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mardi 31 mars 2009

JEAN-PHILIPPE ARROU-VIGNOD : Une famille aux petits oignons

Histoire des Jean-Quelque-Chose
illustré par Dominique Corbasson. Cet ouvrage rassemble en fait trois histoires déjà publiées séparément, L'omette au sucre, Le camembert volant et La soupe de poissons rouges (Folio Junior)Elles sont complétées par une quatrième histoire, Des vacances en chocolat. C'est bien connu Gallimard Jeunesse aime associé le vieux avec le neuf donc cette idée de recueil est une merveille pour ceux et celle qui connaisse pas du tout cette famille des Jean-Quelque-Chose.

L'histoire de cette famille se passe dans l'omelette au sucre à Cherbourg. Il sont cinq enfants à s'appeler Jean quelque chose : Jean A, Jean B, Jean C, Jean D, Jean E. Et, leur maman dans l'omelette au sucre attend le sixième et ce sera un garçon nommé Jean F.
C'est drôle, c'est vivifiant, une lecture charmante agréable.
Mon neveu Jules 8 ans adore. Pour ma part je trouve que c'est en effet une lecture très jouissive on prend un réel plaisir à la lecture. Il y a des passages très drôle cocasse. Nous sommes dans la même lignée du Petit Nicolas. Par contre c'est un cran en dessous, et le défaut c'est que c'est un peu désuet au niveau de l'écriture. Mais bon il ne faut pas bouder son plaisir de partage entre l'adulte et l'enfant parce que ce livre se prête de manière géniale. Un livre qui nous rappel notre enfance et le bon temps des bons et des mauvais moments !
Livre lu par Clarabel

dimanche 29 mars 2009

P5C : MICHEL LECLERC : La fille du Prado


Rosa Maria Flores vit à Madrid avec sa meilleure amie Flora Onega. Elle visite le Prado et la voilà sous le charme envoûté par le tableau le plus célèbre de Vélasquez les Ménines.
"C'était une toile de vaste dimension, "deux fois ma hauteur", pensa Rosa Maria avec une certaine exagération. Au premier plan du tableau, son regard fut d'abord attiré par le triangle chatoyant d'une fillette aux cheveux argentés qui semblait dévisager de biais un spectateur invisible situé au-delà du cadre délimitant la scène. Agenouillée à ses côtés, dans une attitude de sollicitude dévote, une jeune fille tenait dans une main, sur une coupelle d'argent, une petite amphore à col étroit, sans doute remplie d'eau et manifestement destinée l'enfant. Postée à l'extrême droite de la scène, une naine grassouillette et un brin austère jetait une ombre vive sur un gros chien à la face renfrognée."
Ce tableaux est un chef d'œuvre de la peinture par sa richesse sa profondeur son premier plan et le second plan le tableau dans le tableau. Il me semble que toute l'Espagne est représenté dans cet immense tableau.
Il est vrais que ce tableaux est extraordinaire, époustouflant, en tant que lectrice je comprends tout à fait Rosa Maria Flores. Elle est complètement envoûté par ce tableau qui lui donne des migraines impossible.
Une grande rétrospective de Diego Vélasquez a lieu le 23 janvier 1990 auquel le peintre Francis Bacon ne veut absolument pas râter sous aucun prétexte. Car Velasquez a joué une grande influence dans sa peinture tout comme Picasso ou Rembrandt. Francis Bacon et Rosa Maria Flores vont se rencontrer et entrer en lien grâce à ce tableaux fascinant pour tous les deux. Cette obsession pour Rosa Maria sera pour elle une occasion d'une initiation à la peinture.

Le sujet choisit par Michel Leclerc pour ma part je le trouve audacieux.

L'étude autour de ce tableaux par Michel Leclerc est vraiment intéressante, je comprends parfaitement que l'on soit fasciné par un tel tableaux. Le philosophe Michel Foucault était lui aussi appréciait ce tableaux et il en a fait une analyse dans son ouvrage les mots et les choses "il a décrit de façon géniale le tableau de Vélasquez." Par contre je trouve que c'est dommage car le style de ce roman est trop classique. Il manque un petit quelque chose pour que le lecteur soit comme saisit, captivé par cette histoire. Il manque tout bonnement une écriture c'est là où se trouve selon moi le défaut du livre, mais tout cela est très subjectif et personnel. Puis j'ai trouvé que la rencontre entre Rosa et Bacon n'était pas crédible. La fin un peu curieuse proche par un certain côté à un conte de fée.

