Pages

vendredi 29 mai 2009

P5C: PIERRE FURLAN : Le rêve du collectionneur

Un livre passionnant, riche !
C'est un roman entre la Nouvelle Zélande et l'Angleterre, l'Europe c'est une histoire familiale aussi. Le père autoritaire Franklin Bodmin, un original, il est parti d'Angletterre pour In Nouvelle Zélande très exactement à Invercargill. Il est l' inventeur de l'épingle à cheveux ondulée, il a fait fortune. Il est intéressée par l'art et doué pour le sport. Son fils, l'unique garçon de la famille, le petit dernier. Will Bodmin est un passionné d'art d'objets et de gravures. James Cook (est un navigateur, explorateur et cartographe britannique (photo à gauche), est le père spirituel de Will Bodmin. Parce que les rapports avec son père sont un tant soi peu écrasant et complexe, voir houleux. " Plus tard lorsque Will étudia les peintres de la Renaissance à l'école des Beaux-Arts de Christchirch, il se rendit compte que son père s'était trompé ou l'avait trompé. Était-ce par ignorance d'autodidacte ? Mais sans son ignorance il aurait peut-être été paralysé. Le capitaine Cook lui même n'avait pas fait de grandes études." Il a décidé de quitté la Nouvelle Zélande pour revenir au source en Angletterre. Will vit à York, et c'est la ville connu pour ses fantômes, ses esprits Il travail en milieu hospitalier quaker (un mouvement religieux fondé en Angleterre au XVIIe siècle par des dissidents de l'Église anglicane et de son courant puritain)."Il n'était pas devenu artiste. Juste art-thérapeute, et plus tard thérapeute tout court. Il avait fini par croire que c'était à cause de la confusion que l'inventeur avait semée dans son esprit." Il est art thérapeute et psychanalyste jugien. " Je crois comprendre pourquoi Will avait divisé sa vie en deux : d'une part ses thérapies, de l'autre ses collections. Dans les deux cas il réparait un passé ; le thérapeute justifiait le collectionneur donnait du prestige au thérapeute"Au court d'un séjour à Rome, il fait la connaissance de Jane. Elle tiendra une grande place dans sa vie.Elle est infirmière d'origine irlandaise, elle fut abandonnée par sa mère. Elle fume, cela déplaît à Will.
Elle est mal dans sa peau, elle renifle de l'éther, se shoote, cela entraîne des ragots. Will sera obligé de se séparer d'elle, avec regret car il aurait pu faire sa vie avec elle.
" Si elles (les femmes) fument, c'est le début d'une catastrophe mondiale. Si elles travaillent, elles négligent leur famille."Will Bodmin, grand admirateur de Jung (photo à droite). Il est un médecin, psychiatre, psychologue et essayiste suisse. Le passe temps favoris de Will est de parcourir l'Europe à la recherche d'œuvre d'art, de livres rares, dans ce sens il essaye de combler un vide affectif. Mais sa collection l'encombre voir le dévore manque cruellement de place. Il s'intéresse de très près et avec beaucoup de sérieux aux fantômes, en compagnie de Kate Lawson.
Le chapitre concernant les fantômes et très drôle et bourré d'humour. il
essaye de les photographier et de les surprendre. " Souriez, les fantômes.""- bossa-nova , de quoi faire sautiller les fantômes."
Will soigne des patients aux comportements étranges que ce soient Nora Baxter, Jack Diggs.
Je trouve ce roman excellent d'aventure, merveilleusement bien écrit. J'ajouterai c'est un livre à la couleur anglo-saxone écrit en Français.
Mais cela n'est pas très surprenant non plus quand l'on sait que l'auteur Pierre Furlan est le traducteur entre autre de Paul Auster, de Russel Banks . Il est aussi un spécialiste de la littérature de Nouvelle Zélande, il connait bien les États-Unis. .Très intéressée de lire d'autres livres de cet auteur qui m'a séduit.
Une lecture intéressante que j'ai lu dans le cadre de la Présélection du Prix des 5 Continents : Prix dédié à la Francophonie. A noter que la maison d'édition " Au vent des iles" est tahitienne.
À la lecture de ce roman, j'ai pensé à une certaine Lou. Car ce livre devrait lui plaire ;-) car il est question de fantômes et de télépathie.
à Praline aussi car il est question d'art.

mercredi 27 mai 2009

La Seconde Guerre Mondiale (suite) en litt. Jeunesse

(suite à mon billet ici très modeste, mais tant mieux si il est important à vos yeux ) et je réponds à vos commentaires ici dans ce billet :
@ Clarabel : Oui tu n'as pas tord que pour aborder le sujet avec ta fille c'est avant tout l'histoire familiale. Merci pour ton long commentaire très personnelle, intéressant. Ce que tu dis est vrais dans sa généralité. Je le souligne encore une fois c'est bien de transmettre cette page d'histoire importante à ta fille. Mais devant un ensemble d'enfants, je pense au rôle de l'institutrice c'est parfois plus délicat, quoique quand je vois le nombre de livres en littératures jeunesses (albums, romans, documentaires etc ... et à l'attention d'enfants jeunes niveau éléméntaire) sur le sujet pour l'aborder de façon pédagogique. Je trouve quand même à la fois étonnant en effet surtout si ta fille est dans une classe (ce2/cm2) qu'il n'y ait pas eu une présentation sur cette époque. J'ai l'impression que notre président a été maladroit avec son histoire : chaque enfant scolarisé parraine un enfant juif mort pendant la seconde guerre mondiale. .... voir à ce propos le blog de Vincent Cuvellier . Ses propos sont très pertinent, c'est exact il va dans notre sens. J'ai comme l'impression mais pas que, il y a un bras de fer qui se joue entre l'éducation nationale et le gouvernement !
@ Antigone : Oui je suis entièrement d'accord avec toi !
@Leiloona : Oui effectivement en parlé en primaire peut-être délicat je le conçois mais en classe une institutrice peut-essayer d'aborder le sujet en douceur : Otto de Tomi Ungerer est je pense un excellent album qui peut déboucher sur des interrogations. Tomi Ungerrer est tellement la star en littérature jeunesse
les enfants ne se lassent pas des 3 brigants (voir mes propos plus haut).
@ Faelys : Bien sûr tu peux te servir de mon ou de mes billets il n'y a pas de problème ;-) Ce que tu dis ne m'étonne pas "le sujet est abordé en collège, mais parfois trop brutalement, ou trop vite, voire trop systématiquement, et les élèves ne se sentent pas vraiment concernés.. "
Oui car pour eux c'est loin c'est du passé et en même temps cela fait partie de leur histoire intime et familiale. C'est pour cela que le sujet est délicat. http://www.grenierdesarah.org/ Oui je connais ce site grâce à un vieux Paris Môme que j'avais gardé. C'est un site excellent sur le sujet.
@ Karine :) : Ce que tu dis ne m'étonne pas du tout, parce que si je me souviens bien dans la femme d'à côté est enceinte de Tremblay. Un des personnages s'engage pour faire la guerre en Europe. On sent bien à la lecture du livre de Michel Tremblay que l'écho de cette guerre est présente mais très lointaine. Donc, les Canadiens et les Américains se sentent peu concerné par l'histoire européenne diront nous. Ce fut une guerre Mondiale !
@ Lily : Plus facile d'en parler maintenant "Tous ces livres pour les enfants sont essentiels, parce que même si c'est plus "facile' d'en parler à présent, et donc de transmettre en même temps que l'histoire familiale, l'Histoire avec un grand H, je remarque qu'ici ou là des positions hallucinantes refont surface sans la moindre honte.. ." Je suis d'accord avec toi en ce qui concerne la littérature jeunesse (et quand je vois le nombre de livres dans ma bibliothèque scolaire en primaire), les éditeurs tous font un très beau travail de témoignage envers cet époque sombre de l'histoire du monde ou haine et passion refait surface, c'est assez terrifiant.
@ Nanne en effet la liste de livre sur cette époque est loin d'être exhaustive (j'ai encore matière pour un troisième billet)

Rose Blanche
de Roberto Innocenti - Christophe Gallaz
Edition 400 coup maison d'édition québécoise

Rose Blanche habite un village d'Allemagne. Et, un beau jour elle voit des soldats Allemands, qui envahissent le village nazi, elle ne comprend pas. Elle ne supporte pas la souffrance des hommes, car elle découvre quelques mètres du village un camp avec des prisonniers maigres, un monde gris et triste. Elle est courageuse voir héroïque dans son choix d'apporter du pain à des prisonniers. Ce geste d'une grande générosité lui coûtera la vie.
C'est un album magnifique en ce qui concerne les illustrations. Album assez court, très peu de texte qui raconte, résume bien l'horreur de la guerre. Le désarroi d'une enfant qui donnera sa vie face à cette incompréhension. Roberto Innocenti nous raconte une histoire universelle car elle fait écho malheureusement avec toutes les guerres.
L'auteur fait un clin d'œil très subtil à ce fameux groupe d'étudiant de la résistance allemande " La Rose Blanche " crée en juin 1942.


