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mercredi 29 juillet 2009

PATRICK NESS : la voix du couteau

Traduit par Bruno Krebs et c'est le Livre 1 :
Le Chaos en marche

Dès les premières pages, le lecteur est transporté dans un monde étrange voir fantastique de science-fiction. Le personnage principal du roman, Todd Hewitt, un garçon de douze ans, orphelin, il sera presque un homme dans les jours à venir. Il est élevé par Ben et Cilliam . Il vit à Prentissville, Nouveau Monde, ville peuplé uniquement d'hommes. Pourquoi à Prentissville il n'y a pas de femme et bien tout simplement un virus les a détruit, mais qui ne touche pas les hommes. C'est les Spake qui ont répandu ce virus Manchee son fidèle compagnon, est un chien qui parle. Le Bruit permet de connaître les pensées même les plus intimes des uns et des autres.
Sur son chemin il rencontre une fille, c'est la découverte suprême pour lui car il n'a jamais vu de femme de sa vie. Elle est orpheline aussi comme Todd. Tous les deux, ils partent en route pour des aventures qui ne sont pas de tout repos. Todd possède dans son sac deux choses de grande valeur son couteau et le livre de sa mère. Ils sont très souvent poursuivit par un fou et violent Aaron. Il règne dans ce roman comme le souligne Fashion un côté western avec les bons et les méchants.
C'est un parfait roman d'apprentissage, Todd enchaîne les épreuves afin de murir et de grandir pour devenir un homme, enfin l'idée que Todd d'être un homme cela l'obsède.
Je trouve qu'il y a de jolis passages autour du livre qui le rattache à sa mère comme un cordon ombilical. L'importance du livre de transmettre le savoir ce roman parle de cela aussi : " Et puis, un jour, Maire Prentiss a décidé de brûler tous les livres, sans esseption, même ceux des maisons des hommes. Paraît-il que les livres étaient pernicieux, eux aussi, et Mr Royal un homme doux qui s'était endurci en buvant du whisky en classe il a laissé tomber, il a pris un fusil et il a mis fin à ses jours et voilà c'est tout pour l'école" C'est assez triste voir révoltant ! "Il a essayé de m'apprendre à lire et à écrire, aussi , mais un matin Maire Prentiss il en a entendu l'écho dans mon Bruit, alors il a enfermé Ben pendant une semaine, et voilà, fini mon attrempissage des livres et puis avec tout ce que j'avais encore à apprendre et tout le travail de la ferme qui doit quand même être fait tous les jours et la simple survie, bien sûr j'ai jamais trop bien su lire."

J'ai été séduite dans ce livre par le jeu de la typographie pour évoquer le bruit, les voix : effet bien retranscrit sur la couverture du livre. En temps que dyslexique ou ancienne dyslexique (aussi bien à l'oral qu'à l'écrit), je n'ai pas été choqué, pas horrifié non plus par la maltraitante du langage de l'orthographe, de la grammaire. Je trouve que ce n'est pas un problème en soi car c'est très bien amené par l'auteur voir habilement de ce faite cela s'intègre parfaitement dans le roman que cela n'est naturel et pas dérangeant du tout, en tout cas pour moi ! Nombreux sont les auteurs en littérature jeunesse qui jouent avec les mots et la syntaxe je pense à Claude Ponti, Pef, Roald Dalh, Queneau avec Zazie, et bien d'autres encore.
Et, j'ai été agréablement séduite par la place que donne l'auteur aux mots à leurs importances. Mais cela dit j'ai apprécié ce roman surtout que je ne suis pas une adepte de roman de science fiction ce ne fut pas un coup de cœur non plus ! J'ai passé un bon moment de lecture par contre. Sur ce livre, mon jugement est un regard d'adulte et donc je ne sais pas si ce livre s'adresse vraiment pour les adolescents en faite. Je pense qu'il s'adresse plus à des grands adolescents de 18/20 ans pour découvrir la Science Fiction et pour les aider à devenir adulte ! Enfin c'est une idée un jugement qui m'est propre et rien de plus !