Livre lu par Dominique Blondeau
Un livre qui donne envie de mieux connaître les peintres Vélasquez et Bacon et de lire le livre d'Alain Absire à l'occasion Deux personnages sur un lit avec témoin.

vendredi 27 mars 2009

MAISSA BEY deux ouvrages


coeur_022Surtout ne te retourne pas

Dans ce roman, nous faisons la connaissance d'une jeune femme Amina, elle décide de fuir, c'est très mal vue, d'échappé à ce mariage qu'elle ne veut pas entendre parler. Puis il y a ce terrible tremblement de terre, tout s'écroule, remise en question. Dada Aïcha recueille Amina ainsi que Nadia et Mourad dont elle devient officiellement la grand-mère. Amina ne se souvient plus qui elle, de son prénom, de son identité tout simplement. C'est une famille recomposée dans l’urgence et la détresse après la perte de tous les repères. De beaux portraits de femmes. J'ai aimé la place importante que Maïssa Bey donne aux livres, il en était de même dans le très beau Bleu, Blanc, Vert. Pourquoi, la raison est simple je pense et je suis certaine que les livres sont précieux pour transmettre le savoir, ils ne s'adressent pas seulement aux intellectuels, aux personnes cultivées mais aussi et plus particulièrement au plus démunis. Donc, je trouve le geste sublime de la part de Dadda Aïcha, femme illettrée en plus, qui fera tout pour Nadia. "Tous les livres qu'elle peut trouver quand elle va à la recherche de quelque objet qui pourrait servir et surtout embellir les lieux où nous vivons. Comme elle ne sait pas lire, elle ramène ce qui lui semble correspondre à l'idée quelle se fait de La Science." autre exemple qui m'a marqué et qui marque l'importance du livre aussi, c'est l'histoire de Khadija la coiffeuse dont le salon de coiffure s'appelait " Le jardin parfumé". Khadija avait donné ce nom en toute innocence. "Ni elle ni son amie ne pouvaient savoir que c'est un titre d'un traité d'érotologie écrit au XIXe siècle par un certain Cheikh Nefzaoui, écrivain persan. Un ouvrage remarquablement documenté, au contenu d'un érotisme torride. Pornographique pour certains. Quand elle l'a appris, il était trop tard pour changer d'enseigne." Ce tremblement de terre fut un chaos pour Amina dans sa tête pour tous avec les nombreux si. " Toutes commence par le même mot : si.si je n'avais pas été appelé(e) au téléphone, si je n'avais pas eu besoin de pain pour le dîner, si j'avais pris le bus quelques minutes avant, si je n'avais pas décidé d'aller rendre visite à ma mère, etc ..." Elle ne se souvient plus de rien elle vit dans l'identité que lui a donné comme un cadeau Dadda Aïcha avec ce nouveau prénom Wahida. Puis un jour une femme reconnaît Wahida/Amina comme sa fille. Est t-elle vraiment sa fille ? L'importance, la quête de l'identité est au centre de ce roman. Nous suivons Amina dans cette quête nous serons à la fin du roman qui elle est. La quête se fait d'abord en premier lieu par des questions essentiels " La première fois , quand elle m'a demandé si ma grand-mère me racontait elle aussi des histoires, j'ai eu l'impression qu'un grand vide s'ouvrait en moi et m'aspirait. "" Dadda Aïcha est persuadée que l'essentiel est de ma nommer. De m'aider à retrouver mon identité première"
L'entraide des femmes, ces femmes fortes qui se prennent en main face à une situation difficile, face à la vie qui ne les sourie pas. Je suis assez admirative par leurs forces.
Une écriture magnifique engagée, elle donne un ton assez lourd et douloureux qui s'harmonise avec le contenu.Beaucoup d'émotion forte, très forte se dégage de ce livre, c'est assez brûlant même je trouve. J'aime retrouvé ce style, ses phrases courtes qui fusent, ce travail sur la langue, très intéressant. Dès la première phrase, le lecteur suit le ressenti de la narratrice affirmé, révolté souligné par le "Je" . "Je marche dans les rues de la ville. J'avance, précédée ou suivie, je ne sais pas, je ne sais pas, mais quelle importance, suivie ou précédée d'un épais nuage de poussière et de cendres intimement mêlées." Puis le "elle" l'autre puis en italique souligne la voix intérieur de la narratrice toujours en italique les "ma"possessifs insistant qui revient plusieurs fois de la narratrice Amina. "Ma chambre." Mes vêtements. " Je trouve de nombreux point communs entre Valentine Goby et Maïssa Bey, en ce qui concerne l'écriture mais aussi dans le féminisme. Deux écrivaines qui savent parler des femmes de façon différente mais avec tact et intelligence.
Ce livre j'ai adoré, j'ai vraiment aimé comment Maïssa Bey nous évoque ce drame. Livre lu par Sylire et je suis d'accord avec elle un auteur à lire à découvrir.


Pierre Sang
Papier ou Cendre

Par contre ce livre à l'inverse, il ma terriblement déçu. J'explique pourquoi. Premièrement ce n'est pas un roman, mais plutôt un récit anticolonialisme.Et ce qui me dérange et le ton employé par Maïssa Bey que je trouve un tantinet agressif, car elle pointe la France qui est un personnage Madame Lafrance .Personnellement, je pense que sûrement la colonisation a fait du tord à un pays. Je pense qu'il faut savoir nuancé, le problème n'est pas tout blanc ni tout noir. Bien sûr, il est de bon ton de dire du mal du colonialisme ! Je trouve cela ma foi dommage car j'avais trouvé plus fin et plus réussit son roman Bleu Blanc Vert. Car à travers l'histoire personnel d'un couple se mariait l'histoire d'un pays. Tant pis ! Cela ne m'empêche pas d'admirer le travail d'écrivaine de Maïssa Bey et de la lire ;-) Livre lu dans le cadre de la présélection du Prix des 5 Continents.

