts, jambes trop fines. Balthus incite à voir de l’autre coté du miroir. Ses jeunes filles attendent la métamorphose, le passage du virtuel à la réalité. En peinture classique, le nu est considéré comme la plus haute expression graphique. Bien sur, il était facile de reprocher à Balthus des intentions érotiques perverses. « Je n’ai jamais peins que des anges. D’ailleurs toute ma peinture est religieuse » se défendait le peintre. Même si ces anges sont quelques peu pervers et ambiguës, à l’instar de la jeune Alice de Lewis Carroll."

Il fut durant sa carrière nommé par André Malraux directeur de la Villa Médicis en 1961, à Rome. Il a entrepris de nombreux travaux pour remettre en état cette Villa. Mais, comme c'est un homme très enfantin il aime s'amuser et donner des fêtes. Il est fasciné par le Japon depuis fort longtemps, c'est dans ce pays qu'il fera connaissance de sa seconde femme Setsuko qui doit le rejoindre Villa Médicis.


Alice Bellony a eut la chance immense de faire sa connaissance car son mari John Rewald est un grand admirateur et collectionneur de Balthus. Elle sera son modèle le temps d'un tableaux. Elle évoque d'ailleurs sa méthode de travail, les temps de pose en tant que modèle dans ce petit ouvrage au édition l'échoppe : " Avec Balthus à la Villa Médicis."Petit ouvrage sympathique mais on reste un peu sur sa faim surtout si l'on ne connait pas Balthus

Puis il y a quelques temps j'avais adoré lire sa correspondance avec Antoinette de Watteville sa première femme document passionnant sur une époque.

Balthus aimait beaucoup Bonnard qui était un ami de sa mère puis c'est un amoureux de la peinture italienne, de Courbet aussi. Grand admirateur d'Alberto Giacometti dont il fut l'ami.

© Balthus - Alice dans le miroir - 1933

Pierre Bonnard par Marie Sellier
Initiatrice et directrice de la collection l’Enfance de l’Art, éditée par la Réunion des Musées Nationaux.

B comme Bonnard

Un très jolie livre, un portrait en vingt-six mot de A à Z. Un livre pour les enfants dont le peintre Pierre Bonnard était l'ami des enfants.
Il est né le 3 oct 1867, il a vingt ans en 1887 il est étudiant en droit destiné à être avocat, le dessin est sa passion il va s'inscrire à l'Académie Julian pour préparer les Beaux-Arts.
Une affiche celle de France - Champagne, est un événement qui fera date dans l'histoire de la publicité et une grande réussite.
Il s'entend très bien avec son beau frère Claude Terrasse un compositeur de musique. Il adore croqué la vie, il aime la famille de sa sœur, il aime jouer avec ses nombreux neveux. Il aime par dessus tout peindre les scènes de famille.
Comme Balthus il ait l'ami des chats. Il partage un atelier avec Edouard Vuillard.Vers 1890, il découvre la photographie, il va se passionner à cette grande nouveauté de l'époque.
Il va collaborer à la Revue blanche, la grande revue artistique de l'époque tout comme Toulouse-Lautrec, Edouard Vuillard, Félix Vallotton, Maurice Denis. À cette époque, le mouvement Nabi est très inspiré par le japon dont Bonnard. Passion pour les objets : paravents, des éventails.
Au début, du XXième siècle Bonnard découvre le midi de la France, il achètera une maison au Canet en 1925. Donc à cet époque ses tableaux sont de véritable feux d'artifices, la lumière est chaude, les couleurs vibrent. Pierre Bonnard rencontre Marthe en 1893, elle a vingt quatre ans. Elle devient l'unique modèle de Bonnard, ainsi que le centre de sa vie. Elle a une santé fragile, il n'y a que dans la salle de bain qu'elle se sent bien. Sa peinture est tranquille, le quotidien de la vie, le temps qu'il fait . Pierre Bonnard est le peintre de l'intime.

Puis j'ai lu il y a quelques temps avant la création de mon blog ce très joli livre/portrait " Elle, par bonheur et toujours nue" de Guy Goffette.
J'ai le souvenir d'un ouvrage fort délicat, d'une grande poésie, autour de l'amour entre Marthe et Bonnard. Magnifique et émouvant !

