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lundi 31 août 2009

YANICK LAHENS : Dans la maison du père

"L'homme vêtu de blanc est mon père. La femme à l'écharpe de soi, c'est ma mère, le garçon de vingt- deux ans, mon oncle, le jeune frère de mon père. La vieille femme, c'est Man Bo notre servante depuis toujours."

Roman d'apprentissage dans les années 40 à Haïti

Alice Bienaimé, est issue d'une grande famille bourgeoise d'Haïti.
La danse , la chaleur du pays, la violence des hommes voilà ces trois éléments constituent l'ambiance, le climat de ce roman à l'image du pays. Alice reçoit une éducation de jeune fille de bonne famille. Elle apprend, elle fait connaissance de la culture populaire par sa bonne et son oncle. Elle suit péripéties des journées chaudes révolutionnaires de 1945-46. La danse sa pratique tient de la lutte de classe en Haïti.

"La danse fut très vite ma façon à moi de taquiner la vie, de jeter des lueurs jusque dans ses recoins les plus obscurs et de parler très fort à Dieu."

Un très beau livre, une histoire forte servit par une écriture très fluide, très agréable à lire, elle glisse, un grand plaisir ! à découvrir la littérature haïtienne est très attachante, c'est une littérature a ne pas ignorer cela serait tellement dommage !

samedi 29 août 2009

ANNE WIAZEMSKY : Mon enfant de Berlin


Rentrée littéraire 2009

Dans Mon enfant de Berlin, elle évoque la rencontre de ses parents en 1945 dans un Berlin, ville en ruine, de l'après guerre.
Le roman s'ouvre sur Claire, en 1944, elle a vingt-sept ans, elle est ambulancière à la Croix-rouge française à Béziers. Claire est est à la recherche de l'amour sa rencontre avec Patrice à Béziers n'a pas abouti.
C'est à Berlin, qu'elle rencontrera son grand amour. Mais tous les opposes, il faut dire qu'un mode les sépare l'un est français issue d'une famille catholique, l'autre est russe orthodoxe. Claire et Wia sont heureux, ils respirent le bonheur, une grande reconnaissance d'être en vie avec un grand V. "Claire côtoie chaque jour le destin tragique de ces milliers d'êtres humains. "
La personne avec qui elle pense être heureuse c'est Wia.
Il travaille pour un organisme des personnes déplacés du côté des alliées français immédiatement après guerre.
"Quand Claire quitta le bureau pour rejoindre son étage, elle avait envie de chanter de joie dans l'escalier : elle venait de rencontrer enfin un homme qui ignorait l'existence de son illustre père et pour qui la littérature, les livres ne comptaient pas. Cette situation si nouvelle l'enchantait."
"Mon enfant de Berlin", et en ce qui me concerne un très grand livre un excellent roman. Avec un certain recul, et une des grandes qualités du livre se dégage une distance entre le réel et le fictif, une grande force romanesque. Puis, ce roman est d'une grande richesse en thématiques :
- Père célèbre, la famille très soudée le clan Mauriac , Malagar, l'importance de cette grande maison familiale, la maternité. Claire attend un enfant elle est sûr d'attendre un garçon. Elle voudrait l'appeler François (comme son père qu'elle chérie) mais pas question il faut que le prénom soit commun au deux pays. Déception quand elle accouche, une fille (l'auteur du livre que l'on est entrain de lire) c'est l'enfant de Berlin. Mon enfant de Berlin dit à plusieurs reprise Claire attendrit.
- Histoire, la grande Histoire, comment est le monde après guerre, les prémices de la guerre froide. La fin de la guerre mais le début d'autres conflits.
- Deux oppositions entre le monde catholique Mauriac et le monde russe les Wiasemski, les apatrides ses russes qui ont quitté leur pays, fuir au moment de la Révolution, très bien rapporté, magnifiquement par Olga .
" Claire allume une cigarette. Avec une lucidité glacée elle compare sa famille à celle de Wia. Il ne s'agit pas seulement de deux nationalités différentes, il s'agit de deux mondes qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre."
- Berlin, la solidarité, l'amitié soudé et courageuse de cette équipe féminine hors norme du 96 Kurfürstendamn.
Claire et Wia forment un couple magnifiquement romanesque. Elle a l'art de nous conter des anecdotes personnelles avec une grande générosité, bien amenées celle avec Troyat est assez épique, j'ai trouvé !p124/125
À la lecture de ce roman j'ai pensé à deux films, plus exactement à des sensations (vu il y a un petit moment) à Allemangne Année Zéro de Rossellini pour Berlin en ruine, puis à un film de Douglas Sirk pour la touche romanesque "Le temps d'aimer et le temps de mourir".

C'est un roman magnifique aussi beau, et aussi fort que Hymne à l'amour (la suite en quelque sorte) que j'avais trouvé aussi très fort. Son dernier " Jeune fille" m'avait séduit aussi, l'écriture d'Anne Wiazemsky se bonifie avec le temps Mon enfant de Berlin est son meilleur roman que j'ai lu d'elle (j'ai pratiquement lu tous ses livres à leurs sorties sauf trois Aux quatre coins du monde, Sept garçons et Je m'appelle Elizabeth) .Et, je me rencontre qu'elle a écrit son premier livre en 1989 " Mon beau navire", il y a tout juste vingt ans et j'en avais vingt-un !