La voix du couteau lu par Karine :), Lily, Cuné, Amanda, Eolune, Cathulu,Lael

PS: Je suis complètement allergique à Georgia Nicolson de Louise Rennison ! ce livre " Le coup passa si près que le félidé fit un écart", je suis incapable de le lire c'est tellement déconcertant allez voir chez Clarabel pour voir de quoi cela parle enfin un tantinet parce que comme moi elle a été déconcerté aussi mais elle a persévéré un peu plus.

lundi 27 juillet 2009

MIREILLE HAVET : L'ENFANT TERRIBLE



Emmanuelle Retaillaud-Bajac - BIOGRAPHIE
" Une fille comme toi devrait tenir la première place"
Jean Cocteau, été 1928

Mireille Havet est née en 1898, dans le pays de Zola à Médan, en pleine Affaire Dreyfus. Enfance bucolique, douce, solitaire très jeune, un grand amour pour la littérature.
Elle est issue d'un milieu bohème le père Henri est peintre, féru d'ésotérisme, sombra dans la folie et il fut interné à Ville-Evrard. Mireille toute jeune baigne dans ce climat ésotérico-mystique. Installation à Paris rue Raynouard pas loin de là maison Balzac. Elle a une passion pour la poésie : Francis Jammes. Elle sera au cœur du mouvement symboliste tout d'abord via son père elle rencontre Armand Point (peintre), Georges Izambard, Paul Fort (prince des poètes) puis très jeune elle rencontre le grand Apollinaire. Il l'appelle la « petite poyétesse ». Elle va publier ses premiers poèmes. À dix-neuf ans, elle publie un premier récit La Maison dans l'œil du chat préfacé par Colette.
Elle rencontre les grandes figures artistiques de son temps Nathalie Barney, Colette, Misia Sert, entre autre ..
Elle assume pleinement son homosexualité et l'ambiguïté sexuelle en s'habillant en homme. "" Je n'aime pas les hommes, j'en ai presque la répulsion physique", n'a-t-elle pas hésité à asséner devant Misia la femme fatale, qui en resta abasourdie.""" L'homme restera toujours pour moi le taureau, c'est pourquoi j'en trouve la race superflue.""Elle connaîtra un amour passionné avec la comtesse de Limur, Marcelle Garros la veuve de Roland l'aviateur, Renée, et d'autre ..C'est à partir des années folles, Mireille participe à la vie parisienne, elle fréquente la fameuse boîte à la mode "Le Bœuf sur le toit". C'est le rendez-vous du tout Paris de l'époque dans les années 20. Elle sombre littéralement dans l'enfer la drogue :l'opium, la morphine et la cocaïne. Elle fait la connaissance du musicien Georges Auric , grand amateur d'opium aussi tout comme son ami Cocteau, membre du Groupe des Six. Elle fut proche de Cocteau, et de Raymond Radiguet, elle a interprété le rôle de la mort dans l'Orphée de son ami Jean Cocteau.
1922 est la date de publication de son roman Carnaval (Gide a adoré ce roman) chez Albin Michel, mais l'année suivante il fera une carrière brillante pour se retrouver sur la liste du Femina et aussi celle du Goncourt. Mireille passe pour être la petite sœur de Cocteau en ce qui concerne la littérature. .Après avoir connu le mouvement symboliste, elle fréquente les surréalistes. Elle devient ami avec René Crevel, un jeune homme écorché vif et inverti. Elle est proche de Pierre de Massot un des premiers dadaïstes, il est le secrétaire de Picabia.
Pierre de Massot par Berenice Abbott ©

Pierre de Massot a écrit un poème-portrait de Mireille et de l'époque de débauche qui régnait à la fin des années 20 :

Rue Raynouard
on voyait des vignes
rougir
en obombrant la Seine
toi Robbie
tu étais la Reine
de ces jardins du Bénarès
Avec Marcelle Olga Mireille
Auric et Maleyssie
de sylphe
Nous coupions le ciel en morceaux Dans un carré de Tour Eiffel Volé à Robert Delauney

Mireille est liée d'une forte amitié avec Jacques Rigaut ,un écrivain dadaïste aussi , dandy, un homme qui se détruit aussi comme elle et aussi l'un et l'autre sont attirés par le suicide pour échapper à l'enfer.
HélèneBerthelot et Ludmila Savitzky sont deux femmes que Mireille a connut enfant. Et elles tiendront un grand rôle dans la vie de Mireille et cela juste au bout.
Elle est décédée de la tuberculose à Montana en Suisse en 1932, elle avait l'âge du christ 33 ans. Elle a fini ses jours dans une pauvreté noire, le dénuement le plus total comme de nombreux artistes maudits et la reconnaissance vient hélas longtemps après leur mort. Elle est en passe de devenir une icône !
La personnalité, ce portrait de femme m'a beaucoup touchée, sûrement à cause de cette sensibilité à fleur de peau.
Apollinaire et Cocteau deux personnes qui ont comptés dans la vie de Mireille Havet.