Voir ici


samedi 14 novembre 2009

GILBERT SINOUÉ : La Dame à la lampe



Une Vie de Florence Nightingale


C'est grâce à Lou que j'ai eut envie de mieux connaitre qui est Florence Nightingale

Elle se nomme ainsi "la Dame à la lampe" parce qu'on la voyait parcourir la nuit les hôpitaux militaires, éclairée d'une lampe de pétrole. " La première fois que je l'ai aperçue, il faisait nuit. Il régnait un froid glacial. Je grelottais. J'ai vu se déplacer cette silhouette de femme, partiellement éclairée, auréolée d'une lueur jaunâtre. On eût dit une apparition. Dans l'instant, j'ai pensé que je rêvais. Que pouvait faire une femme, ici en pleine nuit ? Elle tenait sa lampe à hauteur du visage et se déplaçait lentement, inspectant chaque lit ou grabat. Elle s'arrêtait de temps à autre, posait sa lampe à même le sol, et s'agenouillait auprès d'un blessé."p189

Florence Nightingale est issue d'une riche famille Britanique , née le 12 mai 1820 "À sa naissance, Florence porte donc déjà en elle les gènes de la dissidence, de la tolérance religieuse (particulièrement envers les catholiques),et une admiration non déguisée pour des hommes non conformistes, des partisans de l'indépendance de l'Amèrique, des admirateurs de la Révolution française ou des défenseurs de l'émancipation des Noirs." Très jeune elle s'intéressa au plus démuni , elle est douée pour les langues, elle est trilingue : anglais, italien, allemand et comme toutes les jeunes filles de bonne famille elle chante et joue du piano agréablement. Elle a tout fait pour moderniser le métier d'infirmière, pour elle l'homme ne doit pas être traité dans les soins comme un animal. Elle a donné les les lettre de noblesse au métier d'infirmière : "Qu'était une infirmière avant Miss Florence ? Rien ou si peu. La lie de la société, des ivrognes qui avaient la réputation d'empester le gin à trois pas, des êtres issus des milieux les plus défavorisés et qui par conséquent, ployaient sous le poids de leur infortune. Être infirmière n'était ni une carrière ni une profession ; c'était une besogne dégradante, bonne pour les femmes de bas étage, vulgaires et souvent immorales, des laissées-pour-compte. Ce n'était pas une occupation digne d'une jeune fille "bien". Des femmes "trop âgées, trop fragile, trop souvent ivres et voleuses et trop laides pour pratiquer un autre métier."Elle se rapproche de la religion catholique et cela fut très mal vu, c'est une femme très pieuse, elle se créait un personnage assez ambiguë je trouve. Elle est partie en 1854, pour la guerre de Crimée, accompagnée d'infirmières triées sur le volet. Elle a mis en place l'importance de l'hygiène, fait tout en sorte que les soldats soient bien nourris et mangent équilibrer et aussi qu'ils soient tous traité de la même sorte aussi bien pauvre que riche, cela fut son combat devant la misère et les conditions déplorables qu'elle a vu et vécu.
" J'ai vu mes enfants (pour elle ces soldats étaient ses enfants qu'elle chérissait en leur donnant un peur d'amour, d'affection) enveloppés dans des couvertures sales, dans de vieux pantalons déchirés, je les ai vus manger de la viande salée crue, malades pour des raisons qui auraient pu être évitées, abandonnés sur leur grabat, et je en peux l'oublier." À son retour de la guerre de Crimée, le 7 aout 1857, elle devient aussi célèbre que la reine Victoria dans son pays, elle est une véritable héroïne.

Embley Park se trouve dans le Hampshire, à l'origine c'était une propriété qui appartientenait à son père, elle y fera un hôpital. Elle fonde en 1860 à Londres la première véritable école d’infirmières, la Nightingale Training School for Nurses. "Dans le Hampshire. Un domaine immense. Près de 3700 acres ! Dans cet endroit paradisiaque, on peut imaginer que Florence a tout pour être heureuse, et cependant elle ne l'est pas. Elle vit comme un oiseau en cage."