Gros coup de cœur plus que cela un coup de foudre pour ce livre , lu dans le cadre cette fameuse rentrée dite littéraire

Voir le billet de Jérôme Garcin accompagné d'une photo du mariage de Claire et de Wia - Livre lu par Clarabel

mardi 25 août 2009

STEFAN ZWEIG : Lettre d'une inconnue


Traduit par Alzir Hella et Olivier Toraille

Un court roman qui tourne autour de l'amour passion, fou, fiévreux. C'est une analyse des sentiments tout en finesse.
" Mais tu ne connaîtras mon secret que lorsque je serai morte, quand tu n'auras plus à me répondre, quand ce qui maintenant fait passer dans mes membres à la fois tant de glace et tant de feu m'aura définitivement emportée."
Une jeune fille de treize ans, vit avec sa mère. Et, un jour, un déménagement à lieu dans l'immeuble, un homme raffiné va s'installer. Elle est intriguée, curieuse, il se trouve que c'est un écrivain de renom pourrait être Stefan Zweig. Tous les opposent, la jeune fille est comme fascinée par lui.
" Et ce n'est pas étonnant : dès cette première seconde, j'éprouvai très nettement ce que tout le monde éprouve à ton aspect, ce que l'on sent d'une manière unique et avec une sorte de surprise. Il y a en toi deux hommes : un jeune homme ardent, gai, tout entier au jeu et à l'aventure, et en même temps dans ton art, une personnalité d'un sérieux implacable, fidèle au devoir infiniment cultivée et raffinée." Il ne s'est jamais rendu compte l'effet qu'il pouvait faire sur cette jeune fille. Ils se sont rencontrée à Vienne mais lui était aveugle concernant les émotions de la jeune femme. Le jour de son quarante et unième anniversaire, il reçoit une lettre étrange, cette jeune femme lui annonce que son enfant est mort, et qu'elle sera morte quand il lira cette lettre. " Mon enfant est mort hier " revient une autre fois, insistance. Cette lettre d'amour est une longue lettre écrite d'un en un jet et passionnel d'une immense tristesse. Cette inconnue parle de son amour dans les moindre détail, elle avoue son admiration pour cet homme avec tous ses fantasmes. Cette lettre est anonymes, cette inconnue n'a pas de prénom ni de nom c'est une vrais érotomane. Nous sommes à Vienne et en ce qui concerne l'analyse des ressentis de cette inconnu Freud n'est pas loin.
Un livre magnifique : un chef d'œuvre - Livre lu par Bellesahi
Voir chez Wictoria : l'amoureuse de Zweig ;-)
Le film de Max Ophuls

Un film magnifique la grande classe , le grand romantisme magnifiquement filmé et mis en scène avec un grand brio !!!!! signé du grand Max Ophuls 1945.

lundi 24 août 2009

GWENAELLE AUBRY : PERSONNE


Rentrée littéraire 2009

C'est un portrait original sous forme d'abécédaire, en vingt-six angles, Gwenaëlle Aubry essaye de décrire son père disparu à la personnalité double. Livre a deux voix, car Gwenaëlle Auby a retrouvé un manuscrit, des notes de son père sur sa vie. Ce livre est un témoignage, elle ne juge pas, elle essaye de comprendre son père, atteint d'une mélancolie, il possède une âme chahutée joie accompagnée de souffrance, que les médecins nomment : la psychose maniaco dépressive. "Un spectre dérangeant". C'était sa maladie qu'il nommait ainsi. Elle fait travailler sa mémoire, les souvenirs ensembles, ils viennent petit à petit. Elle évoque ses sensations et ses sentiments qu'elle a vécu en tant que personne. Personne s'est aussi un livre sur l'identité, qui est cette personne qui est plusieurs personnes qui possède plusieurs facettes.
"Il avait été le Malade, il serait le Médecin ; il avait été le Fou, il serait le Sage."" Le 10 décembre 1945, au lendemain de la lettre d'Artaud à Henri Parisot, mon père naissait.""Tu le sais, je suis né d'un père et d'une mère humains."
Il ressemblait, était proche d'Antonin Artaud (la lettre A) mais aussi de Jean Pierre Léaud (la lettre L). Il pouvait être James Bond (la lettre B), pirate (la lettre P) mais à l'opposé complètement, il était SDF (la lettre S)
"Devenir James Bond, c'était aller au trou, comme cette nuit-là au commissariat, mais aussi devenir souris, changer d'échelle, de mesure, telle l'Alice de Lewis Carroll tombée au fond du puits, redevenir tout petit, retrouver une impunité enfantine, se balader avec un chapeau de cow-boy, un pistolet en plastique sans que personne y trouve à redire, avoir le droit de faire n'importe quoi, des bêtises, des conneries, (de tous les James Bond, c'était Sean Connery son préféré ; avant de dicter ses lettres, il l'avait croisé dans sa rue, " avec sa très belle tête toujours, mais un peu impotent" et "l'histoire ancienne "lui était "revenue").
Il portait un double prénom François-Xavier, donc identité déjà dès à la naissance double.
Mais tout le monde l'appelait Xavier, il y a qu'un mystérieux colocataire pour l'appeler François.
Livre fort émouvant, qu'offre Gwenaëlle Aubry a ses lectures. L'écriture est sobre, chaque mot est pesé et pensé. Ce livre m'a énormément touché, m'a accompagné durant ma lecture. C'est un livre qui s'est comme gravé en moi, il en reste une sensation étrange voir douloureuse après ma lecture. C'est un portrait magnifique d'une très grande richesse.