@Cécile de Qd9 : "Or les tout petits choisissent rarement leurs lectures", c'est vrais mais il y a des exceptions !Pour info ce livre a été emprunté l'année dernière par une enfant qui était en CP. Est ce une lecture partage avec ses parents ? Pourquoi elle la choisit ? En faite je ne sais pas trop la seule chose que je sais c'est qu'elle a aimé la couverture. Quand les enfants empruntes, je ne fais aucun commentaire car c'est leur choix, et puis ce n'est pas mon rôle de les embêter avec leur choix de lecture. Délicat, oui, car je ne suis pas l'institutrice on pourrait me faire des reproche. Je préfère rester à ma place, mais si un enfant engage la conversation sur l'histoire et la Seconde Guerre Mondiale j'engage la conversation comme avec tout autres sujets qui sont délicats entre autre : la mort, le divorce.
Tu fais la remarque suivante qui est aussi très juste et à laquelle je suis entièrement d'accord disont en partie "ce sujet est trop dur, ce livre n'est pas pour moi" à propos de livres sur la shoah. Alors de quel droit l'imposer à des enfants très jeunes ? Comment le faire avec suffisamment d'intelligence et de doigté ? Sujet trop dur pour certains adultes face aux livres qui traite de la shoah, c'est exact l'année dernière quand au Salon du Livre, le pays invité était Israël, j'ai assisté à un colloque qui restera longtemps dans ma mémoire autour de la Shoah ! La salle était remplit mais je pense que la majorité de personne présente était des israëliens, et des juifs qui se sentaient impliquer tout personnellement par l'histoire de la Shoah. Très émouvant avec la présence du grand Aharon Appelfed, a l'âge de huit ans il se trouve dans un camp de la mort. Ce qui ma touchée et ébranlée c'est la façon dont il en parle c'est à dire que son visage s'éclaircit, comme pour s'excuser en disant qu'il n'était qu'un enfant et que tout cela fut très enfantin. Aharon Appelfed est connu pour être le romancier sur la Shoah et pour être un immense écrivain !
Le doigté et l'intelligence pour évoquer à des jeunes enfants la Seconde Guerre Mondiale, j'en connais qu'un car je ne connais pas le livre de Vincent Cuvellier (encore) c'est Otto de Tomi Ungerer je le cite plus haut. C'est le livre pour la jeunesse qui fait passer un message fort magnifique histoire simple et qui dit l'essentiel à un jeune enfant.

L'étoile d'Erika
de Ruth Vander Zee -Roberto Innocenti (illustration)- édition Milan Jeunesse
Traduction Emmanuelle Pingault

C'est l'histoire d'Erika, une femme juive, néé en 1944, elle n'a aucune idée de son nom de naissance, elle ne sait rien de ses origines. La seule chose qu'elle sait c'est d'avoir échappé à l'holocauste, elle connait la douleur de ses parents expulsés et partis en train chargé comme des bestiaux mais vers où ... Heureusement que la mère a eu une idée violente certes mais qui a fait que sa fille est vivante et peu témoigner aujourd'hui ! Les illustrations de Roberto Innocenti dans les tons sombres sont splendides et reconstituent à merveille me semble t-il l'ambiance et le climat de l'époque. Le format du livre renforce cette impression. Au milieu du livre apparait une tâche de couleur qui signifie l'espoir ainsi que la dernière illustrations en double page. C'est magnifique, très fort comme procédé visuel . Un splendide témoignage très émouvant . Un livre qui fait un lien avec le très beau paroles d'étoiles. Un livre remarquable.

(Et, je vous invite à vous rendre sur cette page concernant les albums de CM2/6ème accompagné de billet approfondi et pédagogique sur l'étoile d'Erika et Otto)

Ces livres autour d'Anne Frank viennent de ma bibliothèque Scolaire livres lus l'année dernière. clin d'œil à Firmin de Sam Savage "J'ai lu le Journal d'Anne Frank, je suis devenu Anne Frank."

Anne Frank
Album Gallimard-Jeunesse - Josephine Poole et Illustrations : Angela Barrett
Ce texte illustré présente la vie d’Anne Frank, de sa naissance jusqu’à son arrestation le 4 août 1944. Cet ouvrage, touchant tant par une description juste que par le récit de cette jeune fille, ne recherche pas à tout prix l’explication historique. L’auteur, Josephine Poole, a surtout souhaité retracer, avec la plus de réalité possible, la vie d’Anne Frank et de sa famille, sa naissance en Allemagne, la montée du nazisme, leur départ pour les Pays-Bas. Mais l’auteur choisit également de retracer, au travers d’Anne Frank, les terribles brimades des enfants juifs de l’entre-deux guerre, les humiliations à l’école, les interdictions d’aller au cinéma, la destruction des magasins ou encore l’adieu aux animaux familier. Des petits faits de la vie quotidienne qui deviennent comme autant de châtiments. Avec minutie et clarté, ce sont les années les plus sombres de l’Europe qui sont ici décrites. Ce texte est admirablement servi par les éblouissantes images d’Angela Barrett. D’un réalisme rare, jouant à la fois sur les ombres qui font peur et l’expression presque soumise des personnages, l’illustratrice dit peut-être plus sur la famille Frank. Voici une enfant pleine d’entrain rattrapée, malgré elle, par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. C’est album est une approche au Journal d'Anne Frank. Cet album est sorti pour les soixante ans de la commémoration d'Anne Frank. Très intéressant et les illustrations sont très judicieuses.


Anne Frank, la vie en cachette

de Johanna Hurwitz -trad. par Marie-Christine Tanguy Gallou.
Amsterdam, juin 1942. Anne Frank a treize ans. A l'heure de la persécution des Juifs, Anne Franck et les siens sont menacés. Reclus dans des bureaux désaffectés, ils se cachent. Pour échapper à la solitude et tuer l'ennui, Anne noircit les pages d'un cahier, où jour après jour, elle relate deux années de clandestinité, de peur et d'espoir. C'est l'histoire de ce journal que nous raconte ici Johanna Hurwitz.




Mon amie, Anne Frank
(coup de cœur) MAGNIFIQUE
d'Alison Leslie Gold - Bayard Jeunesse - trad. de l'anglais par Laurence Kiéfé.
2nde guerre mondiale - antisémitisme amitié
Hannah Goslar était la meilleure amie d'Anne Franck à Amsterdam. Le 7 juillet 1942, elle se rend à son domicile et découvre qu'il n'y a plus personne dans l'appartement, alors que tous les objets du quotidien sont encore là. Un voisin lui dit que la famille a quitté Amsterdam pour fuir en Suisse. Hannah nous conte alors son quotidien avec la montée de l'antisémitisme, la mort de s amère en couche, les départs en camps de concentration auxquels elle croit pouvoir échapper. Son récit est parsemé de souvenirs de moments heureux avec Anne Franck et leurs autres amies. Hannah se retrouve dans un camp ainsi que ses grands-parents, son père et sa petite sœur. Lorsque la famille est transférée à Bergen Belsen, elle retrouve Anna qui elle est dans une partie moins privilégiée du camp. Ce sera son dernier contact avec elle.
Ce livre porte témoignage pour aider à mieux connaître Anne Franck et reconstituer ce qui lui est arrivé après la fin de son journal. Un témoignage poignant.