Je n'ai pas été véritablement séduite par ce livre de Gilbert Sinoué en ce qui concerne sa structure à la Sherlock Homes, "comme un roman digne de Sherlock Holmes" par la présentation car beaucoup de répétitions et puis ce s'essouffle vers la fin. Au final c'est un portrait gris qui manque de vivacité à mes yeux, car je pense que Florence Nightingale est un personnage historique qui mérite mieux.

mardi 10 novembre 2009

MARIE SIZUN : La Femme de l'Allemand

Il a reçu le Grand Prix des lectrice Elle 2008
Le prix du Télégramme
J'ai lu il y a pas longtemps son premier roman le Père de la petite
Dès les premières pages, très vite nous sommes, nous lecteurs embarqués dans l'histoire de cette mère et sa fille. En 1947, à Paris, rue Saint Antoine, une mère, Fanny dessinatrice, vit seule avec sa fille Marion ou Funny. Fanny est une femme malade " Étrange maladie, en vérité qui allait et venait, disparaissait, reparaissait avec ses sommets et ses rémissions""Une maladie qui faisait honte. Une maladie qui faisait peur. " Le père de Marion est allemand, décédé, sentiment étrange chez Marion, il n'a pas d'autre nom, c'est une personne abstraite pour elle, me semble t-il ? Mystérieux, tout cela. "Elle t'a dit aussi qu'il était allemand, ton père, mais qu'il ne faut en parler, ma chérie. À personne. C'est un secret."
Fanny a dix-huit ans en 1943, elle fait la connaissance de l'Allemand,
Marion est née à Tour. Tante Elisa, la sœur de sa grand-mère, vient de temps en temps s'occuper de la mère et de sa fille.
La mère et la fille vont souvent au cinéma, distraction oublie de la grisaille du quotidien ! Visite chez les grands parents Maud et Henri avenue de Suffren toute seule sans sa mère avec la tante Elisa. Tristesse car ces grands parents sont fâchés avec leur fille, leur seul enfant qu'ils le restent, à causse justement de cet homme allemand que Fanny a connu durant la guerre. Entre eux la liaison au goût d'interdit fut à la fois sulfureuse et naïve. Marion grandit auprès de sa mère malade, folle au regard des autres, mais il faut reconnaitre qu'elle sombre de plus en plus dans la folie, sa fille ne reconnait plus sa mère, elle lui fait même peur ! Marion a non seulement la peur au ventre que l'on connaisse ses origines allemandes et aussi que sa mère n'est pas normal. Une écriture a couper le souffle, une claque un roman magnifique ainsi que l'écriture, un roman poignant que l'on a du mal à le lâcher. Un énorme coup de cœur pour ce livre !
Dans le cadre d'une rencontre que Sylire a eut l'occasion de rencontré Marie Sizun qui rêverait voir son livre adapter au cinéma, cela n'est pas étonnant du tout, l'écriture est tellement vivante, vibrante, intense, en un mot l'écriture est très cinématographique oui cela serait fort intéressant !

À noter, j'ai lu il n'y a pas très longtemps Personne de Gwennaëlle Aubry (relation fille/père) (Prix Fémina 2009) et celui là concernant (la relation fille /mère) ces deux livres très différents par ailleurs, ils abordent tous les deux un regard sur la maladie : la psychose maniaco-dépressive, d'une façon toute à fait remarquable !
" Pourtant, dans le discours à mi-voix qu'il tient à la tante, un mot attire ton attention, un nom, le nom d'une maladie, la maladie de Fanny, sans doute, un joli nom, sonore et singulier, qui revient à plusieurs reprises : un nom en ose et en ive compliqué ; il t'échappe, mais voilà qu'il revient, tu le saisis au vol : psychose maniaco-dépréssive."
Livre lu par Aifelle, Amanda Chiffonnette Katell Sylire Sylvie Tania

dimanche 8 novembre 2009

EDEM AWUMEY : Les pieds sales


"Longtemps, nous avons été sur les routes, mon fils. Si tu partais, tu comprendrais. Pourquoi ils nous ont appelés les pieds sales".