Deux films cités dans ce livre, ces deux films tiennent leur rôle dans le livre de Gwenaëlle Aubry.

"plus tard je le retrouve dans un autre film dont le titre quand j'étais enfant, m'intriguait, Kramer contre Kramer, il est toujours aussi maigre, les cheveux plus longs, les traits plus marqués, et la femme à ses côtés a la blondeur aiguë et inquiète de Meryl Streep," " Mais c'est dans Domicile conjugal que je le retrouve ou que je le cherche, avec le plus de constance. "

C'est un livre qui se lit très lentement, un livre qui fait réfléchir fortement car en ce qui me concerne j'ai essayé de comprendre cette jeune femme Gwenaëlle Aubry et sa sœur comment elles ont pu grandir avec un père éternellement malade, mélancolique. C'est un roman sur les questions fondamentales : qu'est ce qu'un homme, qu'est un père ? C'est un témoignage brûlant accompagné d'une écriture juste, calme, sincère.

Voir le très beau billet que Jérôme Garcin en a fait ici. Je suis entièrement d'accord avec lui, car j'ai été aussi bouleversé par la lecture de ce livre.

Voici une vidéo faite par Auteur TV ,l'année dernière. Mais, c'est un très bon portrait de Gwenaëlle Aubry car elle est détendue. Elle est évoque bien son travail d'écrivain entre autre les fameuses phrases longues (combien nombreuses dans Personne mais fortement réussi, rythmés avec une grande justesse), je la trouve plus intéressant, voir mieux réalisée que la vidéo promotionnelle réalisée par le Mercure de France.


samedi 22 août 2009

PIERRE DRIEU LA ROCHELLE : Le feu follet



Ce roman est loin d'être d'une gaieté folle. C'est un grand livre désespéré, il fut publié en 1931. Le film de Louis Malle avec Maurice Ronet a renforcé me semble t-il la popularité de ce livre de 1963, il me semble !

"Figurez-vous que je suis un homme ; eh bien, je n'ai jamais pu avoir d'argent , ni de femmes. Pourtant, je suis très actif et très viril. Mais voilà , je ne peux pas avancer la main, je ne peux pas toucher les choses. D'ailleurs, quand je touche les choses, je ne sens rien."
Alain Leroy, qui achève une cure de désintoxication dans la région parisienne dans une maison santé où l'on soigne surtout des neurasthéniques . Les grands thèmes de ce court roman sont l'amour des femmes séduire le plus possible, le désir, trouver le goût de vivre .Il est séparé de sa femme, Dorothy, qui est à New York. Il déambule dans Paris, pour faire passer le temps. Il fréquenter des soirées mondaines, revoir des amis du temps où il se droguait. Il se sent seul, l'ennui, le désespoir ...
Plus de goût à la vie, le dégoût, peur de vieillir l'envie dans finir est présent tout au long du roman. Il ne veut pas devenir adulte, être un homme. Mais, je ne pense pas que cela soit une raison suffisante pour mettre fin à sa vie. Je pense et j'en suis convaincue qu'une personne qui se suicide c'est pour des raisons obscures et inexplicable me semble t-il ! Son ami Dubourg rangé, marié des enfants passionné par la vie, passion pour l'Egypte. Essaye de le retenir, il lui montre la beauté de la vie, le soleil . " Donc à quoi bon se demander si c'est la drogue qui avait fait la philosophie ou si c'était la philosophe qui avait appelé la drogue ? N'y a-t-il pas éternellement des hommes qui refusent la vie ? Est-ce faiblesse ou force ? peut-être y avait-il beaucoup de vie dans ce refus d'Alain à la vie ? C'était pour lui une façon de nier et de condamner non pas la vie elle-même, mais ses aspects qu'il haïssait."
"- Drôle de vie que nos vies suspendu aux femmes, murmura-t-il."
Pureté, insouciance, le rien, c'est un homme impuissant, Alain Leroy s'est Jacques Rigaut l'ami de Drieu la Rochelle, dandy Dada. Jacque Rigaut était un grand ami de Mireille Havet entre autre, tous les deux d'immenses toxicomane. Jacques Rigaut s'est suicidé en novembre 1929

Écriture du livre de Drieu est classique d'une grande profondeur. Lui aussi il se suicide en dans la nuit du 15 mars 1945