De Maïssa Bey j'ai lu Bleu Blanc Vert, entendez vous dans les montagnes

mercredi 25 mars 2009

Oscar Wilde : Le Prince Heureux , le géant égoïste et autres Contes



Traduit par Léo Lack
Les illustrations sont signées Etienne Delessert

- Le Prince heureux est une statue au centre de la ville, avec des yeux en rubis et couvert de feuille d'or. Une histoire d'amitié entre une statue et une hirondelle. Le prince observe la ville et veille sur elle à sa façon. Ce Prince est remplit de bonté de générosité grâce à la complicité entre lui et l'oiseau.
Un conte très touchant et superbe.
- Le Rossignol et la Rose : c'est ma nouvelle préférée je la trouve magnifique, un jeune étudiant recherche une rose rouge pour séduire une jeune fille. Mais il a un mal fou à en trouver une. La jeune fille le méprise et elle est cruelle avec lui.
- Le Géant égoïste. Il a un jardin sublime d'arbre et riche en fleurs, les enfants adorent jouer dans son jardin c'est un bonheur pour eux. Le géant ne veut pas que les enfants jouent dans son jardin. Alors, commence l'hiver...et pour que le printemps arrive le géant doit être plus généreux et accepté la venue des enfants. " C'est votre jardin, maintenant, petits enfants", dit le Géant, et il prit une grande hache et fit tomber le mur. Et quand tous les gens allèrent au marché à midi, ils virent le Géant en train de jouer avec les enfants dans le plus beau jardin qu'ils eussent jamais vu."
Une jolie histoire sur les thèmes du partage et du bonheur, accessible aux plus petits.
- L'Ami dévoué : fable sur l'amitié entre Hans et le meunier, la générosité c'est bien mais c'est important l'échange. Je suis bien d'accord avec cette fable, je la trouve très forte et remarquablement juste. Je m'y suis reconnue aussi, trop bonne trop conne (comme disait une amie du lycée et cela je ne l'ai pas oublié, c'est vrais malheureusement !)
- La fusée remarquable : les grands thèmes qui se dégagent c'est la générosité, pensée aux autres et ne pas être égoïste, orgueil. Ce conte ne m'a pas tellement touché. Les saisons jouent un rôle capitales dans ces nouvelles.
Les thèmes de ces contes ou fables sont l'amitié, l'attention porté à l'autre. Même si ce sont des contes sont assez dur et cruels. Pour ma part j'ai aimé le style l'écriture d' Oscar Wilde que je trouve mordante envers la société de son époque, mais très actuel indémodable ! En réfléchissant bien je voie un rapprochement avec les Fables de la Fontaine car dans ces contes il y a une morale. J'ai trouvé que ma lecture était laborieuse, même si le sujet, le message est très fort.

Voir le site Oscar Wilde ici en anglais magnifique. Livre lu par Nane,Lilly, Praline

Aparté je trouve ces fables plutôt que des contes assez difficiles pour un jeune public me semble t-il ? Surtout si elles ne sont pas étudiée en classe, tout dépend de la manière abordée aussi. Dimanche j'ai vu un de mes neveux (11 onze ans c'est à dire l'âge pour aborder ces nouvelles) et je voulais savoir son avis, donc je lui pose la question de savoir si il avait lu les contes d'Oscar Wilde. Et mon frère lui lance l'avis suivant sur Oscar Wilde à son fils cela devrait te plaire car ça ressemble à Roald Dalh. Moi je dis pas du tout mais bon apparemment j'avais tord ! Est ce que je me trompe !