Je trouve qu'Emmanuelle Retaillaud- Bajac (maître de conférence à IUT de Tour), a signé une biographie assez classique mais au combien passionnante enrichissante à travers Mireille Havet. Pour quelqu'un qui comme moi se passionne pour la vie littéraire, et bien là je suis gâtée par tant de richesse c'est vraiment merveilleux, c'est tout simplement un émerveillement de lecture très enrichissante !
Une lecture passionnante. Car Mireille Havet est une grande figure de la vie parisienne de 1900 à 1932.

Donc, elle n'a publié de son vivant un roman Carnaval et grâce à Claire Paulhan nous pouvons lire son journal où elle raconte ses amours saphiques et son roman. Voir ici où Claire Paulhan raconte comment elle a découvert cette petite merveille qui est son journal (que j'ai très envie de découvrir enfin dans un premier temps celui de la première période.)

Merci à Amélia grâce à qui j'ai acheté et lu cette biographie !

mercredi 22 juillet 2009

UNE AMITIÉ D'AUTREFOIS


Une amitié forte qui prend naissance à l'age de dix ans, ils sont au
Lycée Lakanal à Paris, ils ont dix-sept ans en 1903
Jacques Rivière, jeune homme d'origine de la Gironde, il deviendra le directeur de la prestigieuse NRF en 1919, fondé par Gide qu'il admire.
Alain- Fournier, l'auteur du roman culte et du très beau Grand Meaulnes, jeune homme d'une grande sensibilité à fleur de peau que j'apprécie beaucoup, il vient du Berry. Il est plus sensible à la poésie en particulier celle de Francis James Jacques Rivière est un passionné d' opéras. Ils sont de tempérament différents mais cela n'empêchent pas de s'apprécier. "Nous ne pouvons l'un à l'autre nous faire que des reproches. Nous ne nous sommes attachés que par nos différences, que parce que nous complétions avec exactitude,et ces différences nous passons notre temps à ne pouvoir nous les tolérer. "
dans leurs différences. Cette correspondance est un tableaux vivant d'une époque associée à leur vie personnelle. Ils ont soif de culture : littérature, art, musique et de l'amour pour Paris. Cette correspondance est structurée en chapitre regroupé par thèmes. Chapitre intitulé : Angleterre, Alain-Fournier (AF) nous livre sa passion pour ce pays, son charme, passion pour Dickens que Jacques Rivière (JR) ne partage pas ainsi que la conception du roman. Très jeune AF veut écrire un roman plutôt que de la poésie. " Écrire des histoire et n'écrire que des histoires. Commencer avec une maison, finir avec une autre en passant par des champs, des rues ou des bateaux, mais n'avoir que ça d'acquis au début et ne marcher qu'avec ça. "
JR sa conception du roman : " Je veux dire que la forme du roman me déplaît , car les trois quarts du roman consistant à transposer des des sentiments personnels, des idées , des visions particulières en les groupant différemment, en leur donnant une signification nouvelle, en les attribuant à des personnages imaginaires qui diffèrent par hypothèse du sujet réel de ces sentiments, idées visions."

En compagnie de JR et de A-F nous découvrons un mouvement important du début du XXème siècle le Symbolisme avec pour chef de file Stéphane Mallarmé. Grâce à Gabriel Frizeau (un riche amateur d'art bordelais qui fit connaître Odilon Redon, Gaugin et André Lhote) initie à l'art JR. Passion tous les deux que je partage pour Debussy et en particulier Pelléas et Melissande. " Que Debussy est grand ! " Mon dieu ! comme c'est vrais. JR. Admiration pour Claudel, dramaturge catholique . Pour J.R " Oh ! mon ami, cela est vrai que c' est plus grand que Dante." surtout car pour A-F " En gros, ce ne sera pas un de mes maîtres". Gide est une grande figure littéraire qui marque les deux jeunes gens, aussi.
Ils font connaissance avec Gide car invités dans sa maison de Montmorency et sa délicieuse demeure de Cuverville en Normandie. Gide apprécie l’intelligence de Jacques Rivière et il sera plus réservé face à Alain-Fournier. A-F a été en contact avec Charles Peguy, écrivain qu'il affectionne. A-F , J.R sont des admirateurs de Rimbaud. D'ailleurs J.R pour la NRF, il écrira de longues études.
J.R se marie avec Isabelle la sœur d'A-F. J.R ayant perdu très jeune sa mère trouve un réconfort dans la famille Fournier, il considère sa belle-mère comme étant une mère. Le fait que J.R soit marié et pas A-F cela créer une distance entre les deux. A- F à cause de Claudel entre autre il va se convertir au catholicisme et effectuer un pèlerinage à Lourde.
Ce tableaux de Dante Gabriele Rosseti : Beata Beatrix a inspiré A-F pour le personnage d'Yvonne de Galais
" Regard immensément bleu comme les madones de Botticelli, immensément loin et hautain comme les femmes de Dante Gabriele, immensément confiant et faible et bleu comme la Vie de Watts."
Alain-Fournier est un passionné de la peinture préraphaélite depuis son séjour en Angleterre.