Le film de Louis Malle 1963

Alain Leroy s'est le charismatique Maurice Ronet. Il est de tous les plans, à la fois dandy, charmeur. Il ressemblait, possédait le même charme que Drieu La Rochelle. Il vit son rôle, il est crédible. La distribution est excellente, l'image est superbe. Louis Malle dit que son film est presque un documentaire sur le suicide. Il est certain aussi bien dans le livre (grande fidélité au livre d'ailleurs dans le film) le suicide tient sa place majeur, il est au centre du film, il en est obsessionnel. À la différence du livre, Alain Leroy est ici alcoolique et non pas un toxicomane comme dans le livre. Il est en cure de désintoxication, son médecin est affirmatif. Il est guérit il n'a plus besoin de rester dans cette pension Versaillaise . Cela n'empêche pas, qu'Alain se sent affreusement seul, la solitude le habite. L'ennui, il tourne en rond. Il prend une grande décision, irrévocable, dans quarante-huit heures, il mettra fin à ses jours. Donc le spectateur connaît comme se terminera le film aucune issu possible pour Alain. La date du 23 juillet c'est la fin, c'est fini pour lui, c'est le jour choisi, c'est la date du destin.
Dans le film souvent passe la jeunesse, les enfants, des adolescents, des jeunes gens, elle fait partie de la vie.
J'aime beaucoup l'adaptation qu'a fait Louis Malle les dialogues sont forts, les phrases claquent, elles sonnent juste, quelques extraits ici :Alain est prisonnier de démons d'angoisses ou "une angoisse" perpétuelle". "Je vous laisse à votre pire ennemi, à vous même" Passage concernant la vie : " Je n'ai pas très envie de rentrer dans la vie ... Paris me fait peur. "" Difficile d'être un homme", "l'horreur de la médiocrité" " Ne veut pas vieillir""La vie, elle ne va pas assez vite en moi. Alors je l'accélère, je la redresse."Quand il va à Paris Alain Leroy retrouve ses connaissances à l'époque où il était avec Dorothy.
J'ai beaucoup le passage avec Dubourg, tous les opposes. Dubourg veut absolument retenir son ami Alain, "Alain : Si tu es mon ami, tu m'ames comme je suis, pas autrement." il a très peur pour lui. C'est à mon avis une séquence clé du film et dans le livre un passage fort important. Dubourg : " Oui, j'ai vieilli ! Je n'ai plus d'espoir, mais j'ai une certitude ... Je suis sorti de ma jeunesse pour entrer dans une autre vie." " Tu es lâche, et faibles et paresseux, tu refuses les certitudes parce qu'elles te font peur... Tu fais l'apologie de l'ombre parce que le soleil te blesse les yeux ..."
Quand il est chez les Lavaud, il retrouve ses amis d'autrefois, Solange son ancien flirt interprété par Alexandra Stewart, froideur et protectrice d'Alain, elle représente la vie pour lui. Elle se fait du souci pour lui. Dans le film plus que dans le livre l'argent tient une place capitale.

Lien à propos du film c'est la musique de Satie (Gymnopédies) musique de l'époque du roman les années 20 et non pas du film qui est située dans les années soixante, la guerre d'Algérie, ponctue , souligne à merveille le film, la marche, elle évoque bien la déambulation d'Alain dans ParisLe livre et le film montre admirablement, il me semble l'être humain dans sa complexité, ses doutes, ses angoisse, ses failles, ses peurs, sa fragilité aussi présente. Ce film est un merveilleux documentaire sur Paris, la Rive Gauche : le Luxembourg, la rue Bucci, l'Odéon, Saint Germain des Prés, le Flore.
Billet très modeste, il y a tant à dire sur ce film qui est un chef d'œuvre indiscutable en ce qui me concerne. Louis fait partie de mes réalisateur préféré, sa mise en scène dans ce film est d'une grande force et magistrale. Je trouve mais cela est très subjectif tout de fois le film plus fort, que le livre (mais c'est un ressenti qui ne tient qu'à moi).

Citations du film sont tirées de l'Avant Scène du film. Jacques Rigaut (le blog de Jean Luc Bitton)

jeudi 20 août 2009

TECIA WERBOWSKI : Prague



Traduit par Elisabeth Van Wilder

En 1957, Sacha Bell est anglais , d'origines russes via sa mère et il a vingt-six ans. il décide de s'installer à Prague. Où, il est lecteur d'anglais à l'université Charles. Il s'intéresse de très près à la politique du pays, de son destin , du régime en place la désillusion et la perte de certains espoirs,cela n'empêche pas d'effectuer quelques séjours en Angleterre. Il se lie avec Mary Stearns est une femme américaine, communiste, un beau personnage séduisant, elle lie une belle complicité avec Sacha. "En fait , il devait reconnaître qu'il était sous le charme de Mary Stearns. Cette femme de vingt-trois ans son aînée qui aurait pu être sa mère, mais il n'avait rien d'un Œdipe. Leurs relations se développaient calmement."
En 1968, Il va vivre le fameux Printemps Prague, référence évoqué chez Milan Kundera dans"L'insoutenable légèreté de l'être". "Quand il avait vu les tanks soviétiques foncer de l'avant, écraser (pas du tout facilement) la résistance de courageux Hongrois prêts à se battre jusqu'à la mort, son cœur s'était serré."
Il aussi une période historique moins connu la "Révolution de velours".
"Un moment historique. La " Révolution de velours". À côté de lui, il y avait Petr, et aux alentours, bien des visages amis. Pour tous, c'était sans doute de grands moments , chargés d'émotion, des instants inoubliables."
La musique tient une grande place dans ce court roman mais brièvement.
Ce roman est intéressant pour son cadre historique et oh combien l'importance du communiste donne une ambiance étrange faire attention à ce que l'on dit, ce que l'on fait ! C'est un livre court, concis, alors qu'il s'étale sur un temps assez long de 1957 à 1991. La fin, la chute est assez étrange qui ressemble à celle des nouvelles.
Ambiance m'a fait penser au film allemand " À la vie des autres". Ce livre m'a demandé une certaine concentration, je n'ai pas été enthousiasmé mais c'est très intéressant tout de même. Le style est très différent de ce que j'ai lu de cette auteure voir ici.