mardi 24 mars 2009

PAARDEKOOPER : La triste histoire d'Elvira Madigan

& du lieutenant Sixten Sparre
Traduit par Anne-Charlotte Struve

coeur_022Un grand merci à Holly ( c'est joliment dit de sa part :"fait d'hiver" (ou de printemps, du printemps de l'humanité" c'est exact) qui m'a donné envie de lire ce livre magnifique !
Splendide ! le Romantisme avec un R majuscule est au rendez-vous, une symphonie de sentiments et de passion, c'est aussi un hymne à l’amour.
L'auteur Paardekooper , nous parle de ses deux amants, Elvira et Sixten le style est narratif. Il est au plus près d'eux comme s'il avait un microscope au plus près de leur intimité. C'est un livre brûlant d'émotions, divisé en trois parties . Le présent tient une place très importante, vivre de façon intense le moment présent la vie est trop courte voici le message que nous transmet Elvira et Sixten.
Le lieutenant Sixten Sparre appartient à une riche famille de l’aristocratie suédoise. Âgé de trente-quatre ans, il est marié et père de deux enfants.
Il est aussi poète et critique de spectacles. Un jour, il assiste à une représentation de cirque et tombe amoureux de la belle Elvira Madigan, une funambule gracieuse et belle à couper le souffle. "Vingt et un ans elle avait attendu, avant d'embrasser un homme sur le corps. Vingt et un ans, avant de renverser la tête en arrière et de voir l'autre ciel". Sixten est un déserteur, il est recherché par la police et Elvira est une fille perdue reniée par sa famille. S’ensuit alors une fuite éperdue dans toute la Suède et ensuite au Danemark. Le couple vit dans un rêve amoureux passionné jusqu’à ce que la réalité finisse par les rattraper… le 24 juillet 1889."Elvira avait des raisons de nourrir. Elle avait choisi l'amour. Elle aimait Sixten. Elle aimait ses yeux brillant du premier rang au cirque. Ses poèmes et son rêve de liberté, couronné de feuilles."
Je vois Elvira comme une poupée de porcelaine et son destin sera sans issu comme brisé, cassé. En même temps elle est vivante au-delà de la mort. J'aime beaucoup tous les passages où il est question du cirque.
" Elle n'était pas descendue sur terre mais planait encore dans l'air. Une funambule sans fil. Une étoile sans firmament.""Elle ignorait pourquoi elle pensait à son ombrelle, son ombrelle de cirque, son costume , sa protection contre le public."
Ce livre est un vrais bijoux de délicatesse à fleur de peau, une sensualité pure. Le lecteur est comme happé, envoûté par cette histoire passionnelle d'une grande puissance en émotion, les larmes montent aux yeux. Ce n'est pas triste puisque le suicide est un échappatoire c'est tout simplement fiévreux et brûlant. "La plus part des gens autour de nous sont morts" dit Holly tout à fait à . "Mais la mort était-elle noire ou pas ? Même en rêve, il ne pouvait s'imaginer une couleur noire au point de ne plus être. Il se redressait dans le lit et tentait de s'imaginer un temps non existant, un temps réduit à rien." Le suicide est un acte romantique par excellence et cela me permet d'effectuer un renvoi à Kleist et le romantisme allemand . Il se suicide dans l'Île aux Paons (Pfaueninsel en allemand) sur le lac de Wannsee, près de Potsdam avec sa compagne Henriette Vogel, atteinte d'un cancer : il lui tire une balle de pistolet puis se tue (en 1811).
Je ne connaissais absolument pas ce personnage romantique Elvira et cette histoire, pas idem en ce qui concerne le film et ainsi que l'intitulé du concerto de Mozart (célèbre mais j'ignorai le lien avec ElviraMadigan)
En 1967, Bo Widerberg tournera à partir de leur histoire un de ses plus beaux films en utilisant comme musique un concerto de Mozart, le numéro 21 en do majeur, désormais appelé «concerto Elvira Madigan» par tous les musiciens du monde. D'ailleurs vous pouvez voir des captures du film sur les Roses de décembre.

Livre lu par Michel : le Serial Lecteur

samedi 21 mars 2009

MILENA AGUS : Mal de pierres

traduit par Dominique Vittoz

Je découvre ce livre grâce à sa sortie en poche. Lors de sa sortie je n'ai pas lu et suivi les discussions et l'engouement à propos de ce livre. Je savais juste qu'il se passait en Sardaigne. C'est l'histoire d'une grand-mère, en Sardaigne après guerre dans les années 50. Elle s'est marié en 1943, elle a du mal à avoir un enfant.
Elle souffre de colique néphrétiques, en 1950, elle suit une cure. Elle rencontre le Rescapé .... et je m'arrête là concernant l'histoire.
C'est un petit roman familial, les secrets de famille, la douleur, la transmission.
J'aime beaucoup ce passage qui est merveilleusement illustré par la couverture du livre."Le dimanche,quant les autres filles allaient à la messe ou se promenaient sur la grande-route au bras de leurs fiancés, grand-mère relevait en chignon ses cheveux toujours noirs et abondants ".

J'ai trouvé que c'était une jolie histoire un bel hommage aux grands parents maternels et paternels, je pense que c'est pour cela que ce livre à rencontrer un succès public et critique, en un mot un engouement général.
Mon avis est le suivant j'ai trouvé que la construction du livre est un peu confus. Mais j'ai mieux aimé ce livre que le secret de Philippe Grimbert puisqu'il est question de secrets de famille dans le mal de pierres. En lisant ce livre , j'ai fait un rapprochement avec un autre roman que j'ai lu l'année dernière, où il était question de famille c'est Les Cahiers Mendel de Roland de Muralt pour la poésie, la sensualité l'écriture subtil qui ce dégage de ce roman mais cela reste bien sûr subjectif ! J'ai aimé le style la musique fine qui se détache de ce roman où justement il est question de musique. Puisque les parents de la narratrice son musicien la mère flutiste et le père pianiste. Pour conclure, j'ai trouvé que c'était un petit livre sympathique, dans la même tonalité : il y avait la joueuse d'échec. Dans l'édition du livre de poche, il souligne que Nicole Garcia a acheté les droits de ce livre pour le cinéma.
Livre lu par Anne-Sophie, Clarabel, Lune de pluie,
Cuné, Gachucha, Laure et Papillon ont été exaltées, Gambadou, Lilly , Philippe et Sylire aussi, mais un tout petit peu moins. Anne

vendredi 20 mars 2009

JUAN RULFO : Pedro Paramo

La première fois que j'ai entendu parler de ce livre c'est dans Magnus de Sylvie Germain. Et de ce faite j'ai envie de revenir sur ce livre en introduction.
Pedro Paramo comme Magnus/Adam sont des livres sur la mémoire, à la recherche du père et aller vers ses fantômes, les interroger et les rencontrer aussi. Magnus est doué pour les langues, il est attiré par l'espagnol, il part au Mexique pour cinq semaine. Il rentre un couple qui lui fait découvrir Pedro Páramo, ce livre résonne en lui. "Puisque vous avez lu le roman, vous savez que Juan Preciado en fait est déjà mort quand l'histoire commence. Eh bien, moi aussi j'étais mort, à ma manière. Adam Schmalker était un leurre, il est normal qu'il se soit écroulé au bord d'un talus, dissipé par le soleil. Cela n'avait que trop duré."