Ces échanges sont émouvants. Des pages magnifiques de lyrisme, pour un monde qui s'en va petit à petit.
C'est vraiment une très belle amitié d'autrefois comme l'évoque le titre de cette prodigieuse correspondance.

À noté la préface bienveillante signée Alain Rivère ( fils de Jacques Rivière et d'Isabelle (la sœur d'Alain-Fournier).
Et en allant sur le billet de Lilly du Grand Meaulnes, je vois dans les commentaires les propos charmant de l'autre Lily qui a eu la chance de rencontrer Alain Rivière (attaché à l'œuvre de son oncle) cela est exacte, il a bien raison car cette amitié est magnifique et extraordinaire car cela n'existe plus des amitiés comme celle-ci !
À l'automne 2009, à ne pas rater chez Claire Paulhan la correspondance avec Jacques et Isabelle Rivière avec Jean Paulhan.

mardi 21 juillet 2009

PATRICK RAMBAUD : Chronique du règne de Nicolas Ier

C'est le premier livre de Patrick Rambaud que je lis et ma fois je suis séduite par son style et sa plume !
Avec ce roman qui n'en est pas un vraiment mais plutôt une satire. Patrick Rambaud étant exaspère par notre cher président, il a décidé de caricaturer si je puis dire ainsi en Sa Majesté qui ressemble un tantinet à Napoléon. Patrick Rambaud est un auteur passionné d'histoire. Et, là il s'est donné à cœur joie dans cet exercice en rendant hommage à Saint-Simon.
C'est un livre drôle, jouissif j'ai bien rigolé un régal, pour les vacances.
Dans la même veine mais cependant assez différent le livre de Christophe Donner voir ici.

Il nous rappelle les origine hongroise de Sa Majesté, espagnol pour l'impératrice Cécilia. C'est truffé de passages grandioses comme la présentation de la baronne d'Ati. " C'était une Mauresque des bords de Saône. Elle avait du mordant, on disait qu'elle avait de grandes dents, tant au-dehors qu'au-dedans. Sa filiation son féminin, son âge tendre encore pour un puissant ministère tout ce qui devait l'entraver la libéra. La baronne leur prouvait qu'elle aussi venait d'en bas, à la cité du Bout-du Lac, près de Chalon avec dix frères et sœur, ou onze ou douze selon les gazettes, enfin une ribambelle à nourrir pour des parent qui n'avaient pas appris à lire. "
Les premières vacances de Sa Majesté en Amérique au bord du lac Winnipesakee à Wolfeboro, le déjeuner avec Johnny Walker Bush et sa famille " Il excusa aussitôt l'Impératrice, prétextant une angine blanche" la mémorable angine blanche !
Ce premier tome se termine sur l'icône que Sa majesté a déniché c'est Guy Moquet, c'est fort " Le chevalier Guaino trouva uns telle icône en la personne d'un jeune homme de dix-sept ans, bien coiffé, cravaté, l'œil romantique, qui s'appelait Guy Môquet" ! Mais, il n'oublie pas d'évoquer la libération des infirmières Bulgare. Vous souvenez vous de cet épisode où l'Impératrice a su grâce à ces charmes, par un coup de grâce libérer ces pauvres infirmières. "Il mit en avant le génie de l'Impératrice, laquelle avait ramené dans son avion à nos couleurs les infirmières libérées ; en Bulgarie elle fut vénérée comme la Madone , mais en effigie, car elle s'éclipsa très vite pour ne point manquer une présentation de mode rue Saint-Honoré, à Paris ; elle ne connaissait aucun grand couturier à Sofia."