Je n'ai pas encore relue le journal d'Anne Frank, je l'ai sûrement lu plus jeune. J'aimerai bien le relire.
voir le billet de Clarabel autour d'Anne Frank

mardi 26 mai 2009

SAM SAVAGE : Firmin


Autobiographie d'un grignoteur de livres
Traduction Céline Leroy et pour voir les illustrations c'est ici

C'est grâce à Holly encore une fois qui m'a mis sur la piste pour la lecture de ce livre. Et, la charmante Ys m'a prêté ce livre. J'avoue je ne le trouve pas désagréable ce petit Firmin. Ok , il est question d'un rat, mais pas n'importe quel rat un rat de bibliothèque finement lettré. Il est d'une grande laideur, il le reconnaît " Même à cette époque où ma conception de la beauté se bornait aux dessins d'Alice au pays des merveilles par Tenniel , je savais que ce que j'avais devant moi était laid." C'est un rat qui vit à Boston dans les sous sols de la librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Il se nourrit évidement de livre qu'il grignote le papier c'est comme même mieux que la poussière, cela à meilleur goût. " Dans le sous-sol de la librairie où nous vivions, il n'y avait ni charbon ni terre. Il y avait une quantité de poussière, mais la poussière, ça ne se mange pas.""En revanche, le papier, comme je l'ai découvert très tôt, possède une texture merveilleuse qui peut même, dans certains cas, avoir bon goût. On peut en mastiquer un simple morceau pendant des heures comme un chewing-gum."" J'ai remarqué que chaque livre avait un goût propre - sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide."" Bon à manger, bon à lire" est devenu ma devise.
Un rat de fin cinéphile, il aime voir les films avec Fred Astaire et Ginger Rogers au Rialto.
C'est un rat mélomane , il a un goût excellent je trouve, il aime la musique, en particulier le jazz (Cole Porter ou Gershwin), il joue du piano. Dans ce roman qui n'en est pas un car pas d'intrigue, pas d'histoire à proprement parlée. C'est le quotidien de Firmin qui est évoqué en compagnie d'humains solitaires. Je trouve ce petit livre sympathique,mais sans plus aussi, mais assez intéressant une lecture loin d'être désagréable.
J'aime bien quand il évoque Tess d'Uberville de Thomas Hardy (car c'est un livre qui m'est cher) :"Après ça, j'ai de nouveau filé vers - l'Angleterre - enjambant océans, continents et siècle aussi facilement que je descendais du trottoir - où j'ai construit un petit feu le long d'un chemin de terre pour que cette pauvre Tess, condamnée depuis le début, arrachant des navets dans un champ balayé par le vent, puisse chauffer un peu ses mains abîmées. J'avais déjà lu l'histoire de sa vie deux fois - je connaissais sa Destinée - et pourtant j'ai dû détourner les yeux pour dissimuler mes larmes." p55/56 Firmin se ballade à travers les livres c'est touchant

Livre lu par Clarabel, Fashion (qui comme Ys n'a pas été sous le charme de Firmin)


lundi 25 mai 2009

MARIE SIZUN : Le père de la petite

Ce livre est remarquable. J'ai récupéré ce roman lors d'un DLE.
C'est CécileQd9 qui l'avait amené, ce fut une excellente idée.
Parce que j'avais très envie de découvrir cette merveilleuse auteure donc Sylire défend bien avec de nombreux éloges justifiées.

L'histoire se passe à Paris en 1944, la guerre n'est pas fini. Une enfant, la petite, nommée France (comme ma grand mère) de quatre ans. " Personne ne lui donne ce prénom, pourtant choisi, guerre oblige. On dit d'elle simplement "la petite", ça suffit". Elle vit seule avec sa mère. Lorsque le père rentre de sa captivité en Allemagne, il est malade. " - Bonjour, Mademoiselle ... Bonjour, France ! dit cet homme qui est son père, tandis que d'une main à l'effroi de la petite, il attire en même temps auprès de lui la mère, l'attire d'un simple geste vers lui, l'assieds sur le bord du lit, tout contre lui, l'entoure de son bras, sans lui parler non plus, et elle y cache son visage, et l'enfant a vu que ses yeux sont pleins de larmes. " Elle découvre son père qu'elle ne connaît pas. Elle se pose des questions, elles sont nombreuses. C'est un huis-clos, très peu d'ouverture vers l'extérieur. Le père est la, sa femme, la mère de la petite qui se faisait une joie de retrouver son mari, cette joie s'estompe, elle devient la femme soumise, la mère au foyer. Le père est maladroit, voir violent avec la petite. "- Tu reviendras quand tu seras calmée, crie son père avant de claquer la porte derrière elle. Au bruit, des portes se sont ouvertes ici et là, vite refermées. Intimidée, honteuse, la petite se tait."Il manque cruellement de communication dans cette famille. "Tout est devenu si étrange depuis son retour, le comportement de ses parents si curieux. La petite n'y comprend rien. Plus amoureux, ses parents." La relation avec son père s'améliore, il a su l'apprivoiser, un lien paternel les unis. La mère a ce moment là devient plus effacée. J'ai aimé ce passage lumineux qui reste présent quelques heures après ma lecture, elle va manger avec son père au restaurant elle fait connaissance de sa nouvelle femme p130131.

Ce livre court comme je les aimes, je les vénère je dirai. Il est écrit à hauteur (taille) de l'enfant : la petite. Délicat, un livre qui laisse une place au lecteur (c'est une grande qualité merveilleuse je trouve que nous donne l'auteur). Cette écriture fine,d'une très grande sensibilité qui met le lecteur chaos. J'ai eu la gorge nouée à la fin de ma lecture. Un livre fort émouvant un coup de cœur qui donne très envie de découvrir Marie Sizun.
Livre très apprécié dans la blogosphère tant mieux car c'est un livre d'une grande qualité. C'est bien de faire connaitre cette voix cette écriture ne pas passer à côté.

Livre lu par Lillibia qui le fait voyager, c'est une excellente idée. Angelica, Gambadou , Sylvie, Anne , Antigone

dimanche 24 mai 2009

COLETTE VIVIER : La maison des Quatre vents

C'est le premier roman pour la jeunesse sur les années de guerre écrit en 1945 et illustré par Serge Bloch

L'aventure, la vie mouvementée d'un immeuble, au 24 de la rue des Quatre-Vents durant la guerre. Il y a Madame Sellier, qui élève seule ses trois enfants, son mari est prisonnier en Allemagne. Il y a Monsieur Jean qui a peur de tout, Solange Couture qui attend son grand frère parti rejoindre le maquis, les Moscot, en réalité Moskowitz, des juifs qui tentent de vivre incoginto, les Gourre, pro-nazis. Puis le grand jour arrive la libération, la guerre prend fin. Paris sous l'occupation,le quotidien le style est très vivant, très enlevé, nombreux sont les dialogues les rebondissements, les frayeurs. J'ai pris un grand plaisir de lecture. Un livre excellent sur cette époque voir remarquable. Une lecture pour tous. Je pense que nombreux sont les petits garçons qui peuvent s'identifier à Michel douze ans le héros dans tous les sens du terme de ce roman." À vrai dire, je comprends ; ces histoires de Résistance leur trottent dans la tête, à tous ces gamins-là ! "