Voir le point de vu de Frisette

Tecia Werbowski auteur d'origine polonaise a une grande affection pour cette ville Prague. On le voit très bien dans ce court roman mais aussi dans un autre roman qui est un hymne à cette ville et à ses auteurs avec
Rêveries pragoises

Traduit par Elisabeth Van Wilder

Prague est une ville mystérieuse, très littéraire, prestigieuse. La narratrice décide de passer un jour une petite annonce :
"Guide pragoise, historienne de l'art connaissant plusieurs langues, écrivaine, conduira un petit groupe "sélect" dans divers coins de Tchéquie."
À la suite de sa petite annonce, le téléphone sonne, elle reçoit un appel d'Alma Malher. Elle souhaite visiter la ville de naissance du grand Gustav Malher qui fut son mari. Puis, elle rentre en contact avec Lou Andréas Salomé, Nina Berberova et Irène Nemirosky. Ces dames dont les personnalités sont fortes voir opposé vont passer un moment ensemble, elles feront connaissances, et elles se confient aussi. C'est un magnifique rêve que fait là, la narratrice car il est doux et brumeux.
Un très jolie roman, une lecture fort agréable
Ce court roman, encore, est une petite merveille et l'on retrouve le ton, la plume de Teci Werbowski de son l'Oblomova qui n'est pas la même que pour Ich bin Prager

Le point commun des deux livres : l'histoire avec un grand H, les chats, l'être humain, Prague, et bien sûr l'amour des livres.

lundi 17 août 2009

CATHERINE CUSSET : Le problème avec Jane

J'ai, il y a quelques années découvert Catherine Cusset avec la Haine de la famille. J'avais bien aimé le ton, la voix de Catherine Cusset mais sans plus non plus. Voilà que lors d'un diner Livres échanges, je suis repartis avec ce livre adoré par Cécile de Qd9.

Par un jour d'un temps pluvieux, Jane trouve devant sa porte un paquet qui n'est autre qu'un manuscrit intitulé "le problème avec Jane". Elle surprise elle y découvre sa propre vie, dans les moindres détails . Étant très intriguée, elle poursuit sa lecture en se demandant qui, est l'auteur de ces pages. Elle va mener sa petite enquête auprès de ses proches amis et connaissances. Le grand thème de ce roman est les rapports amoureux entre les États-Unis et l'Europe.

Je trouve que c'est un roman assez sympathique, roman détente parfait pour l'été. L'écriture de Catherine Cusset est agréable, fluide.
Et puis le gros point fort de ce roman c'est que c'est un vrais Roman, avec des personnages, et une intrigue. J'ai apprécié les nombreux clins d'œil littéraire, normal puisque Jane est entre autre une passionnée de Flaubert et enseigne la littérature française, dans une université américaine près de New York.
À Flaubert , entre autre , est un des auteurs classiques que j'apprécie : " Un matin, début avril , les reflets du soleil sur la Seine, qui rendaient l'eau vert doré, l'avaient mise d'excellente humeur. Après quatre heures passées à examiner des manuscrits de Flaubert, elle ferma les précieux documents qui contenaient l'écriture du grand homme et se leva en pensant aux déjeuners de Flaubert à Croisset avec sa mère et sa nièce après une matinée d'écriture."
Puis il y a aussi des passages très drôles voir hilarant voir à la page 331 , la boîte de cœurs de palmier c'est quelque chose ! En faite, pour ma part c'est les nombreux petits passages excellents que l'on retrouve tout au long de la lecture, il en reste pour moi la même sensation que pour la Haine de la famille. Un avis très similaire au mien : nuage et vent, lu par George Sand et moi que je rejoints complètement dans sa chronique.
Grand prix littéraire des lectrice Elle 2000

samedi 15 août 2009

Peter Weir : Picnic at Hanging Rock


Holly parle merveilleusement bien d'un film que l'on peut voir cet été à Paris.
Cela vaux le coût c'est une petite pépite comme l'on peut en voir au cinéma à Paris l'été et c'est au Grand Action : 5 rue des écoles. À ne pas rater cela serait dommage !!!!
Vu samedi 15 août 2009 et splendide !