En tant que lectrice, j'ai remarqué que Patrick Rambaud s'amuse bien à croquer les travers de ses hommes et femmes du pouvoir qui ont une épaisseur romanesque il faut bien le dire. Le ton est insolent à souhait avec une certaine distance. Excellent !

jeudi 16 juillet 2009

COLETTE : Duo & Le Toutounier

Qu'elle drôle de femme ! À quarante-trois ans elle a séduit plus d'homme que de femme. C'est une femme libre ambigue, son style est savoureux remplit d'humour féroce, elle s'est être insolente.

Duo (1934)

Dans une demeure au sud de la France, au printemps, un duo un homme Michel, une femme Alice, mais c'est un duel qui se joue au sein de ce couple. Michel organisateur de spectacles auxquels participent Alice trente-sept ans. Elle a trompé son mari avec Ambrogio est c'est un drame. En plus, il est un ami de Michel, la jalousie est grande, car Alice est pour lui une fidèle compagne.
Le style est vif, nerveux, légèreté poésie, la
présence de la nature, de la gourmandise de la vie. Mais la cruauté est là. Un grand roman théâtral, voir magistral dans le maniement de la plume.


Voir ici , Lu par Lune de pluie , Clarabel

... Comme au mois d'août. Michou fait châtelain en ville, je profite de son absence pour me vautrer, avec vous trois, sur notre toutounier natal. Comment va le trichalous ? Et la brédédé- à - roulette, toujours antibouenne ?

Le Toutounier
(1939)


La suite du "Duo", Alors, que son mari Michel est décédé, Alice apprécie de retrouvé la complicité de ses sœurs. Elle partage avec elles leurs joies leurs peines. Le toutounier est le nom du divan protecteur, aux odeurs de l'enfance. Comme duo c'est idem la légèreté côtoie la gravité.
Voir ici, Lu l'année dernière voir

dimanche 12 juillet 2009

DOMINIQUE FORTIER : Du bon usage des étoiles


En mai 1845, les navires Terror et Erebus, sous le commandement de Sir John Franklin , un explorateur britannique, quitte l'Angleterre, pour découvrir le fameux passage du Nord-Ouest. Francis Crozier est le commandant du Terror, l'adjoint de Franklin. C'est lui le personnage central de ce roman , personnage romanesque peu connu, il est tout le contraire de Franklin. Il est un des rares hommes de l'équipage à s'intéresser à l'autre aux esquimaux, considéré comme des sauvages. "Les Esquimaux ont établi leur campement à proximité des navires, par curiosité, peut-être, ou bien par intérêt, soit qu'ils croient que ces énormes créatures de bois sauront les défendre en cas d'attaque, soit qu'ils attendent de nouveaux présents de notre part ayant fort goûté les casquettes, boutons, ustensiles et autres colifichets que nous leur avons offerts. La plus jeune des femmes a fixé à une lanière de cuir qu'elle porte au cou la cuiller d'étain qu'on lui a donné et qu'elle arbore comme le plus précieux des bijoux. Ces gens sont extrêmement pacifiques, ils sourient continuellement, même quand nos hommes s'efforcent de les faire tourner en bourrique." L'intérêt , force du roman ne vient pas tant par son contenu, encore moins par la grande Histoire (méconnu par les francophones, très connu des québécois anglophones) mais par sa structure.Francis Crozier est un homme remplit d'angoisse, il tient son journal, cela permet de suivre l'expédition au jour le jour. Sir John aussi pour lui c'est un document précieux, qui est très différent de son second plus froid, il ressemble plus à un journal de bord qu' à un journal intime. Ces deux hommes ont un tempérament très différent et cela ce retrouve dans leur journal respectif. J'ai été touché par FrancisCrozier, personnage romanesque amoureux de la belle Sophia la nièce de Franklin.
À Londres, la vie de Lady Jane (un magnifique personnage d'une femme intelligente et fine pour son époque) est futile, l'opulence sont là elle la passe en compagnie de sa nièce pourrait être la fille qu'elle n'a pas eu. Donc, nous avons, deux histoires en parallèle dans cette époque victorienne, d'un côté une histoire virile et scientifique des hommes entre eux rongé par le doute et de l'autre ces dames entre elles papotages et frivolités. Deux univers à l'opposé, qui donne une couleur originale à ce roman, mais l'angoisse ronge ces hommes et ces femmes. Dans ce livre j'aime beaucoup tous les passages concernant la description du thé. Le thé tient une grande place dans ce roman. L'écriture de ce livre est tout en émotion, fine sensible un régal envoûtant.
C'est un livre attachant, mystérieux polyphonique, il se dégage une très belle atmosphère de récit de voyage et de l'exploration d'une époque , avec une touche d'humour et une poésie très présente.
Et le roman est enrichi de petits textes comme un extrait d'une pièce de théâtre, une recette de cuisine ...
Un excellent roman envoutant, lumineux, en un mot superbe ! J'ai adoré, une grande réussite pour un premier roman. Écouter là sur Radio Canada ici .