Dans Paris, Askia, chauffeur de taxi erre à la recherche du père absent Sidi Ben Sylla Mohammed, image fantôme de l'homme au turban. Cet homme qu'il n'a pas revu depuis trente ans, ce père parti rejoindre un soit disant lointain cousin qui travaillait dans une usine à Aubervillier comme ouvrier chez Simca. Il rencontre Olia , une jeune photographe d'origine bulgare, elle aurait pris son père, en photo ? " La fille croyait que Sidi avait accepté de poser pour elle parce qu'il n'avait pas peur que l'objectif fit la lumière sur son âme et ses vies multiples. Parce qu'il espérait aussi que l'objectif le figerait à jamais sur le papier et lui permettrait d'échapper à la malédiction."
Askia vit dans un squat, il doit ce logement à Tony originaire lui aussi de Guiné. En parallèle, à Paris Edem Awumey, nous évoque les racines d'Askia, l'Afrique : Nioro en Guiné, le lieu de départ quand il avait cinq ou six ans. Il va souvent sur le parvis de Beaubourg où là il retrouve ses amis des pieds sales comme lui des hommes et des femmes, à la recherche d'identité ?
" Sur le chemin, il regarda la fille et sentit la question : "Qui es-tu ?" revenir dans ses yeux. Alors il pensa que, pour dire et comprendre "Qui es-tu ?", il fallait qu'il remonte encore à très loin, aux tracés et bordures de ces routes de campagne qu'il avait parcourues lorsqu'il avait quitté le Sahel avec ses parents."Des passages qui font froid dans le dos et ils soulignent bien ce climat d'étrangeté, le chapitre 12, un vieux passager, et le chapitre 20 cette fois c'est une passagère. Vers la fin il prend dans son taxi un homme qu'il a connu et là aussi c'est des frissons étranges .
"- Et je te retrouve ici, dans cette ville étrangère à ce que nous étions. Je me dis que t'es parti, t'as déserté parce que t'as cru que cette ville et sa nuit qui ne savent rien de ton passé, pouvaient te protéger. Mais, tu le sais bien, le passé, le passé, c'est comme une femme amoureuse qui ne nous lâche pas. Ta nouvelle situation n'y change rien . Désolé, l'ami. Crois-moi, j'aurai voulu te retrouver dans d'autres circonstances, pour célébrer une messe autre que celle-ci"
L'auteur fait référence à un grand classique de la littérature mexicaine autour de l'identité et la recherche du père : Pèdro Paramo de Juan Rulfo, entre autre, livre peuplé de fantômes. Mais Askia est aussi un Télémaque, la figure de Don Quichotte "Vous autres, chevaliers errants, vivez en rêvant et rêvez en vivant" est présente. Malgré que ce roman soit court, est d'une grande richesse en informations qui en font un roman fort passionnant . J'aime les romans qui demande au lecteur un travail d'imagination, nous sensibilise, nous fait ouvrir grand les yeux, en ce qui concerne l'autre l'étranger. En un mot un livre excellent !

Livre lu par Papillon, Laurence, Jules

jeudi 5 novembre 2009

MAURICE SENDAK : ALBUMS



Incontournables Auteurs/Illustrateurs

Les illustrations sont de Maurice Sendak
Le scénario d'Arthur Yorinks
Création des mécanismes Matthieu Reinhart

C'est un livre pop-up extraordinaire !!!
Quand j'ai ouvert se livre je fus comme émerveillée, à l'image d'un enfant qui découvre ce livre et s'amuse, sourit comme le petit garçon de la couverture très précisément.
L'histoire est celle d'un petit garçon qui part à la recherche de sa maman."Où est-elle ? Je la cherche partout. Dans cette maison biscornue ?"
Sur son chemin il rencontre des personnages effroyables Dracula, Frankenstein, ou autres créatures de la nuit. Beaucoup d'humour, c'est drôle et taquin ! "Un petit garçon aimant, c’est vraiment prêt à tout pour retrouver sa maman… " Les illustrations sont magnifiques on retrouve le talent du génial Maurice Sendak. C'est vraiment un chouette livre !! À partir de cinq ans et au delà aussi !


Rosie
Couverture Américaine de

Rosie est l'album préférer de Genevièvre Brisac ( je l'ai appris lors de la table ronde) - Il date d'avant Max et les Maximonstre. Maurice Sendak était un amoureux du théâtre new-yorkais, avec Rosie il rend hommage aux actrices de Brodway. " En souvenir de Pearl Karchawer de toutes les Rosie et de Brooklyn" Cet album se présente comme un petit roman illustré avec des chapitres.