L'histoire : En 1900, en Australie. Les élèves d'une école privée pour jeunes filles partent en pique-nique au pied d'un immense rocher ayant été un lieu de culte aborigène. Alors que le soleil est à son zénith et que les filles s'abandonnent à la torpeur de l'après-midi, quatre d'entre elles s'aventurent dans un étroit défilé rocailleux, comme appelées irrésistiblement par le rocher. Hormis une ingénue qui s'enfuit, prise de panique, les trois autres pénètrent dans une cavité et disparaissent corps et bien en même temps qu'une de leurs enseignantes. Des recherches et des battues sont organisées pour les retrouver, en vain. Une seule des trois sera retrouvée vivante mais amnésique, en voyant le film j'ai pensé à Virgin Suicide de Sofia Coppola et en découvrant la page Wikipédia je vois que j'ai raison. Sofia Coppola a bien été inspiré par ce film ! Les références sont nombreuses : la musique, l'image aussi très diffuse mais dans les tons doux plutôt pastels (si ma mémoire est bonne) entre autre ... Of course Virgin Suicide un film que j'ai aimé passionnément

vendredi 14 août 2009

JOË BOUSQUET : Lettres à une jeune fille



La préface écrite par Nicolas Brimo : " Pour ma sœur, pour moi, Joë Bousquet, ce fut d'abord, et avant toute connaissance de son œuvre, une gouache de René Magritte Schérézade." Et bien moi, je peux paraphrasée Nicolas Brimo en disant ceci : Pour mon frère, pour moi, Joë Bousquet ce fut d'abord et avant tout une approche via un merveilleux téléfilm " La Tisane de Sarments" réalisé par Jean-Claude Morin ( tiré de son roman autobiographique paru chez Denoël et Steele en 1936). J'avais dix ans et j'allais sur mes onze ans , je suis restée quinze jours sur le tournage avant la rentrée des classes. Je fus sur ce tournage car mon père signait l'image de ce téléfilm superbe comme malheureusement on en fait plus. Je garde un souvenir ébloui de ce tournage. Philippe Léotard fut un magnifique Joë Bousquet en compagnie d' Henri Serre, Françoise Bertin, Jean Pierre Kalfon, Anne-Laure Meury dans le rôle de Paule Duval. Je me souviens d'avoir visité la fameuse chambre 53 rue de Verdun à Carcassonne et la propriété à Villadier. Voir ici billet et photos concernant le film.


Là, Joë Bousquet dans " Lettres à une jeune fille" correspond avec Linette alias Jacqueline Gourbeyre pendant quatre ans, correspondance amoureuse. Joë Bousquet était un grand Don Juan, le prince de la ville, l'âme de Carcassonne sa ville . Il savait magnifiquement séduire les jeunes femmes avec des mots. Il possède un style séduisant. C'est grâce à Christian Durand, ami le plus fidèle et à sa femme qu'à dix-huit ans après guerre, que le poète fait connaissance du poète qui signe ses lettres : Joe. Là, l'échange épistolaire débute en 1946 jusqu'à 1949, elle, Linette, la jeune fille est étudiante à Toulouse. Joë Bousquet
"le poète immobile" a 50 ans, dans sa chambre, les volets clos. Il est atteint à la colonne vertébrale par une balle allemande. Paralysé à hauteur des pectoraux, il perd l'usage de ses membres inférieurs et reste alité toute sa vie à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, dans une chambre dont les volets sont fermés en permanence. Sa chambre à Carcassonne se transforme en véritable salon littéraire, où se retrouve tous les intellectuels de gauche. Il y reçoit, entre autres, Marx Ernst, Louis Aragon et Paul Eluard, André Breton. Durant, la seconde guerre mondiale il fut un grand Résistant depuis son lit d'infime. Il fut lié au surréalisme André Breton dont il a été l'ami et camarade de combat, Louis Aragon, Philippe Soupault, Robert Desnos, Tristan Tzara, Gala, Paul Eluard, il a signé dès 1925 le tract " La révolution d'abord et toujours !". Durant sa correspondance avec Linette , il lui transmet les œuvres de ses écrivains préférés, car elle est étudiante en licence de lettre. Le poète est son pygmalion. Elle fut projetée dans la littérature et le monde artistique grâce à Bousquet parce qu'à Tarbes, elle est originaire de cette ville, il n'y avait rien. Il se drogue pour soulager son mal, sa pipe d'opium est présente, il faisait de nombreux rêves érotiques. le rapport amoureux, entre eux, est ambiguë, et je pense que c'est très bien comme cela ! Ils se voyaient en cachette la nuit quand elle venait à Carcassonne. Joe était très attentif, bienveillant aux autres. Sa vie tournait autour de la lecture, l'écriture et la transmission. Pour lui mais oh ! combien je partage avec lui cette notion qui part petit à petit.
" La littérature est la vie même, sous la sa forme la plus pure, la plus attirante, la plus voisine du chant, qui est sur les lèvres avant le mot". Le rôle important que la littérature peut apportée à notre vie. Malheureusement cette notion de transmission de la beauté des mots des textes s'en va petit à petit .... Beaucoup d'émotion se dégage dans ses lettres, de faire entendre la voix de Bousquet, qui me transporte seulement aujourd'hui car auparavant je n'avais pas franchis le pas. J'ai pas fini de faire connaissance de sa magnifique prose, c'est superbe et malheureusement méconnu !
Concernant les études de Linette: " Vos études sont utiles, très utile mais elle ne sont pas, elles-mêmes, un but. Ce que vous cherchez c'est vous."
"Travaillez, mais travaillez en poète. Ne vous dites jamais : la poésie est un don, qui me sera peut-être refusé."Quand un texte vous émeut, souvenez-vous de cette révélation, faites-en un sens pour adhérer à tout ce qui vous touche. "