mercredi 8 juillet 2009

FLANNERY O'CONNOR : 2 NOUVELLES

Nous sommes en Amérique dans les années 50, dans le sud
Traduit par Henri Morisset




Un heureux événement


Le rêve de Ruby, trente quatre ans, c'est de déménager, car les escaliers de son immeuble sont terriblement fatigants. Elle a mal à ses jambes, elles sont lourdes.
Un jour Ruby voit une voyante, et elle lui prédit : " Elle était malade. Madame Zoleeda le lui avait dit, mais elle s'en était déjà rendu compte. Madame Zoleeda était chiromancienne de la 87e Rue. Elle avait dit : " Une longue maladie", mais avait ajouté à mi-voix, avec l'air d'en savoir beaucoup plus long; " Mais elle sera suivie d'un événement heureux." C'est une nouvelle sur le poids de la vie : l'angoisse la ronge. Une fois la nouvelle terminé Flannery O'Connor nous dit bien que Ruby attend belle et bien un heureux événement, c'est exact, mais elle ne sent n'est pas rendu compte au premier instant !

La personne déplacée

Mrs Intyre a embauché un polonais pour l'aider à la ferme. Il a fui la guerre et les persécutions nazies avec sa famille. Nouvelle cruelle, dur envers ces européens qui ont quitté la Pologne pour refaire leur vie sur une terre où règne la paix. Ils sont observés ils n'interviennent pas dans le récit cela rend un effet étrange. Ils ne parlent pas très bien anglais. Les enfants se nomme Rudolph douze ans et Sledgwig leur fille de neuf ans. Ils sont venus avec rien, ils travaillent dur pour conquérir un monde nouveau.
Mrs Intyre est une femme forte mais charitable, " Mrs Mc Intyre était une femme de soixante ans, petite au visage rond et ridé, avec des franges de cheveux roux qui descendaient presque au niveau ds sourcils faits au crayon orange. Elle avait une petite bouche de poupée et des yeux d'un bleu très doux lorsqu'elle les ouvrait tout grands , mais qui prenaient l'éclat de l'acier ou du granit lorsqu'elle les plissait pour inspecter un bidon de lait. " mais elle n'est pas responsable du malheur des Gobblehook ou des Guizac comme elle les appelle . Mr Goblehoo est un travailleur exceptionnel." Ça ne courait pas les rues, des travailleurs comme lui." Et très présent dans cette nouvelle la peur de l'étranger de l'autre, prendre la place de quelqu'un. Il est honnête alors que les noirs sont des voleurs. Puis, le vent tourne autrement et c'est très violent.
Son écriture est précise, sec, c'est écrit au scalpel, c'est époustouflant ! Encore une nouvelle où à la fin de la lecture, le lecteur (moi a le souffle coupé) en un mot chapeau ! Il faut lire Flannery O'Connor !
Le paon a sa place dans cette nouvelle c'est l'oiseau préféré de Flannery O' Connor.
Nouvelles tiré de ce recueil : Les braves gens ne courent pas les rues