Traduit de l’espagnol par Gabriel Iaculli

Le roman de Juan Rulfo raconte l'histoire de Pedro Páramo, sous forme fragmentaire et sans suivre l'ordre chronologique surtout au début du roman. Il est question de fragments aussi dans Magnus c'est pour cela qu'il est bien de les rapprocher les deux livres.
Juan Preciado vient de perdre sa mère Doloritas. Il décide d’aller à Comala voir son père Pedro Paramo. Voilà, le point de départ embarque le lecteur vers Comala. “qu’est-ce qui est arrivé à ce village ; il a l’air aussi désert que s’il était abandonné. On dirait que personne n’y habite.”
La première personne qu'il rencontre Abundio, un muletier, lui dit qu'il est aussi le fils de PedroParamo, et cela le déstabilise Juan Preciado. Car lui n'a jamais connu son père. Dans le village natal de sa mère, il va être confronté à un paysage aride et sans vie. Il rencontrera des hommes et des femmes qui sont des fantômes, des morts vivants en quelques sortent, étranges et insolites pour nous européens. Pour les mexicains le culte de la mort est un culte de la vie, les deux sont liés, cela se ressent fortement tout au long de sa lecture. La religion catholique tient une grande place dans ce roman et en particulier dans la culture mexicaine, et un des personnages principaux est un curé le père Rentería. Qui était Pedro Paramo ? Et bien, il était un tyran et il a volontairement laissé mourir le village, c'est pour cela que Juan est étonné sa mère lui avait décrit le village de Comala comme étant un lieu lumineux et chaleureux.
L' ambiance lourde se ressent à la lecture de ce livre. Elle est traduite par le motif de la pluie : tristesse, chagrin. Le sentiment de solitude est très fort aussi le désert, le manque de communication réel. Le mystère plane aussi dans cet univers noir, ce voyage avec les morts le cris des oiseaux en particulier des corbeaux. C'est un ouvrage polyphonique funèbre hanté par des ombres, des voix . Après ma lecture j'ai trouvé que ce livre avait un gout de cendre dans ma bouche à cause du climat,une ambiance surréaliste, floue comme dans un rêve loin du réel, les thèmes de la folie de la peur sont présents, et tiennent une place forte dans ce roman. Durant ma lecture je visualisait ce roman en noir et blanc en pensant aux films de Luis Bunuel.

Ce roman est publié en 1955, c'est un grand classique de la littérature Mexicaine. Ce livre demande un effort au lecteur ce n'est pas un texte facile loin de là, c'est un livre qui se lit entre les lignes, entre le le réel et l'imaginaire, entre la vie et la mort. dans ce roman foisonnant.
Mais cela reste un livre passionnant et étonnant ! Un livre qui marque après la lecture qui envoute le lecteur. Un livre salué par tous les grands écrivains de la littérature de Amérique Latine Carlos Fuentes, Gabriel Garcia Marquez, Jorge Luis Borges .
Livre lu par Sylvie (la passion des livres), la taverne du doge

Il né en 1917, il a été profondément touché par les nombreux assassinats qui ont frappé les membres de sa famille, dont son père (en 1923). Il se retrouve vite orphelin.
un roman remarquable, Pedro Páramo datant de 1955. D'abord négligé, il a, avec le temps, gagné une réputation d'œuvre majeure de la littérature sud-américaine. Ce roman peu commun s'inspire ainsi du surréalisme (Juan Rulfo avait rencontré André Breton au cours de son séjour à Paris ) en mêlant rêve et réalité, vivants et fantômes du passé, présent et passé.

mardi 17 mars 2009

SAMUEL BECKETT


Dimanche 15 mars avec Ys et Cryssilda nous sommes allées voir
une pièce de Beckett.
C'est une des plus célèbre puisque c'est
En attendant Godot au théâtre de l'athénée (théâtre Louis Jouvet) mise en scène de Bernard Levy
J'ai beaucoup aimé très belle pièce bon c'est du Beckett . Il faut savoir tendre l'oreille et essayer de déchiffré l'univers particulier à Beckett. Mais comme Fin de Partie il y a une dimension poétique et de réflexion sur la vie et la mort, sur le temps qui passe. Dans le programme de la pièce à l'athénée rapprochement avec Charlie Chaplin c'est assez juste. Dans cette pièce, j'ai trouvé étrange l'homme qui mène au bout d'une corde son esclave aux cheveux blanc, cruel, interrogation.
Pour ma part j'ai déjà vu plusieurs pièce de Beckett
- Fin de Partie mise en scène de Charles Berling au théâtre de l'Atelier avec Berling et le grandiose Dominique Pinon.
J'ai adoré les parents dans les poubelles. Dans un premier temps j'ai trouvé cela cruelle comme idée, jeter ses propres parents dans des poubelles. Et bien non, c'est une note poétique et lumineuse, il représente le temps qui passe. Voir chez Léthée
- Oh les beaux jours au Vieux Colombier dans une mise en scène de Frédérick Wiseman avec Catherine Samie, doyenne de la Comédie Française. Pièce sur la vieillesse, Winnie (à la création le rôle fut tenu par la mutine Madeleine Renault).