Hans Bellmer (1902-1975) peintre, sculpteur et graveur surréaliste. Il est connu pour les fameuses poupées. Il est allemand, il quitte Allemagne nazie en 1934. Durant l'occupation, il se réfugie en France dans le Sud-Ouest, c'est comme cela qu'il fit la connaissance de Joë Bousquet et il fit son célèbre portrait. " Vous avez bien vu ma chambre. Hans Bellmer, le Sauvage le terrible, plein d'un vrai génie, mais très limité par un matérialisme forcené. Condamné à n'illustrer que des livres défendus (à cause de leur obscénité qui dépasse l'imagination et touche à la folie parce que l'amour en est absent), menant une vie très étrange et dangereuse, surréaliste cent pour cent, "
À travers cette correspondance ouverte car ne nous avons pas les réponse de la jeune Linette. Nous avons un portrait de Joë Bousquet donc le faite d'être handicapé, il ne peut plus avoir de rapport sexuel l'évasion érotique il le doit à l'opium (soulagement et rêverie). Donc, il se sent à la fois hommes, femmes
ambiguïté. "L'être est androgyne à l'origine. Chacun de nous n'existe qu'en image, je ne suis qu'une apparence, revêtant une nuit pourpre où bat mon cœur". "je sens souvent comme une femme." Il écrivait surtout la nuit, importance de la nuit dans son œuvre : " Cela , en toute réalité, je le découvre. Sûr, sûr, sûr que nous sommes l'œuvre d'une nuit dont la nuit extérieur n'est que l'image, d'une nuit vivante." La nuit est le moment propice pour les rencontres improbables avec Linette. " Toute la nuit, de dix heures trente à l'aube, ma chambre flotte, comme une péniche, sur des eaux libres ; sauf passage de quelque auteur ou peintre, mais toujours annoncé à l'avance. "
Il écrit ses lettres poétiques sont divines. Bon vous avez compris Joë Bousquet est un écrivain, un poète à lire à découvrir tellement son style est délicat !!!!
Merci à la générosité de son fils d'avoir transmis ces lettres de toutes beautés, c'est magnifique.
J'aime beaucoup cette réflexion autour de l'image : "Tout n'est qu'images et nous sommes des images et mourons quand nous ne sommes que des images de nous-mêmes."

Voir ce magnifique site consacré à Joë Bousquet

samedi 8 août 2009

LUCY MAUD MONTGOMERY : Anne ... La Maison aux pignons verts


Ce livre délicieux m'a été offert par une vrais fée ou une âme sœur comme vous voulez . Cette fée a des dons de voyances extraordinaires !!!!
Ce livre, je l'avais repéré sur divers blog ici et là lu par Karine :). Je me disais oui, cela à l'air charmant, mais bon, il y a tellement de livre à lire aussi, une saga en plus ! Et puis un jours par hasard, ce livre me tombe dans les mains, je n'en revenais pas, j'ai trouvé que le destin n'était pas banal, cela à m'a plu et amusé aussi, je dois dire ;-).

Anne Shirley, est une , orpheline rousse aux yeux pétillants qui se présente, elle est adoptée par Marilla et Matthew sur l’île du Prince Edward… Anne a onze/douze ans quand elle débarque sur l’île du Prince Edward, au large du Canada. Elle rêve de connaître la joie d'une famille aimante. D’orphelinats en familles d’accueil, elle n’a cessé de rêver, de lire, d’espérer… Lorsqu’elle arrive à Avonlea, ce charmant village, avec des collines, bois, lac, et routes rougeâtres, elle n’en croît pas ses yeux… tout est beaux, merveilleux, enchanteur. Anne a une imagination débordante c'est le moins que l'on puisse dire. Elle adore jouir des mots de leurs magies, rire de ses propres défauts, c'est une enfant sensible, douce et remplit de générosité de bonté. Ce livre est divin, d'une grande fraîcheur poétique remplit de féerie d'imagination. Lecture agréable gracieuse magnifique, je fus enchantée par cette lecture ! Grande influence de la littérature anglo-saxone : Walter Scott, Tennyson, Anne souhaite s'appeler Cordélia (référence que je donne mais qui me semble juste à la jeune fille pure du Roi Lear) .

Lire la suite peut-être !!!!!
À la lecture de ce roman j'ai pensé à une célèbre blogueuse québécoise nommèe Karine :)

PS: Je préfère cette couverture choisit plus haut que celle de mon exemplaire qui est celle là :

Voir chez Rory elle parle de la série aussi !