Chapitre 1° : La jeune Rosie, invite Cathy ainsi que d'autres petits camarades pour un spectacle.
Où, Rosie joue, elle est " Je suis Alinda, la chanteuse de charme." Elle souhaite que sa jeune amie Cathy soit une danse orientale. Trois enfants espiègles sont les spectateurs.
Toutes les deux se donnent à fond dans le côté théâtral. Un jeune pompier, Léon, entre en scène cela n'était pas prévu du tout, il sème la zizanie, il déstabilise ce qui était normalement prévu. Sentiment étrange, ressent une déception de la part de Rosie.

Chapitre Deux Rosie est chez elle, s'ennuie alors elle se met à jouer avec une couverture rouge, elle est très théâtrale. Le chapitre s'arrête là enchaînement avec le suivant le trois. Et là c'est Cathy qui a son tour s'ennuie. Elle va voir ses amis Paul, Dorothée, Simon, ils ne font rien, c'est une petite bande très soudé. Puis ils rencontrent Rosie caché derrière sa couverture rouge. Elle est " Je suis Alinda, la fille abonnée."Elle est un autre personnage. Elle attend le magicien. Touche du merveilleux de la part de Sendak, le rêve, l'imaginaire. Arrive, le chapitre quatre Rosie se pose la question sur l'existence, moi aussi quand j'avais l'âge de Rosie je me posais la même question "est-ce que je suis ta petite fille ?" mais à la différence de Rosie je me
posais cette question à moi même. Tout le long de l'album le charmant chat blanc, nommé boule de neige est là présent il joue un rôle lui aussi. Au chapitre quatre, les enfants sont déchaînés, excités. Rosie est la parfaite petite sœur de Max . La mère est présente, mais bord cadre alors que dans Max sa présence est off. La dernière image est du très grande tendresse. C'est vraiment un grand album !!! que j'invite tout le monde à découvrir . Superbe, car il nous rappelle notre enfance, la mienne en tout cas le plaisir de ce déguiser, de s' exhiber d'être un autre. Les illustrations de Sendak en rouge et bleu sont de toutes beautés finesse, donne une touche un peu suranné délicieuse. Le trait de Sendak est vivant, cet album vit comme tous les albums de Sendak. Ils sont sonores aussi à la lecture on attend les bruits, les dialogues.

J'ai déniché cet ouvrage avec des rats : " On est tous dans la gadoue" du très talentueux Maurice Sendak. Attention chef-d'œuvre ! un grand livre !!!!!
Deux comptines On est tous dans la gadoue suivi de Jack et Guy
llustrèes par Mauric Sendak. Traduit par Anne Trotereau
Maurice Sendak, fils d'émigrés juifs polonais, il est resté traumatisé par la Shoah. Cette obsession transparaît dans ses derniers albums.

C'est un album avec peu de texte mais les illustrations sont très fortes et impressionnantes. Ces illustrations évoquent la colère, la peur, les angoisses de l'enfant. Mais les enfants aiment avoir peur, ressentir des frayeurs. L'illustration remplit tout l'espace de la double page, nombreux sont les détails d'une grande richesse pour la lecture pour une libre interprétation.
" On est tous dans la gadoue car c'est le rat qui prend tout. Les chatons sont mis au trou. Notre lune est en couroux et la maison , c'est l'égout."
Dans ce livre ci je vous garantis,les rats sont très vilains et monstrueux avec les chatons et avec le bébé, ils sont d'une cruauté féroce. Malheureusement je n'ai pas de scann dommage car les illustrations sont de toutes beautés et d'une grande force. Un petit aperçu tout de même avec la couverture. Dans l'illustration nous sommes pas dans le conventionnel bien lisse et je dirai même pas du tout dans le politiquement correct avec Maurice Sendak l'auteur du célèbre Max et les Maximostres. La lune est présente dans cet album, elle a une valeur symboliqueprotectrice et dévorante, sévère et compatissante.Une lune plurielle, qui se démultiplie pour embrasser toute la misère du monde, une lune aux traits humains qui se métamorphose en mère chatte avant de retrouver son apparence planétaire. Voici une image significative : la lune, d'aspect menaçant avec sa bouche béante comme l'entrée d'un train fantôme.