Présentation de Beckett vu par Nancy Huston dans son essai Professeur de désespoir.
" J'ai un faible pour Sam Beckett. Je partage avec lui l'Irlande ans le sang, le whisky dans la gorge, la musique dans l'âme ; " moi aussi je suis entièrement d'accord avec elle. Mais Beckett, malgré l'humour noir grinçante n'ai pas un auteur d'une grande gaieté.
Ce n'est pas un auteur lumineux, mais d'une grande noirceur et d'un grand pessimiste, d'une grande justesse, avec une note d'humour (on rit parfois c'est vrais) mais noire. Il est issu d'un milieu protestant, la bible tient un rôle important dans son œuvre. Son travail d'écrivain est associé au théâtre de l'absurde, dont sa pièce En attendant Godot (1952) est l'une des plus célèbres illustrations. Son œuvre est austère, minimaliste ; elle est généralement interprétée comme l'expression d'un profond pessimisme quant à la condition humaine.
Dans "Oh, les beaux jours" il parle à merveille de la vieillesse, du temps qui passe. Le corps est emprisonné, enterrés jusqu'au cou dans le sable. En 1937, il quitte l'Irlande pour la France, il s'engage dans un réseau de résistance (GLORIA) parce que dit-il" les nazis, et surtout le traitement qu'ils infligeaient aux juifs, m'indignaient tellement que je ne pouvais pas rester les bras croisés."
A peine est-on né que l'on crève ; ce qui se passe dans l'entre-deux ne vaut pas la peine qu'on en parle. " Beckett songe encore et toujours à écrire un texte sur le thème "Ma naissance fut ma perte."
À Paris il fera connaissance avec son patriote Joyce. Durant son époque parisienne, on le rencontre facilement à la Closerie des lilas. Nombreux sont les écrivains qui ont rencontré le grand Samuel Beckett, Charles Juliet, Paul Auster. Il était entièrement bilingue, il avait comme Joyce un amour pour les langues.En 1969, il reçoit le Prix Nobel à la quarantaine.
Toujours dans le programme de la pièce "en attendant Godot" et qui rejoint de ma pensée en ce qui concerne Beckett : "Samuel Beckett, minéral, muet, sorti de nulle part. L'image faite d'un homme devenu littérature, comme un parfait accomplissement de cette phrase de la Genèse :"Et le verbe se fit chair".
Je reparlerai de Beckett car j'ai acheté au Salon du Livre une biographie de cet auteur écrite par James Knowlson. C'est un univers particulier qui est bien à lui rien que pour cela c'est un grand auteur à découvrir.

lundi 16 mars 2009

ALBERTO RUY-SANCHEZ : 9 fois 9 choses que l'on dit de Mogador

Traduit de l’espagnol par Gabriel Iaculli

Auteur Mexicain, il fait parti des auteurs invités au Salon du livre édition 2009. Il a un site écrit en espagnol . Alberto Ruy-Sánchez est né au Mexique en 1951. Il est l’auteur d’une quinzaine de romans, essais et recueils poétiques.Un séjour au Maroc et notamment la visite de la ville d’Essaouira, plongeon dans la tradition araboandalouse, marquèrent la découverte de ce qui représente la source d’inspiration et le cadre onirique principaux de son œuvre. Voir là sur le site d'evene.

Avec ce livre nous voyageons pas au Mexique, quoique, mais plutôt au Maroc, très exactement à Mogador, ville imaginaire ville désir, sensuelle. Mais de toute façon c'est il est question d'un voyage interne. Mogador c'est un éden, un paradis à conquérir, d'ailleurs c'est une femme. Une place importante est donnée à la langue espagnol nourrit par l'arabe. L'importance des mots du métissage lien entre l'Afrique du nord et le Mexique, voyage des mots " C'est l'un des milliers de mots que l'espagnol a empruntés à l'arabe."" C'est un parent lointain du huizache et du mezquite qui peuplent à la manière les désert du nord du Mexiques."
C'est un livre envoutant , sensuel remplit de poésie magnifique.

Mogador est la ville du désir, une ville où on y compte de neuf en neuf une ville où la spirale l'emporte sur la ligne droite pendant que sur le corps de ses habitants est écrite l'histoire de toute leur vie.