Le site Colette Vivier

samedi 23 mai 2009

FADÉLA HEBBADJ : L'ARBRE D'ÉBÈNE

Un premier roman africain (tout le laisse à croire la couverture, la couverture, le nom de l'auteur accompagné d'une magnifique couverture) francophone si l'on préfère. Voilà le livre lumineux de la sélection, il a été un coup de cœur pour Laurence pour moi, non je n'irai pas jusque là , mais une belle découverte accompagnée d'une belle plume.
" J'avais besoin de personne, l'arbre d'ébène me tenait compagnie. "
Nasser un enfant de dix ans malien, c'est lui le narrateur (la voix de l'enfant ne m'a pas gêné du tout) débarque en France avec sa Maman (Mama). À Paris, Mama sera très malade, la peur au ventre, ils sont sans papier, la débrouille pour survivre. Mais le rêve d'un monde meilleurs et là et c'est beau malgré une grande naïveté :
"- Quand je serai grand, je te construirai une maison au bord de la mer ... Et nous aurons une voiture, la plus belle de toute la ville, de tout Paris, de toute la France . Et tes yeux, Mama, brilleront même dans la nuit. "
Et de ce faite, j'ai trouvé ce livre attachant comme souvent les bons livres africains, j'ai trouvé des rapprochements avec la littérature africaine à ma lecture, je ne sais pas si l'auteur à des origines africaine ou alors si elle connait très bien la littérature africaine, mais c'est une vision très personnelle. Il en est de même qu'au cour de ma lecture, j'ai ressenti quelques maladresses, très peu, parce que quelques jours après ma lecture, elles se sont estompées laisser la place à un récit très attachant.Une des grandes qualités du texte vient du merveilleux, la naïveté du peuple africain qui contraste avec la violence du quotidien accompagné de sa noirceur. Le soleil d'Afrique s'oppose à la grisaille de la France et plus particulièrement de Paris.L'hospitalité Africaine s'oppose à la froideur de la France.
Ce livre fait parti des livres qui nous ouvre les yeux sur le monde qui nous entoure sur l'autre. D'ailleurs, j'ai aimé l'évocation des livres dans ce roman la transmission des livres qui ouvrent les yeux sur le monde, un regard sur la vie, des livres qui font grandir." Mes mots sentaient l'odeur d'une vie qui n'existait pas , et c'est bien normal, parce qu'une vie qui n'existe pas , ça ne veut rien dire. Pour écrire de vrais mots, il faut trouver un lieu où les accueillir et un peu de repos pour les mettre en ordre. "Les visages sont des livres souvent fermés. Ils s'ouvrent, parfois, sur une page qui nous fait rêver ou qui nous fait pleurer." J'aime beaucoup le personnage de la Mama, c'est un splendide portrait de femme que l'on retrouve souvent dans la littérature africaine justement . Les femmes sont grandies magnifiée, face à la bassesse de l'homme. J'aime aussi les valeurs qu'elle veut transmettre à son fils qui son essentiel concernant le don de vie et de la mort. Un livre qui donne, qui me donne envie de relire le délicieux "La vie devant soi" .
Un passage qui a retenu mon attention p96/97 car il est très fort, voir violent, tellement juste celui d'une femme (touriste) qui voulait prendre à tout pris Mama en photo dans le désert. Mama ne voulait absolument pas que l'on lui vole son âme, elle a refusé malgré l'insistance de la femme. " Elle m'avait prise sans mon accord, me voilant ma présence dans le désert. Je n'ai pas bougé jusqu'à leur départ. C'était si simple pour elle de prendre ce qui ne lui appartenait pas." Voilà, le manque de respect de l'étranger, du touriste assez flagrant malheureusement.

Merci Amanda pour le prêt, livre lu par Laurence (Biblioblog), Noryane, Antigone, Cuné, Caminade

mardi 19 mai 2009

PAUL VACCA : La petite cloche au son grêle


Alors, je ne comprends absolument pas l'engouement pour ce livre. J'avoue après avoir lu de nombreux éloges autour de ce livre, je m'attendais à lire un livre bon récit autour de l'enfance. Peut-être que j'en attendais trop ! Et bien je dois dire que ce livre est une grosse claque de déception, les bras m'en tombent.
C'est l'histoire, d'un adolescent qui se passionne pour l'écriture de Marcel Proust. Ses parents tiennent un café, il est issu d'un milieu modeste. Décalage entre l'univers raffiné de Proust et l'univers plus populaire de son quotidien. Le père a du mal à comprendre son fils pour l'engouement pour cet auteur.
En tout cas le fait qu'un récit d'enfance qui évoque Proust, j'imaginais un style et sur le fond autre chose qui est plus de tenu. Ce livre je l'ai lu grâce au Biblioblog car je dois dire que tous les billets autour de ce livre je les ai parcourus, ils sont tous me semble t-il élogieux ! Est ce que je suis passée d'un livre exceptionnel je ne sais pas ?

Sylire, Cuné, Cathulu, Antigone, Bellesahi, Clarabel, Béatrix., Arlette., Amanda, Lily , Philippe, Florinette
Le succès de ce livre je l'explique comme cela ceci dit, il permet de transmettre l'univers de Proust à un lectorat modeste. Un petit livre ok sympathique, rigolo sens plus. En ce qui me concerne je pense qu'il fera un excellent téléfilm en ce qui concerne l'écriture et aussi pour faire pleurer les cordes sensibles dans les chaumières.
J'en conviens que mon billet est dur envers ce livre je l'ai ressenti comme cela. En même temps, je suis cohérente envers moi même et mes goûts. Mais je pense que c'est davantage un livre pour les adolescents pour les amener en douceur à la lecture vers les livres et pourquoi pas à Proust (on peut toujours espérer).
Ouf je me sens moins seul Bladelor n'a pas adhéré aussi !



lundi 18 mai 2009

KRESSMANN TAYLOR : Inconnu à cette adresse


Traduit par Michèle Lèvy- Bram
Un livre à lire quand on est adolescent et même plus grand.
Un lire à lire concernant la monté du nazisme en Allemagne durant les années 32/34. Un livre court, déchirant, poignant un livre tout simplement essentiel ! Édité en livre de poche jeunesse et littérature générale. Ce livre a été écrit en 1938, et il est tombé dans l'oubli et il est connu du grand public seulement en 1999 grâce aux Éditions Autrement
Correspondance entre Martin et Max du 12 novembre au 18 mars 1934.
Les deux amis se sont connus en Amérique. Max Eisenstein a quarante ans, il est célibataire, il est marchand de tableaux. Il possède une galerie d'art en association avec Martin à San Francisco et c'est là où il vit. Max est juif, il a une jeune sœur auquel qui est très attaché Griselle. C'est une jeune comédienne, elle vit en Allemagne. " Elle a le rôle principal dans une nouvelle pièce qu'on joue à Vienne, et les critiques sont excellentes ; les années décourageante qu'elle a passées avec de petites compagnies commencent à porter leurs fruits. Pauvre enfant,ça n'a pas été facile pour elle mais elle ne s'est jamais plainte." C'est pas facile pour une jeune comédienne juive de monter sur scène surtout à cette époque. Martin Schulse a le même âge que Max, il est mariée et il a trois garçon. Il a décidé de retourner en Allemagne après avoir vécu en Amérique en 1932. Il réside lui et sa famille dans un petit château près de Munich .Martin vit la monté du nazisme.

L'Allemagne est défiguré, la crise est là ainsi que la misère, Hitler monte au pouvoir. " Qui est cet Adolf Hitler qui semble en voie d'accéder au pouvoir en Allemagne ? Ce que je lis sur son compte m'inquiète beaucoup." Le monde bascule, l'horreur est là . Martin voit ce changement de ses propres yeux, la dictature. "Parce que, tu sais, Max, depuis que je suis dans ce pays, je les ai vus, ces gens de ma race, et j'ai appris les souffrances qu'ils ont endurées toutes ces années - le pain de plus en plus rare, les corps de plus en plus maigres et les esprits malades. " Le marché de l'art est présent dans ce court texte, et à la lecture cela m'a fait penser au bien des juifs que l'on confisquait et la difficulté de communiquer avec un juif. Un livre fort émotion, une émotion palpable, court mais d'une très grande richesse. Une correspondance dont le style débute cordialement et le climat politique devient plus présent en crescendo. Le lecteur est sous le choc comme ébranlé, abasourdi. " Je peux comprendre pourquoi les Allemands acclament Hitler. Ils réagissent contre les injustices qu'ils ont subies depuis la fin de cette guerre désastreuse. Mais toi, Martin, tu es pratiquement devenue un Américain durant cette période. Je suis convaincu que ce n'est pas mon ami qui m'a écrit cette lettre, et que tu vas me le prouver."