lundi 6 juillet 2009

JEAN-PHILIPPE ARROU-VIGNOD : Le collège fantôme

De cet auteur j'ai lu il y a pas longtemps "Une famille aux petits oignons"
Avec ce petit livre " le collège fantôme" nous changeons d'univers et nous rentrons dans le fantastique à la rencontre des fantômes, et une ambiance bien mystérieuse plane.
L'histoire se déroule au collège Fogelman, un collège pas comme les autres isolé." En fait, le collège Fogelman ressemble à ces châteaux en ruine qu'on voit dans les livres d'histoire : une forteresse moyen-âgeuse bâtie sur un piton rocheux sans autre lien avec la terre que le vieux téléphérique par lequel Larson rapporte les provisions." Sébastien Britt, douze ans, élève fort peu brillant , tient son journal, il se sent très, très seul. Puis, il rencontre Camille, la fille de Fogelman, elle vit seul avec son père
" C'était une fillette de mon âge, au visage pâle et fin, aux cheveux bruns, vêtue d'un ciré de marin et de chaussures de toile." Grâce à Camille, Sébastien va rencontrer les fantôme d'abord celui du chat. " Un chat lumineux, un chat fantôme, la peau translucide comme celle d'un lampion, se promenait sur les créneaux du collège Fogelman en équilibre au dessus du vide !" (voir la couverture du livre). D'autre fantôme en vrais, et hop les voilà tous partie dans l'aventure. Un petit livre fort sympathique remplit de mystère et de merveilleux.

jeudi 2 juillet 2009

FLANNERY O'CONNOR : Portrait & Nouvelles


J'ai une grande affection pour cette grande dame de la littérature américaine, très exactement beaucoup de compassion pour son courage (sa maladie), mais surtout pour son écriture. Cela n'est pas pour rien que de nombreux écrivains l'admire : Elle est une référence et vénérée par quelques auteurs français dont Philippe Djian (il la cite lors des entretiens qu'il a donné sur son dernier livre), Genevièvre Brisac , Jean Marie Gustave Leclézio.

Loin du Paradis de Flannery O'Connor
L'essai de Geneviève Brisac édition de l'Olivier

Flannery O'Connor (1925/1964) est méconnue en France. Même si elle est saluée par les plus grands.Écrivain sudiste comme Faulkner. Elle est née en 1925, à Savannah, elle est issue d'une grande famille bourgeoise catholique.
"Flannery O'Connor a d'immenses yeux très pâles, de tout petits pieds lisses, une peau ravissante d'un rose très clair, et de très jolies jambes que sa maladie et la cortisone vont disloquer. Se caricaturer cruellement, se peindre en monstre, est un rares plaisirs qu'elle s'accorde."

Elle s'appelle encore Mary Flannery, son père est malade et il a très peu de temps à vivre. En 1945, elle a vingt ans, elle décide de partir pour l'université d'Iowa, elle ne veut plus être sociologue, elle s'inscrit au département d'École de journalisme. Elle n'est pas sûr de se consacrer à la Elle participe à un atelier d'écriture au Writer's workshop. Elle lit, elle découvre les grands romanciers tel qu' Hawthorne, James, Joyce, Conrad. Elle commence à faire ses armes en tant qu' écrivain via la nouvelle. En 1959, elle s'installe dans le Connecticut. Durant la fin des années 50, elle écrit un roman "La sagesse dans le sang", elle met cinq ans à l'écrire. Et, elle a vingt-cinq ans, elle est très malade, elle est touché de la même maladie que son père dix ans auparavant. Elle rentre chez elle auprès de sa mère dans la ferme d'Andalusia.
"Je n'ai jamais été nulle part que dans la maladie. Mon royaume, c'est la maladie. La maladie est une chose sale : L'art romanesque pas excellence l'ar de l'incarnation, écrit-elle , nous sommes pétris de limon, si vous avez peur de vous salir, ne vous mêler pas de roman."
La religion d'un grand rôle dans sa vie, elle est très croyante et dans ses livres elle tient une grande place. Pour la bonne raison que la famille de sa mère, Regina Clive sont des catholiques fervent bien connue à Milledgeville, enclave catholique intégriste. Elle voyagera seulement deux fois dans sa vie en 1958 à Lourdes et à Rome.
J'admire l'humilité qu'elle porte à son travail d'écrivain. En ce qui concerne son écriture elle se sent proche de d'Henry James. "il faut savoir se salir les mains, que la littérature, on ne sait pas trop comment ça se passe, mais il y faut du concret, du concret toujours du concret"
Cet essai biographique est remarquable, un ode à cette femme exemplaire, forte, courageuse. Beaucoup d'émotion, de générosité de la part de Geneviève Brisac, pour Flannery O'Connor. Un merveilleux livre pour découvrir cette voix forte.

Les braves gens ne courent pas les rues

Traduit par Henri Morisset
Photo Dorothea Lange : Ce choix parce que selon moi cette photographe ses photos collent à l'univers deFlannery O'Connor.
Ces nouvelles sont d'une grande force pas croyables ! Poignantes, brûlantes voir même hallucinantes aussi.