Pour moi ce livre est un véritable coup de cœur aussi que je partage entièrement avec Louis (la citadelle des livres ), Il dit ceci très juste "Je me retiens de ne pas copier l'œuvre dans sa totalité tant je souhaite partager mon plaisir avec le plus de gens possible. 9 fois 9 choses sur Mogador est un petit bijou dont on ne peut se lasser"
Terra Nova

samedi 7 mars 2009

Le grand livre vert de Robert Graves


Album : Grand classique

Ce petit livre illustrée merveilleusement par le très grand Maurice Sendak est un grand classique de la littérature jeunesse.
Livre que j'avais lu il y a un moment déjà. Puis, par hasard je suis tombée de dessus et je trouve que ce livre fait écho avec le livre de Fitzgerald , l'étrange histoire de Benjamin Button.
Le grand livre vert ressemble à Monsieur le lièvre voulez-vous m'aidez ? pas tant au niveau des illustrations (là son en N&B sauf la couverture)mais plutôt du côté conte philosophique.
C'est l'histoire de Jack, il vit avec son oncle et sa tante. Il est orphelin. Dans le grenier de la maison il découvre un curieux livre vert. Dans ce livre remplit de formules magiques "comment vieillir ou rajeunir selon ses désirs, comment transformer les objets , comment faire obéir les oiseaux et les animaux, et comment devenir invisible".
Et voilà Jack en vieil homme "à la place du petit garçon, il y avait un vieil homme à longue barbe. Jack portait toujours ses habits de petit garçon".
Et c'est une sorte de farce que fait Jack a son oncle et sa tante quand il les rencontre. Il déstabilise son oncle et sa tante avec adresse c'est le cas de le dire. Jack est un sacré magicien ! Et il redevient un petit garçon. C'est un conte superbe les dessins au crayon sont de toute beauté. Un très beau livre pour les petits et les grands fort intelligent. Réflexion sur l'âge : enfant /vieil homme . L'enfant est espiègle comme peut l'être le vieillard. Mais le vieillard est un sage que les adultes écoutent avec une grande attention.

vendredi 6 mars 2009

DIDIER DECOIN : Est ce ainsi que les femmes meurent ?


Mercredi 4 mars, j’étais invité epour un petit déjeuner très chic aux Deux Magots (un des café célèbre de Saint Germain des Prés)
avec l'auteur Didier Decoin pour son livre Est ce ainsi que les femmes meurent ? rendez-vous organisé par la société de presse InMédiatic.
Une rencontre très chaleureuse en compagnie de l'auteur, de l'éditeur Olivier Nora , et du directeur Commercial de chez Grasset.

J'ai apprécié de retrouver Lily que j'avais déjà eu l'occasion de rencontrer. L’auteur Didier Decoin baigne depuis qu’il est tout petit dans un univers de polars et de cinéma (les films de Capra et de Lubisch) puisque son père était le réalisateur Henri Decoin.
Ce livre il la écrit pour la collection que dirige Jérôme Béglé “Ceci n’est pas un fait divers”. C’est une carte blanche proposé à un romancier de s’approprier un fait-divers. Didier Decoin après avoir cherché longtemps, il est tombé sur l’histoire atroce de Kitty Genovese dans le New York des années 60. Là, l’auteur en grand passionné de New-York a craqué, fascination pour l’histoire, l’héroïne puis ce personnage féminin de Kitty se retrouve souvent dans ses livres, nous a t-il dit.
L'assassina de Kitty Genovese , a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle. » Un soir de mars 1964, dans le quartier de Queens à New York. Kitty Genovese , c’est une jeune femme de trente ans italo-américaine de la middle class. Elle travaille dans un bar qu'elle dirige. Son meurtrier Winston Moseley est un loup garou, un bon père de famille, un employé modèle, noir. C’est un , un être complètement fou, un schizophrène, la nuit il a besoin de tuer avec acharnement ses victimes.Cela fait peur : " C'était aussi l'année où il était sortie des usines Chevrolet la Corvair blanche qui allait devenir sa voiture de chasse. Celle à bord de laquelle Moseley, la nuit, cherchait, repérait et suivait une proie à sa convenance. C'est -à -dire une femme qui ne se défendrait pas. Il n'aimait pas que ses victimes se débattent. Il n'aimait pas les victimes vivantes, ni même agonisantes. Au contraire de tant d'autres tueurs, il n'éprouvait aucune excitation à sentir une vie devenir filante et puis s'en aller."
Les témoins : ils sont trente huit, ils n’ont fait que regarder, l’indifférence . Mais le lecteur ,il aurait fait quoi lui ? Un témoin appelle sa copine, une fille , une jeune maman descend Kitty n’est pas morte seule une chaleur humaine est là près d’elle.
"- D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leur fenêtres. "
Le narrateur Nathan Koschel, un narrateur inopiné, un habitant du quartier, écrivain d'occasion, et absent la nuit du crime. Ce narrateur s'est l'auteur aussi Didier Decoin. Et, là en faisant une petite recherche sur wikipédia je vois qu'à la date du 13 mars c'est le jour de naissance de l'auteur qui écrit ce roman.
" - Je n'étais pas chez moi le 13 mars. Ma femme non plus." Cela m'a fait sourire, ce lien ;-)
L’auteur a su rendre dans ce roman l’univers urbain de New York. L'écriture très cinématographique, pour une éventuelle adaptation au cinéma peut-être ? Cela ne m'a pas empêchée de ressentir un malaise, un dégoût à la lecture de ce livre, exactement le même ressenti que pour Américan Psycho. Ces histoires de meurtres en série me font froid dans le dos ! Un passage qui m'a complètement soulevé le cœur, c'est à propos du meurtre d' Annie Mae qui a eu lieu deux semaine avant Kitty, la description est épouvantable et sans pitié pour le lecteur.
C'est le premier livre de Didier Decoin que je lis, mais j'ai très envie de lire d'autre livre de lui comme "Henri ou Henry, le roman de mon père" sur son père le réalisateur Henri Decoin. Et puis j'ai toujours voulu lire son livre en hommage à Lewis Carroll et son Alice " Lewis et Alice".
Livre lu par Jules (une fan qui a lu plusieurs livres de Didier Decoin) , Clarabel, Frédéric Ferney (journaliste qui tient un blog)