Livre lu par Lilly, : Argantel, Laëtitia, Lilly, Lucile, Doriane, Isil, Lisa, Nane, Praline ,Caro[line]
Je rajoute l'excellent billet de Laurence


L'auteur Kathrine Kressman Taylor (1903/1997)
origine allemande mais elle a vécu en Amérique et elle a travaillé dans la publicité. Son livre " inconnu à cette adresse" publié en 1938, rencontre un certain succès. Elle a écrit ce livre dans le but de faire prendre conscience aux américains de ce qui se passe en Europe.
En 1995, sa petite fille découvre avec surprise que l'on vient de rééditer son livre " Inconnu à cette adresse" texte qui avait été tombé dans l'oubli et inconnu en France (c'est assez fou qu'un texte aussi fort est reconnu depuis peu , voir hallucinant ! mais tant mieux si ce texte est lu aujourd'hui par des jeunes et qu'il connait un engouement ). Une adaptation théâtral existe depuis 2001

Le petit dossier joint à ce livre en édition jeunesse et passionnant et riche en information concernant l'histoire !

dimanche 17 mai 2009

J.M COETZEE : Au cœur de ce pays


Traduit par Sophie Mayoux

Je découvre l'univers de cet auteur que je ne connais pas.
Il a reçu le Prix Nobel de littérature en 2003
Et " Au cœur de ce pays" est son second roman. L'histoire se passe en Afrique du Sud et c'est un huis-clos brûlant et étouffant.
La narratrice, une jeune fille vierge,long monologue halluciné. Elle remplit sa solitude par des fantasme incestueux. "Suis-je celle qui est à craindre, la dévorante,l'immodéré, parce qu'ici, au cœur de ce pays, c'est à partir de moi que l'espace rayonne jusqu'aux quatre coins du monde , et que rien ne peut m'arrêter ? " Je ne sais pas pourquoi mais elle me fait terriblement penser à une héroïne des sœurs Brontë !
C'est un roman psychologique, les rapports entre les personnages sont violents, le sentiment de haine est présent, d'inceste entre un père et une fille. La structure du livre est particulièrement bien choisit par Coetzee car elle se prête à ce sentiment d'étouffement, de claustrophobie, un huis clos Bass le maître, Magda la fille, Anna la femme d'Henrik le contremaître. Un livre poignant qui met le lecteur chaos, l'intrigue, l'interpelle, livre très étrange et à la fois fascinant curieux à la fois et envoûtant. " Une voix murmure (car j'entends des voix, dans ma solitude : peut-être suis je réellement une sorcière) "" Puis j'affronte de nouveau la douleur, fronçant les yeux avec violence, et attendant de voir les trois personnages se transformer en traînées lumineuses, pulsations, tourbillons."
Le style est magnifique sec, précis voilà comment je pourrait le définir. les chapitre très courts. Très fort tout de même ce livre écrit par un homme, alors que c'est une femme qui est la narratrice et les ressentis sont très féminin. Un roman remarquable et la force de ce livre est d'une telle force qu'une voit refermé on a le sentiment d'être chaos. Sublime !

Livre lu par Papillon : "Chaque épisode a plusieurs versions à tel point que le lecteur finit par se demander ce qui est vrai et ce qui est faux. A-t-elle tout inventé pour meubler la vacuité et l'ennui de sa vie? Peu importe, il est inutile de chercher à comprendre, il faut simplement se laisser emporter par ce style puissant, fou et poétique." Je suis assez d'accord avec elle ainsi que Flo : "Ce discours mêle fantasmes et autres délires avec des remarques d'une très grande justesse. Le lecteur se laisse hypnotisé par Magda dont le caractère semble à la fois déterminé et complètement instable" critique sur les Rats de bibliothèque

vendredi 15 mai 2009

La Seconde Guerre Mondiale : littérature jeunesse

Clarabel évoque sur son blog un livre qui évoque la Seconde Guerre Mondiale et plus particulièrement de la Shoah. Je trouve que c'est une excellente idée, d'une grande intelligence de partage avec sa fille de 9 ans et de transmission. L'idée est excellente, car bien souvent et dans la plus part des cas les parents attendent tous des institutrices (les femmes sont en majorités), de l'école et c'est bien dommage. Mais il est certain qu'aborder le sujet, peut-être délicat auprès de jeunes enfants.
En ce qui me concerne moi personnellement dans le cadre de mon histoire familiale. Le sujet a été abordé par bribes, je sais que du côté maternelle mon grand père a été prisonnier de guerre. Pour la simple raison banale et complètement idiote, pour les allemands le nom de famille de mon grand-père (Gros) était un nom de famille juif. Donc il gardait un très mauvais souvenir de cet époque bien sûr, à la libération il a pris de nombreuses photos dans Paris. Photos bouleversantes car elles évoquent la Liberté. Ma grand-mère maternelle évoquait elle l'occupation agrémenté d'anecdotes. Et toujours du côté maternelle, un grand-oncle avec son fils furent résistant de la première heure en 1942 et déporté en camps je crois à Auschwitz. Ce fait j'en ai pris connaissance par hasard, on n'en parlait pas dans ma famille de résistance ou d'un regard envers la guerre. Du côté paternel rien aussi, qu'elle regard nos grands parents portaient sur cette guerre est-il l' indifférence, résistance, collaboration, antisémite, des justes que sais je ???? Même si aujourd'hui, nombreux sont les livres que se soient en littérature générale ou en jeunesse pour évoquer la Seconde Guerre Mondiale. C'est un sujet très récent on en parle pas assez c'est bien dommage ! Je travaille en milieu scolaire et je m'occupe de la bibliothèque et nombreux sont les livres autour de la Seconde Guerre Mondiale, que ce soient des albums, des romans, des documentaires.

Et personnellement comme je le disais plus haut je trouve le sujet délicat et je ne l'aborde pas. Pour une simple et bonne raison que le temps passé en bibliothèque doit être un temps plaisir et pas forcément d'instruction !
Mais l'année dernière en classe de CP (un peu jeune je trouve, surtout pour des enfants qui apprennent tout juste à lire), il y a deux institutrices qui sensibilisaient ses élèves avec le très beau livre de Tomi Ungerer : Otto. Un ouvrage remarquable car il aborde le sujet via un ours (le compagnon cher, symbole des enfants du monde entier). Et, dans parallèlement deux petites filles ont emprunté l'album de gallimard jeunesse autour d'Anne Franck ( j'en reparlerai dans un autre billet).

Voilà pour la petite introduction, maintenant je vous présente quelques ouvrages que j'ai lu principalement l'année dernière sur la sujet :

Dans les albums que je connais il y a la grande peur sous l'étoile de Jo Hoestlandt : (coup de cœur) MAGNIFIQUE





Dans les romans :



 Rouge braise

Rolande Causse
Gallimard Jeunesse - (Folio Junior)
Dounia 10 ans, en 1943, son le père est prisonnier de guerre et la mère soignée en Suisse - quitte Paris avec sa grand-mère pour s'installer à Saint-Léon, en Bourgogne. Là, elles ne craignent plus les bombardements, bien d'autres dangers sont présents.

Livre lu il y a un petit moment un livre fort, Rolande Causse est aussi l'auteur d'un remarquable ouvrage poétique autour des enfants d'Izieu.



Les enfants aussi
 juillet 1942
de Laurence Lefèvre et Liliane Korb

Hachette jeunesse, Coll. Livre de poche jeunesse -
Roman Historique - Récit souvenir d'enfance
Liliane Korb (elle est connu sous le nom de Claude Izner, elle écrit pour 10/18 les romans policiers historiques collection Grands Détectives) et Laurence Korb (Laurence Lefèvre pour l'écrivain) sont soeurs. Liliane a longtemps été chef monteuse de cinéma tandis que Laurence, après une licence d'archéologie, a publié deux romans pour adultes.
Durant juillet 1942 (la rafle du Vel 'd'Hiv à Paris), deux sœurs juives Tauba et Nana vivent à Paris sous l'occupation allemande. La vie n'est pas facile puisque tous lieux publics sont interdits aux juifs, il est obligatoire de porter l'étoile jaune. Leur grande passion est le cinéma, même si c'est interdit pour les juifs tant pis elles iront comme même sans leur étoile jaune. Elles s'échapperont à la grande rafle par la police française le 16,17 juillet 1942 qui a arrêté 12 884 Juifs. Le style est enlevé, ces deux jeunes filles continuent à vivre malgré la gravité de la guerre. J'ai énormément aimé ce livre le récit est prenant et les jeunes filles sont attachante un très beau récit très bien écrit.