C'est l'histoire d'une famille banale, normale, départ en vacances, toute la nouvelle se passe dans la voiture. La grand-mère est un boulet, une catastrophe ambulante. Mais c'est une brave femme active et attachante.
abasourdi. Mon cri à la fin de ma lecture a été "Un désaxé, il est complètement inhumain. J'ai été comme sonné par la chute complètement "whaou". Et là j'ai saisi me semble t-il la force poignante de l'écriture Flannery O'Connor.
Le Fleuve : L'importance du prénom, "Il s'appelait Harry Ashfield et c'était bien la première fois qu'il eut l'idée de changer de prénom. "Bevel", dit-il. "de l'identité, le fleuve symbole le baptême renaissance. Réf. à Lourde, "il y a une séance de guérison". Nouvelle au climat étrange !
Les temples du Saint Esprit
Deux jeunes filles : Temple I et Temple II " ça vient des bonnes sœurs" c'est à dire Joanne et Suzie. En un mots deux adolescentes dans l'âge ingrat de quatorze ans, surtout devant un garçon. Ce sont les cousines de la petite, elles vont dans une école de bonne sœur, habillées de façon vulgaire pour le week-end "rouge à lèvres, leurs rires idiots. La petite,douze ans, s'est Flannery qui observe ses cousines. Ne pas grandir, pour elle douze ans c'était fini, c'est vrais qu'en suite on bascule dans l'adolescence, le dégoût l'âge ingrats comme je la comprends pas de très bon souvenir de cette période. " Elle serait une sainte, parce que c'était la seule préoccupation qui embrassât tout ce qu'on peut savoir ; et pourtant elle était sûre de n'y jamais parvenir: certes, elle n'était ni une voleuse ni une criminelle , mais elle était une menteuse née et paresseuse, elle agaçait sa mère et faisait exprès d'être désagréable avec tout le monde".

Ces braves gens sont des gens simples, de petites gens du sud des États Unis dans les années 50, d'une grande humanité, de lâcheté aussi. L'attention aux autres est présente, elle est là, elle est palpable. La religion en particulier la religion catholique tient une place importante dans ses nouvelles. La notion du Mal est présente. Elle porte un regard tendre sur les gens, de petites conditions sur leurs misères. Elle est une fine observatrice impitoyable et met toute son énergie dans l'écriture.
Des nouvelles étranges, mystérieuse, une écriture minutieuse à coupé le souffle qui estomac le lecteur. Les sujets de ses nouvelle prennent les tripes du lecteur. Voilà mes impressions face à cette grande dame des lettres américaines Flannery O'Connor
Ces nouvelles sont tirés du recueil : Les braves gens ne courent pas les rues

mercredi 1 juillet 2009

JOYCE CAROL OATES : NULLE ET GRANDE GUEULE


Traduit par Claude Seban

Dans le cadre du club de lecture, j'ai choisi ce livre de Joyce Carol Oates (JCO) plutôt que "Nous étions les Mulvaney". Pour la raison suivante je ne voulais pas lire un gros livre pour découvrir cette auteure américaine. Donc j'ai pris et lu celui là, et je l'avais repéré chez Choupynette, je me mettait dis tient ce livre pour m'intéresser. Donc acte, voilà j'ai fait la connaissance des deux adolescents de roman psychologique américain Nulle et Grande Gueule. Mais qui sont ils plus exactement ? Nulle, s'appelle Ursula, elle est grande comme souvent les adolescents mal dans sa peau, elle a seize ans, très solitaire indépendante. Grande Gueule, c'est Max, un garçon brillant en classe, il a de l'humour, il parle beaucoup. Un jour, comme cela il a menacé de poser une bombe au lycée, il plaisantait. Mais, certaines personnes l'on pris au sérieux, cela à pris une tournure dramatique. Puis, Ursula ne comprend pas pourquoi on le soupçonne, elle prend sa défense. Ils deviennent amis voir très proche et une grande complicité se noue entre eux.
J'ai apprécié ce roman qui tourne autour de l'adolescence, de leur problème de leurs rapports avec les parents. JCO décrit à merveille cette société américaine hypocrite, le fanatisme religieux. Je pense
que c'est un excellent roman pour découvrir l'univers Joyce Carol Oates. C'est un excellent livre pour les adolescents mais c'est aussi un très bon livre pour les comprendre.
(pas terrible la couverture version littérature jeunesse)


Livre lu par Doriane, Laurence (biblioblog)