Jack et Guy, deux enfants sans-abri sont emportés par la lune dans le ciel avec les anges, il retrouve le bébé tout nu.
La lune se transforme en chatte qui va se ruer sur les affreux rats, pour délivrer les chatons. Pour finir tout le monde dort emporté par la lune.
"Jack et Guy ont tout vu vite, ils ont accouru près du bébé tout nu. Avec les yeux battus, Jack a dit l'air bougon : donnons lui du bâton ! Mais Guy a dit : arrête ! Plutôt de la baguette ! En voici une entière ! Deux feront mieux l'affaire. Nous l'emporterons là-haut l'enfant dormira bientôt."
Ces deux histoires sont des voyages initiatiques dans l'inconscient enfantin et dans les rêves et les cauchemars.
Dans "On est tous dans la gadoue", tous les thèmes récurrents de l'oeuvre de Maurice Sendak, sont revisités par le biais de la dualité : l'espace-temps propre aux voyages oniriques ; l'oralité (manger/être mangé) ; les crises enfantines.

mercredi 4 novembre 2009

ROBERT OLEN BUTLER : La fille d'Hô Minh-Ville

Traduit par Isabelle Reinharez
Livre voyageur d'Angelica

" Chaque enfant vietnamien entend raconter l'histoire de la naissance de notre pays."
Nous sommes en plein dans le Viêt-nam après la guerre, c'est un roman à deux voix, celle de Ben et de Tien, tout au long du roman.
Tien a vingt-six ans est une jeune guide touristique. " Je suis une fille de ce Viêt-nam nouveau. Je ne suis pas ma mère qui est d'un Viêt-nam différent et qui avait sa peur et son incompréhension à elle avec les hommes, ma mère qui est loin de moi." Ben, un vétéran américain, il revient dans la ville qui l'a tant marqué, il retrouve la magie du pays, ses odeurs, son atmosphère. Et même il retrouve la rue exact qu'il avait connu en 1966. Ben tombe amoureux de Tien , une femme beaucoup plus jeune que lui. Il repense à Kim qu'il a connu autrefois durant la guerre, Ben culpabilise, il se pose des questions sur la mère de Tien, en particulier est ce celle qu'il a connu auparavant ? Le Viêt-nam est un devenu un pays communiste, un pays en mutation, de changement aussi.

Première impression, ce roman est envoûtant, j'ai aimé la référence aux contes (l'histoire de dragon et de princesse) cela apporte une touche poétique. Cela s'arrête là, car j'ai ressenti un climat pesant lourd qui plane dans ce roman. Une tension règne entre l'homme et la femme. J'ai trouvé ce roman intéressant concernant les interrogations sur les origines d'où venons nous ? Pour moi cette lecture fut tout sauf agréable, intéressante oui mais pas plaisante. J'ai pas trop adhéré au ton répétitif de ce roman, j'ai trouvé que ce roman tournait en rond au bout d'un moment. Je n'ai pas été totalement touché par cette histoire.

Déception pour ce roman, qui est un coup de cœur pour Anjelica. Il est intéressant de noté d'ailleurs que les coups de cœur (qui se n'explique pas trop parfois) des uns ne sont pas forcément appréciés par les autres, il y a un risque !

lundi 2 novembre 2009

JOHN CONNOLLY : Le livre des choses perdues

Rentrée littéraire 2009

Traduit par Pierre Brévignon

" On raconte que le roi possède un livre, Le livre des choses perdues. C'est sont bien le plus précieux. Il l'a caché dans la salle du trône de son palais et nul sinon lui n'a le droit de le parcourir."

David a douze ans, l'enfance se termine, il doit grandir. Nous sommes dans un conte, donc David est orphelin (l'image de l'enfant orphelin est un classique dans les conte) il a perdu sa maman. Son père s'est remarié, donc David a une belle mère Rose avec elle, il s'entend pas très bien. Il sent très bien qu'il est de trop. Heureusement, les livres sont là, ils jouent un rôle important dans sa vie pour ne pas dire magique.
Mais, un beau jour, il entend des voix bizarres, il les reconnait ceux sont celles de sa mère. Il prendra un chemin au fond du jardin qui va le conduire dans un monde étrange peuplé de loup, de trolls, de Sires-Loups etc...
Un homme maléfique, l'Homme Biscornu ne lâchera pas David.