La maison vide 


de Claude Gutman
Gallimard Jeunesse - (Folio Junior)


Une famille juive, à Paris, sous l'Occupation allemande. Le père, un émigré polonais, est émerveillé de se trouver en France, pays des libertés. Il refuse de croire au danger. Malgré tout, chaque soir, il envoie son fils David dormir chez des voisins. Ceci le sauvera le jour de la rafle du Vél' d'Hiv, quand il verra ses parents arrêtés et emmenés vers une destination inconnue... Envies de vengeance, haine, révolte, douleur : ce livre est un cri, celui d'un adolescent qui se sent coupable d'être vivant. Livre lu il y a un petit moment très bien



Paroles d'étoiles : Mémoires des enfants cachés. (1939 - 1945)

sous la dir. de Jean-Pierre Guéno. (coup de cœur) MAGNIFIQUE cet ouvrage d'une qualité exceptionnelle en ce qui concerne le témoignage de ces enfants cachés.Ces extraits de lettres, de journaux intimes et de récits autobiographiques sont authentiques, tendres et poignants ; ils illustrent notre mémoire collective et rendent à l'histoire sa dimension humaine. 72000 enfants
d'origine juive vivaient en France en 1939. Ils ont été jetés dans la guerre, marqués de l'étoile jaune, et souvent séparés de leurs parents... 12000 ont été éliminés. 60000 ont survécu : beaucoup parce qu'ils ont été cachés. A l'âge où ils n'auraient dû traverser que des petits chagrins d'enfance, il leur a fallu apprendre à ne pas exister. Ils ont enduré les heures les plus terribles de notre histoire. Leurs souvenirs sont souvent amers et douloureux ; ils peuvent être aussi réconfortants car certains ont trouvé un véritable amour auprès de ces " justes " qui les ont dissimulés en bravant tous les dangers. Les adultes d'aujourd'hui retrouvent toutes leurs émotions, celle qui avaient entre 1940 et 1944. Un témoignage prenant, pour que l'oubli ne submerge pas. Contre l'oubli. Une version pour tous " Paroles d'étoiles" et une version allégée pour les enfants les sensibiliser " les enfants du silence".
Il y a quelques années j'avais vu le film Paroles d'étoiles. Ce film m'avait ému et bouleversé, j'avais la gorge nouée. C'est un livre, un film un document de mémoire inoubliable.

 La valise d'Hana
LEVINE, Karine. -/ trad. par Catherine Danison. - Flammarion, 2002. (coup de cœur)


 MAGNIFIQUE Très fort un témoignage poignant vraiment.
C'est une valise on ne peut plus ordinaire. Elle est marron. Elle est grande. On pourrait y mettre beaucoup de choses. Mais aujourd'hui, elle est vide. Dessus il est écrit le nom d'une petite fille, Hana Brady ; une date de naissance, 16 mai 1931 ; et un mot, "orphelin". Cette valise vient du camp d'Auschwitz. Qui était Hana Brady ? Que lui est-il arrivé ? Ce livre présente la particularité d'alterner deux séries de chapitres. La première série rapporte la vie d'Hana, une fillette qui habite Nové Mesto, en Tchécoslovaquie. On nous présente ses activités, ses jeux et aussi ses révoltes quand les lois anti-juives commencent à la toucher. Hana a été déportée à Theresienstadt puis à Auschwitz où elle a été gazée. La seconde série se passe au Japon, en 2000 et retrace les recherches entreprises par Fumiko, directrice d'un petit musée, qui cherche à reconstruire le destin d'une petite fille du nom d'Hana Brady, dont elle a reçu la valise, en même temps que d'autres objets ayant appartenu à des enfants déportés. Elle en avait fait la demande au musée d'Auschwitz afin de donner du relief à l'histoire de la Shoah dans le petit musée de Tokyo dont elle a la charge. Ce livre est intéressant par le double parcours qu'il propose. On découvre les difficultés de la fillette à survivre et la ténacité de Fumiko dans sa volonté de faire revivre Hana, par tous les moyens. Le livre est illustré par les photos d'Hana et sa famille, par des objets ayant appartenu à la jeune fille. J'ai trouvé cet ouvrage étonnant le lien entre le Japon et l'Europe (la Tchécoslovaquie). C'est à travers ce texte que l'on se rencontre que cette guerre était mondiale. Elle a su toucher tout le monde. Lu par Allie

Voir ce site excellent sur cette thématique http://atoutlire.free.fr/bibliographies/guerre.htm

je vous recommande !

jeudi 14 mai 2009

P5C : FLORIAN ROCHAT : Cougar Corridor

Dans le Montana, un animal s'enfuit, sans un bruit, laissant le corps mort du jeune Phil Bardgett.
Michael Dupuis, quarante et un ans est
l'arrière petit fils d'un trappeur venu de Sologne qui avait épousé une adolescente de la tribu des Salish à la mission catholique du bas de la vallée. Un sang-mêlé.Comme les Leblanc, Ducharme, Morigeau, Gingras ou Roulier, autres aventuriers émigrés de France et dont les patronymes survivent aujourd'hui dans le nord-ouest du Montana." s'interroge. Les cougars (les lions de montagne) sont nombreux dans la région, et les espaces sauvages, condition de leur survie, disparaissent comme jadis les terres de ses ancêtres indiens...
ce drame conforte son amie Julie Bouchard, une écologiste, de vingt-deux ans française, dans son projet de créer des corridors pour éviter les interactions entre le prédateur et les humains...
Un sérieux bras de fer qui se joue entre promoteur et défenseur de la nature et du côté des cougars.
Dans un premier temps surtout quand j'ai vu la couverture, roman policier, je craignais ne pas accrocher. Dans un premier temps, j'ai été séduit par la plume de l'auteur, qui n'a rien d'exceptionnelle mais elle est agréable le livre se lit très bien. C'est un premier roman sympathique, détente, agréable il aère bien les grands espaces, la nature etc... Il a été écrit par un suisse passionné de la nature et il s'intéresse aux cougars. Personnellement, je ne connaissais pas du tout cet animal. Alors de ce côté ce fut une belle découverte. J'ai bien aimé, je dirai que j'ai été séduite surtout par la partie qui concerne les indiens." La philosophie de Henry l'oncle de Michael : être en harmonie avec la nature, sur la connaissance de soi. " Les anciennes coutumes, les vieilles légendes de ces peuples, qui comportent d'ailleurs des éléments communs à tous les Indiens. Le point fondamental, dans tout cela, c'est que l'identité des anciens était intimement liée aux paysages, conditionnaient étroitement leur existence." Pour moi ce livre est avant tout un roman d'aventure autour des grands espaces plutôt qu'un roman policier. Je trouve que l'appellation Polar pour ce livre ne convient pas du tout c'est très subjectif comme impression aussi donc. En tout cas mon impression générale après avoir passé quelques jours après la lecture, roman peu convaincant surtout la fin que j'ai trouvé bâclé. Malgré les qualités et le travail magnifique qui a été apporté pour faire exister une telle histoire, de ce faite c'est tout à l'honneur de l'auteur d'ailleurs.
Livre lu par blog superflu ,
Zonelivre et de la librairie Soleil Vert.
le site de Florian Rochat consacré aux cougars