Traduit par Hélène Rioux

mercredi 5 août 2009

DAVID TOSCANA : El ultimo lector


Traduit par François-Michel Durazzo

Au nord du Mexique, à Icamole, la sécheresse est là bien présente pas une goutte d'eau. Remigio est le fils du bibliothécaire Lucio. Il trouve, au fond de son puits, d'une jeune adolescente morte. Lucio est un grand amoureux de la lecture et des livres mais malheureusement il se sent bien seul dans ce village peuplé d' illettrés, qui n'est pas intéressé par les livres . Pour lui les livres font corps avec le réel. « Un livre d’histoire parle de choses qui sont arrivées, tandis qu’un roman parle de choses qui arrivent… » autre extrait autour du livre :
"Asseyez-vous à cette table, ne faites pas de bruit, ne mâchez pas de chewing-gum, il est interdit de souligner des mots ou d'écrire sur ces pages, attention à ne pas arracher de feuilles, utilisez un marque-page, ne pliez pas les coins et gare à celui que je verrai coller sa morve sur les livres ou sous tables."
Remigio demande conseil à son père, Lucio va les puiser dans ses lectures, notamment dans La mort de Babette, de Pierre Laffitte.
Il lui conseil aussi d'enterrer le corps de la jeune fille sous l'avocatier de son jardin, en référence au roman intitulé "Le pommier". Une enquête va se mettre en place car une adolescente nommé Anamari est déclarée disparue. Lucio dénonce Melquisedec, le porteur d'eau, comme un coupable probable. Lucio vit les livres qu'il lit, c'est simple David Toscana les traite comme des personnages à part entière.
Un climat étrange, mystérieux qui se dégage de se roman mexicain. Un sacré personnage ce Lucio qui est ma fois pas antipathique. Il est certain que ce roman est déroutant il est remplit d'imagination. Lecture plaisante avec une touche d'humour et de sensualité, mais je me suis un tantinet ennuyée.


Livre voyageur grâce à Khatel , il part maintenant en direction de Clochette
Livre lu par Ys, Keisha, Armande, In Cold Blog, Antigone

samedi 1 août 2009

CHARLES DANTZIG : Remy de Gourmont


(1858/1915) Cher Vieux Daim !
Une figure importante qui a compté dans l'histoire des lettres françaises. Il fut poète, romancier, dramaturge, critique d'art et essayiste français. Grand acteur du mouvement symboliste en ce qui concerne la littérature. Pour T.S.Eliot, Remy de Gourmont est "la conscience de sa génération" ce qui est tout à fait exact et Charles Dantzig le souligne très bien cet aspect.
Il est atteint d'un lupus tuberculeux qui occupe la moitié de son visage. Il en souffre beaucoup aussi bien moralement que physiquement, de ce faite il reste souvent cloitré chez lui rue des Saints-Pères. Il sort rarement de chez lui, sauf pour se rendre au Mercure de France rue de Condé.
En 1886,Berthe de Courrière fait connaissance avec Remy de Gourmont dont elle devient proche, ils habitent dans le même immeuble, n° 71 rue des Saints-Pères . Elle est sa maîtresse, elle est une demi-mondaine, férue d'ésotérisme. Femme a moitié folle, elle fut souvent internée. Elle est au centre de son roman Sixtine qui tourne justement autour de l'occultisme. Elle hérite de tous les manuscrits et de la bibliothèque de Remy de Gourmont.
Il est amoureux de Natalie Barney , correspondance passionnée, publié plus tard : Lettres à l'Amazone. « l'Amazone » c'est celle dont il est sous le charme. "" J'aimerais à créer des personnages, à les marquer du sceau de mon esprit." Ces personnages, il voudrait que ce soient des héroïnes, " qui me devraient tout, depuis la naissance jusqu'aux qualités qui me font aimer une femme comme on aimerait un ange " : tendance qu'il eut toute sa vie à idéaliser les femmes, à en faire des Sixtines, des Amazones."
La Vogue revue des symbolistes créé en 1886, Remy de Gourmont la découvre et il est séduit, il va s'intéresser à l'art. À cette époque, il fait connaissance de Villiers de L'Isle-Adam, via ce dernier il rencontrera Mallarmé et Huysmans (anciennement naturaliste). En 1889, ils se trouve à être plusieurs neuf à vouloir fonder une revue, c'est le Mercure de France le premier numéro voit le jour en 1890 . Le directeur de cette revue est Alfred Vallette, le mari de Rachilde. Remy de Gourmont est très prolifique en ce qui concerne les critiques et même des contes pour la Revue. Il a publié un vrais roman Sixtine (sa conception de la vie, plus ses lectures). " Grâce à Sixtine, on aura une idée de ce qu'était une revue littéraire en 1890, avec ses esthètes, ses entremetteuses littéraires et ses émigrés russes fabriquant du théâtre social ; bien plus qu'À rebours, c'est le roman du dandysme fin-de-siècle."
Il est l'ami des peintres : Gaugin, entre autre puis il a encouragé les débuts du Douanier Rousseau. Il aide les symbolistes dans plusieurs revues et entre autre le plus célèbre de nos jours la Revue Blance des Natanson (1889/1903). Son œuvre la plus connu est le Livre des masques, une galerie de trente portraits lumineux d'écrivains et de poètes illustrés par Félix Valloton c'est le book des symbolistes comme le dit Charle Dantzig. Amitié avec Paul Léautaud, il est plus jeune que Remy de Gourmont. Son grand ennemi s'est Gide, il a très efficacement tout fait pour dévaluer la mémoire de ce contemporain capital, qui pouvait lui faire de l'ombre.
Il décède en plein la première guerre mondiale en 1915, personne ne fera attention à lui . Il est enterré au Père-Lachaise. Encore un livre donc sur l'histoire de la littérature passionnant !
Charles Danzing s'est attaché à Remy de Gourmont, il en fait un très beau portrait. J'ai été sous le charme de la plume de Charles Danzing une très belle découverte.
Et c'est une excellente idée de sa part de faire ressurgir ce personnage hors norme de la scène littéraire du début du XXème siècle !

Un excellent site sur Remy de Gourmont