Un livre délicieux, le lecteur est prisonnier des contes, il ne peut plus en sortir. Ce roman ma vraiment enchanté, depuis peu, j'aime lire des contes et j'adore le détournement des contes comme ici, je le trouve très bien traité dans ce roman, une grande réussite pour moi j'ai été captivé par ma lecture. L'on rencontre les contes les plus connu : le petit chaperon rouge, Blanche neige, la Belle au bois dormant, Hansel et Gretel ...etc
Mon passage préféré car original et un excellent détournement de conte quand David est chez les nains en compagnie de l'horrible Blanche- Neige. Un petit bémol j'ai trouvé que la fin s'éternise, elle est peu trop longue selon moi. Tout de même p326, une excellente réfléxion sur la guerre et la vie aussi. "Et puis, à supposer que tu échappes à la guerre ou à une mort violente que crois-tu que la vie te réserve, petit garçon ?"
Mais cela dit s'est un excellent roman initiatique prenant qui ne lâche pas le lecteur. À la fin de ma lecture, je me suis rendue compte, cela me sautait aux yeux la référence à Alice au pays des merveille, la traversé du miroir de Lewis Carroll autre conte. Le mur du jardin creux est en quelque sorte le terrier dans Alice, aller vers un ailleurs, c'est exactement cela !
Certains passages mon fait penser à l'ambiance du film de Terry Gilliam - Les Frères Grimm voir ici toutes les explications en images etc ...

Livre lu en vo par Karine :) puis par Lilibook ,Leiloona, Esmeraldae ,Noryane , Cathulu , Gio

Autre couverture pour une version jeunesse avec une couverture différente.

dimanche 1 novembre 2009

BORIS VIAN : L'ARRACHE-CŒUR


© Photo moi - Criel sur mer été 2009
Hommage à Boris Vian - Né le 10 mars 1920
C'est un homme fragile du cœur : rhumatisme cardiaque. Il s'intéresse au jazz dans les année 1936/1939, il commence à jouer de la trompette. En 1941, il se marie avec Michelle Léglise , il rentre dans un orchestre de jazz amateur, il est un jeune papa en 1942, il a un fils nommé Patrick. À la sortie de la guerre il fait la connaissance de Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, d'Albert Camus. Il sera au centre et à la naissance du Saint-Germain-des-Prés légendaire. Il commence à écrire l'Écume des jours et l'Automne à Pékin. Il joue de la trompette au fameux Club Tabou. En 1948, une fille est née Carole, publication de l'Herbe rouge en 1950. Il rencontre une jeune danseuse suisse Ursula Kübler. 1953 publication de l'Arrache-Cœur, il devient le voisin de Jacques Prévert en s'installant à la Cité Véron dans le 18ème arrondissement de Paris. En 1954, il se remarie, la musique tient une aussi grand de place que l'écriture de ses livres. Il est décédé le 23 juin 1959
Avant-propos de l'arrache-Cœur signé Raymond Quenau s'est extra, une grande touche d'humour tout en finesse. J' ai lu Boris Vian, adolescente j'ai du lire l'Écume des jours mais je m'en souviens plus trop là seul chose dont je me souviens bien c'est mon père qui m'a encouragé à le lire !

Jacquemort est psychiatre,Clémentine, la femme d'Angel est sur le point d'accoucher. Elle met au monde trois garçons : des trumeaux (comme dit Boris Vian), Noël et Joël et Citroën, se dernier se trouve à part. Angel, le père est rejeté par sa femme qui a mal accepté la grossesse. Après l'accouchement, Jacquemort va s'installer chez eux.Il commander des lits pour les nouveau-nés, à la demande de Clémentine. Clémentine ne supporte plus son mari Angel. Celui-ci s'ennuie et sur les conseils de Jacquemort il construit un bateau. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, l'amour de leur mère pour eux va s'intensifier. Clémentine devient une mère poule. Elle me fait penser à Pétronille la maman de l'album de Claude Ponti "Pétronille et ses 120 petits". Clémentine est le portrait type de la mère abusive, qui enferme ses enfants dans une cage pour les protéger du dehors.
" Leur éducation. Je tremble à la pensée de les envoyer à l'école du village. Bien entendu, il ne serait pas question qu'ils y aillent tout seuls." p153. La question qui est soulevé par Clémentine concerne l'éducation des enfants, problème que Vian a vécu avec sa première femme Michelle.
L'écriture de Boris Vian est un délice et en plus il a le bon goût d'être un admirateur d 'Alice aux pays des merveilles du grand Lewis Carroll. L'univers de se roman est très surréaliste, étrange parfois proche de Raymond Queneau dont il fut l'ami.

Voir les liens chez Sylire et Lisa