lundi 11 mai 2009

Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray



Traduit par Waldimir Volkoff
Un grand classique de la littérature Anglo-saxone, en compagnie des dandies de l'époque victorienne. En ouverture, présentation des personnages, mise en place de la situation à venir, exactement comme pour une pièce de théâtre, Oscar Wilde est connu pas seulement pour ce roman mais pour aussi ses pièce de théâtre : "L'important est d'être constant", " le mari idéal ". Lord Henry Wotton rend visite à son ami peintre Basil Hallward, ensuite arrive le modèle le jeune Dorian. Et pour le peintre ce portrait est son chef-d'œuvre. Il est fasciné par son modèle" Une étrange sensation de terreur m'envahit. Je sus que j'étais en face de quelqu'un dont la personnalité seul était si fascinante que, si je le permettais, elle s'emparerait de toute ma nature. J'ai toujours été mon propre maître ; du moins je l'avais toujours été, jusqu'au jour où j'ai rencontré Dorian Grey."
Il est question du double, du tableau et de son modèle, réflexion sur la notion du temps qui tient une place importante dans ce roman. Réflexion sur le beau qu'est le beau ? Qu'est ce le laid ? Il est fortement question de cela dans tout le roman.
La beauté est une forme de génie pour Lord Henry. Il est un esthète, un libertin et un beau parleur, dont l'influence sera nocive sur le jeune Dorian.
" Ah ! quand vous l'aurez perdue, vous ne souriez plus ... Les gens disent quelquefois que la beauté n'est que superficielle. "" Le vrai mystère du monde, c'est le visible et non l'invisible ... " tombe amoureux d'une jeune actrice Sybil Vane. Cette rencontre sera un tournant dans sa vie, car c'est la première fois qu'il rencontre l'amour. Il souhaiterai se marier avec elle, car dans un premier temps, il est épris d'elle par romantisme, " L'amour compte plus que l'art" et il s'est trouvé subjugué par son image d'actrice qui joue, et non pour la vrais Sybil. Et là, Oscar Wilde via Lord Henry , nous donne une vision du mariage et des femmes qui est assez cruelle et misogyne, voir excessif !. "- Ne te marie pas tout court Dorian. Les homme se marient par fatigue ; les femme par curiosité ; les uns et les autres sont déçus."" C'est un sexe décoratif. Les femmes n'ont jamais rien à dire, mais elle le disent de façon charmante. "
Shakespeare est présent comme dans tous les bon romans classiques anglais qui se respectent. (Comme il vous plaira, la Tempête, Roméo et Juliette, Marchand de Venise, Le Roi Lear, Beaucoup de bruit pour rien, Conte d'hiver, Hamelet). La formation de comédienne de Sybil est celle que reçoit tout apprenti comédien c'est l'apprentissage des pièce de Shakespeare. C'est un livre sur le paraître, et l'image que l'on projette, Dorian Gray est un grand narcissique
Ce fameux tableaux détient un pouvoir étrange car il change avec le temps "Basil Hallward le jour où le tableau avait été achevé lui revint à l'esprit. Oui, il s'en souvenait parfaitement. Il avait exprimé un souhait insensé ; que lui-même restât jeune tandis que le portrait vieillirait ; que sa propre beauté demeurât sans tache, tandis que le visage sur la toile payerait le prix de ses passions et de ses péchés." L'importance du paraître est au centre du roman et sans moral et en profite ainsi, peu importe que ses actions soient bonnes ou mauvaises, puisque le portrait sera le seul à en souffrir.
L'Art et la musique tiennent une grande place , une très grande importance de l'esthétisme mondain de l'époque victorienne. Le grand thème du livre "la jeunesse éternelle" de ce point de vue ce roman d'Oscar Wilde est très fort, et toujours actualité ne pas vouloir, ne pas accepter de vieillir, faire un pacte avec le diable. Très beau passage à la fin p268/269 "comment tu as fait pour conserver ta jeunesse. Tu dois avoir un secret."pendant que Dorian joue un nocturne de Chopin pour Lord Henry Wotton . Le portrait de Dorian Gray c'est aussi une critique de son temps que fait Oscar Wilde de cette société victorienne, hypocrite.
En ce qui concerne l'écriture de ce roman est plus proche de ces pièces de théâtre que les contes et le fantôme de Canterville et autres histoires. C'est une écriture brillante, très agréable à lire, c'est un livre qui se lit très facilement, très agréablement je dois dire. Les dialogues sont brillants. Mais on retrouve les petites piques des Aphorismes et pour le plaisir je joints à mon billet quelques aphorismes.
" Le but de l'Art n'est pas seulement la vérité mais aussi la beauté dans toute sa complexité. L'Art n'est lui même qu'une forme d'exagération et la sélection qui l'esprit même de l'Art, n'est rien d'autre qu'un mode très intense de mise en valeur."
" Ce qui est vrais de l'art et vrais de la vie."
" J'aime les hommes qui ont un avenir et les femmes qui ont un passé."
"toute pensée est immorale. Son essence même est la destruction. Si nous pensons à quelque chose nous le tuons ; rien ne survit à la réflexion." "Tout art est immoral".
© Tableaux de JAMES ABBOTT McNEILL WHISTLER (1834-1903), American painter proche ami proche d'Oscar Wilde

Livre reçu par Wictoria dans le cadre du swap Victorien - Livre lu par Lilly, Comme le dit très bien Nane un livre d'une grande richesse pour bien le comprendre il faudrait le lire une deuxième fois ! De plus sont billet concernant ce livre est pertinent, en un mot excellent ;-) Papillon la lu aussi.
Parallèlement j'ai vu en DVD l'adaptation est excellente de Albert Lewin


jeudi 7 mai 2009

GILLES D. PEREZ : Le goût des abricots secs

C'est un livre que j'avais repéré, il y a un moment via Clarabel.
Puis, j'avais entendu sur France Culture dans l'émission Jeu d'épreuve une critique. Il faut dire qu'il est question de musique de piano plus particulièrement d'ambiance intimiste et feutrée donc tout pour me séduire. Voilà, grâce au Biblioblog et leur prix magique, j'ai pu me procurer cet ouvrage grâce à Antigone.
L'intérêt de ce livre et son grand point fort est la musique de Schumann et plus précisément de ce compositeur Scènes d'enfant. Le temps tient sa place aussi le passé et le présent.
Deux hommes se retrouvent seul dans cet immeuble délabré.
"La résidence est devenue une immense caisse de résonance. Chacun de nous veille sur ses fantômes. La tâche est infinie. Mais chacun de nous, peut-être, aura sauvé quelque chose..."
La femme du vieil homme était pianiste. " Vous savez, je n'y connais pas grand-chose, c'est grâce à ma femme que la musique est entrée dans ma vie - et son visage, à cet instant précis, c'était illuminé d'une joie pure, la joie de la musique qui entrait à nouveau dans sa vie, plus 'un demi-siècle plus tard- alors je m'étais procuré un enregistrement des Scènes d'enfant, dans l'interprétation d'Argerich."
Il a perdu sa femme il a du mal à s'en remettre. L'autre homme qui habite cette résidence à lui aussi perdu sa femme Véra. Et le lien qui le réunit à celle-ci ce sont des photographies du passé.

C'est un premier roman remplit de souvenirs d'ambiance musicale des jours pluvieux. Ces hommes sont comme des fantômes, à la lecture on ne distinct pas très bien leurs silhouettes. C'est certain que ce n'est pas une lecture qui restera mais la force de ce livre c'est sa plume délicate et toute en finesse. Mon avis concernant cette lecture est mitigé, pendant ma lecture j'ai apprécié puis en refermant le livre j'ai trouvé que ce livre était bien étrange ma fois. Il se dégage une grande tristesse, un livre pas très gai en somme.

mercredi 6 mai 2009

BESSORA : 53 CM

J'avais lu d'elle, il y a un temps, c'est à dire bien avant la création de mon blog. Donc cela remonte à pas mal d'année " Deux bébés et l'addition".
J'avais bien aimé le ton un peu déjanté, de maltraité la langue, et j'en garde un bon souvenir d'ailleurs de ce livre.
Et, grâce à Praline lors d'un Diner Livres Echanges, j'ai récupéré ce livre 53 cm.
Zara, jeune métisse, vit à Paris. Elle souhaite obtenir une carte de séjour et une situation régulière pour elle et sa fille Marie, âgée de huit ans. Elle souhaite effectuer des études anthropologie. Comme dans tout les 1er roman ou presque une grande part
autobiographique. Le métissage, elle connait bien Bessora alias Zara né d'une mère suisse et d'un père gabonais.
"Dans Bruxelles enneigée, mon père, Noir teint en noir pour cacher ses cheveux blancs, court à l'état civil, pour témoigner de mon existence : monsieur mon père honore mon poids de naissance (2,3 kg) en me nommant Zara : Celle qui est maigre aux fesses. Zara ..."
Il émane de ce texte mordant et dont l'écriture fait penser légèrement à Raymond Quenau. Un premier roman, courageux et original de faire swinguer la langue française, la malaxer je dirai aussi mais cela ne tient pas trop la route, je trouve c'est un avis très personnel il se peut que je sois passée à côté de certaine chose. Où tout simplement que j'ai pas su décoder, su lire entre les lignes, ou tout simplement pas été séduit par son humour noir (jeune de mot puisqu'elle est noire métisse plus exactement) cela arrive aussi. Mais si on aime des auteurs qui jouent avec la langue française, Bessora est un auteur qu'il faut lire, un incontournable . J'ai personnellement préféré Deux bébés et l'addition.

dimanche 3 mai 2009

RAYMOND QUENEAU : Zazie dans le métro


Un grand Classique, d'une grandeur fraîcheur, d'espièglerie paru en 1959.
Zazie une enfant de douze ans, provinciale est confiée à son oncle Gabriel. Il doit être l'ange gardien de Zazie. Pendant son séjour à Paris elle a une obsession c'est le métro mais malheureusement il est en grêve. C 'est un roman d'initiation, Zazie est une Alice des temps modernes. Clin d'œil à Lewis Carroll en ce qui concerne le non sens. Référence à l'odyssée puisque la fillette fait un voyage épique à Paris, toutes les aventures qu'elle rencontre transformera l'enfant qu'elle est. Quand elle rentrera chez elle, elle aura vieilli, muri aussi.
Un régal en ce qui concerne l'écriture, le travail sur le langage est remarquable : les jeux de mots si cher à Queneau, le langage populaire, l'argot du paris qui a disparut, les calembours, les mots-valises . J'adore, toute la force du livre est là cela se traduit par un rendu dynamique.J'aime beaucoup le début, le regard de Zazie sur la vie, l'envie qu'elle a de dévoré la ville pendant que son oncle dort. La visite de la Tour Eiffel est un joli moment, les questions naïves qu'elle pose à Charles (l'ami de Gabriel et chauffeur de taxi).
Une lecture plaisante très agréable vive enjouée. De Raymond Queneau , j'ai lu en ce début d'année Exercice de Style. J'avais adoré quelle richesse sur le langage, c'est époustouflant. Et, à travers son univers c'est que l'on s'aperçoit de la pauvreté de l'écriture dans bien des romans contemporains et en particulier dans la production française. C'est un avis qui n'engage que moi bien sûr !
J'ai qu'une envie de continué de découvrir son univers merveilleux ;-)

Quelques extraits :
1 er p22/23 : le métier pour plus tard, l'avenir vu par Zazie
- Oui dit Zazie, je veux être institutrice. - Ce n'ai pas un mauvais métier, dit doucement Marceline. Y a la retraite.Elle ajouta ça automatiquement parce qu'elle connaissait bien la langue française. - Retraite mon cul, dit Zazie. Moi c'est pas pour la retraite que je veux être institutrice. - Non bien sûr, dit Gabrie, on s'endoute. - Alors c'est pourquoi ? demande Zazie. - Tu vas nous espliquer ça. - Tu trouverais pas tout seul, hein ? - Elle est quand même fortiche la jeunesse d'aujourd'hui dit Gabriel à Marceline. Et à Zazie : - Alors ? pourquoi que tu veux l'être institutrice ? - Pour faire chier les mômes, répondit Zazie.
2ème p86/87 : l'âge comment Zazie perçoit l'âge des grandes personnes
Quel âge que vous avez ?
- Quel âge tu me donnes ?
- Bin, vzêtes pas jeune : trente ans.
-Et quinze de mieux.
- Bin alors vzavez pas l'air trop vieux. Et tonton Gabriel ?
- Trente deux.
- Bin, lui, il paraît plus
- Lui dit pas surtout, ça le ferait pleurer.
Gabriel le tonton de Zazie est hormosessuel signifie (p. 87), cela la travaille la petite ZazieQu’il se mette du parfum « Qu’est-ce que c’est au juste qu’une tante ? […] Une pédale ? une lope ? un pédé ? un hormosessuel ? Y a des nuances ? » (p. 131) de son oncle qui est danseur de charme au Mont de piété. C'est un roman qui pose la question de l'identité aussi, un roman riche en clin d'œil littéraire. Puis une fois le livre refermé le "mon cul" de Zazie et "Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire"dit le perroquet Laverdure, résonnent dans ma tête et je pense pour un moment !


Revue le film un régal magnifique de fraîcheur, d'inventions remarquables. Film très réussit c'est d'ailleurs devenu un classique du cinéma français. Mon avis sur ce film serait le même que pour le livre de Raymond Quenau. Un film avec beaucoup d'invention, d'imagination que l'on retrouve plus tellement dans le cinéma actuellement. Raymond Queneau est un grand dialoguiste comme Louis Malle est un grand réalisateur.
Zazie est jouée par Catherine Demongeot, drôle, attachante, elle a une bouille remplit de malice. Louis Malle a voulu traduire les jeux de langage, trouver l'équivalence par des l'images : ralenti, accéléré, jouer sur le visuel référence à la typographie, aux cartoons, les faux raccords etc.. .
Le grand photographe William Klein, (conseillé artistique) a l'habitude d'utiliser des courtes focales qui déforme les visages, l'importance de l'identité visuelle pour coller à l'univers de Raymond Queneau, le graphisme (le passage de la Tour Eiffel est un exemple remarquable), la typographie est très présent dans le film.
La grande force du film est selon moi dans le côté naturel ce film est un documentaire presque sur le Paris d'une époque début des années soixante. Mais tous les gags, les effets font aussi donne un aspect du film irréel.
Il est exact, voir naturel de faire un rapprochement entre ce film et l'univers de Tati : Mon oncle par exemple.
Ce qui me plait dans le livre et dans le film c'est le souffle de liberté , de ton, c'est prodigieux , je trouve !

samedi 2 mai 2009

MALIKA FERDJOUKH et CHARLES POLLAK : Taille 42

Édition l'école des Loisirs collection Médium destinée aux adolescents mais aussi aux adultes.
Charles Pollak a transmis son récit, qui est un témoignage de la mémoire d'une page de l'histoire de france et Malika Ferdjoukh n'a fait que de retranscrire.

L'histoire de Charles Pollak se déroule durant la seconde guerre mondiale. Sa famille est originaire de Hongrie. Pays qu'elle fuit pour aller se réfugier à Paris, à Montmartre. Durant les années 40, une importante communauté hongroise habitait Paris.
Son père est tailleur et il est très pieux aussi. La religion tient une grande place dans cette famille juive.
Le père Eugène doit accepter un travail dans un village en Baie de Somme dans un premier temps il part seul puis le rejoint sa femme et pour finir les enfants.
A travers ce récit, on découvre l'absurdité de la vie, de l'histoire, Eugène Pollak parle très bien allemand.

" Mon père venait de Hongrie, un pays qui avait fait partie du grand Empire austro-hongrois, où l'on parlait et enseignait à tous les écoliers l'allemand très pur de Vienne. Mon père, par un de ces retournement incroyables et absurdes de l'Histoire, avait même été enrôlé comme soldat en 1914, dans ... l'armée d'Autriche -Hongrie"

Ce n'est pas un récit ennuyeux, mais très vivant un magnifique devoir de mémoire, passionnant et très enrichissant concernant les mœurs juives, entre autre et sur une époque.

vendredi 1 mai 2009

CARLOS FUENTES : L'instinct d'Inez


Cette fois ci c'est le grand auteur mexicain Carlos Fuentes qui est à l'honneur dans le cadre de la lecture commune de la blogoclub.
L'histoire me semblait intéressante mais bon je n'ai pas accroché du tout.
Et bien ce livre est une grosse déception. Le livre m'est vite tombé des mains (au sens propre comme au figuré), dommage ! Je ne suis pas arrivée à entrer dans le livre. La raison c'est vraiment le style de Carlos Fuentes que je trouve assez grossier et qu'il manque terriblement d'élégance, de finesse. Il évoque la musique, la structure du livre devrait être musicale. Déception parce que Carlos Fuentes est une grosse pointure concernant la littérature de l'Amérique Latine, c'est un écrivain de référence, me semble t-il ?
Je m'attendais que son style soit plus romanesque. Enfin à tout autre chose ! Peut-être qu'un jour je réessayerai Carlos Fuentes pour me faire une idée concernant son écriture (à laquelle je n'ai pas accroché dans celui là ! et à son univers )

Il manque selon moi l'ambiance mystique et étrange de Pédro Paramo de Juan Rulfo et la sensualité d'Alberto Ruy-Sanchez 9 fois 9 chose que l'on dit à Mogador. Mais cela est très personnel !

Bon heureusement Lou a appréciè ce livre qui ma laissé de marbre !
Voir chez Sylire et Lisa pour les autres avis.