mercredi 4 mars 2009

Fitzgerald : L'étrange histoire de Benjamin Button

Traduit par Suzanne Mayoux

Cela fait très longtemps que je n'avais pas lu un livre de cet auteur.
J'ai lu deux fois Gasby le Magnifique et j'ai lu aussi Le dernier nabab.
La sortie du film et ce Folio à 2€ m'a donné envie de lire cette nouvelle tirée de son recueil de nouvelles " Les enfants du jazz".
Il faut souligner que c'est une histoire étrange, la vie d'un homme à l'envers. Il naît vieillard et meurt bébé. " Dès sa naissance, loin d'être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu'il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant..." Un choc pour les parents et un handicap pour Benjamin, l'enfant. L'histoire se passe en 1860, en pleine Guerre de Session, dans une Amérique puritaine du Sud. Malgré son handicap il rencontrera l'amour avec Hildegarde "- Vous avez exactement l'âge romantique, continuait-elle. Cinquante ans. À vingt-cinq , on est trop superficiel ; à trente, c'est la pâleur du surmenage ; quarante, c'est l'époque des longs récits qui prennent le temps d'un cigare entier ; soixante , c'est ... Bah soixante, c'est top près de soixante-dix ; mais cinquante, c'est mûr à point cinquante ans, j'adore" Je trouve ce passage charmant, voir naïf. Bien sûr, le décalage posera un grand problème, puisqu'à la fin il joue avec son petit fils !
J'ai aimé lire cette nouvelle, l'écriture est très agréable. L'impression qui se dégage de ma lecture repose sur le paraître par rapport à son âge, être trop jeune trop vieux, ne pas être dans la norme et cela pose problème !

Lu aussi la deuxième nouvelle : La lie du bonheur
L'histoire de couples qui sont heureux, baignent dans le bonheur. Puis sans crier gare un drame surgit et l'un d'entre eux devient paralysé. Dur épreuve de la vie comme brisée. On pense à la lecture au couple tumultueux que pouvait être Zelda et Scott. Deux nouvelles très différentes mais le style, la plume de Fitzgerald est divine !

"Il s'agissait d'un mariage d'amour. L'écrivain était assez gâté pour posséder beaucoup de charme ; l'actrice gardait assez d'ingénuité pour être irrésistible."
"Dr Jewett, il n'y a plus d'espoir. Mr Curtain peut vivre très longtemps, mais il ne retrouvera jamais la vue, ni la motricité, ni l'usage de la pensée."
lu par Anne Sophie, Léthée, Karine :), lu dans la version Pocket Lael, Cryssilda

mardi 3 mars 2009

MAEVE BRENNAN : La visiteuse


Traduit par Florence Lévy-Paoloni

Anastasia, vingt-deux ans, arrive à Dublin pour retrouver sa grand-mère paternelle." L'Irlande est mon domicile, je m'arrête à la gare de Dublin"Ses parents sont décédés, elle décide de renouer avec ce qui lui reste comme famille. Le père d'Anastasia s'est senti abandonné et la grand-mère ne l'accepte pas, c'est un immense chagrin pour elle, voir un drame. La mère d'Anastasia, Mary a pris la solution de la fuite à Paris car elle ne supportait plus son maris et sa belle-mère. Elle ne trouvait pas sa place dans ce foyer pesant et lourd, puis une grande différence d'âge entre elle et son mari.
Anastasia veut se réconcilier avec sa grand-mère et essayer d'avoir sa place dans cette maison. Pas facile, donc elle fait tout pour être charmante, pour Noël elle offre des cadeau à sa grand- mère, à Katharine et à Melle Norah Kilbride, trois femmes importantes pour elle.Elle se sent terriblement seule, ses parents lui manquent terriblement, l'ambiance et glaciale voir sauvage. Elle se rend compte de l'importance que son père avait aux yeux de sa mère, sa mémoire est là vivante même sous la forme d'un fantôme.
"La froideur de sa grand-mère la rendait profondément honteuse et elle lutta pour l'oublier. Je ne suis qu'une visiteuse, ici, se dit-elle avec colère et désespoir et elle sombra dans un sommeil apeuré, empli de rêve."
Très beau passage magnifique, émouvant entre Melle Norah Kilbride, femme seule aussi et Anastassia. Cette femme a perdu sa mère aussi, donc cela les rapproches en quelque sorte. ""Vous savez, dit-elle d'une voix différente, j'ai l'impression que ça ne doit pas être facile avec votre grand-mère. J'espère que ça ne vous rend pas malheureuse. Ça passera, quand elle se sera de nouveau habituée à votre présence. Elle a eu le cœur brisé quand il est mort, vous savez. Elle est très amère et très seul.""
Ce court roman est un huit clos, les confidences entre femmes, les rapports entre mère/fils, rapport incestueux. Le poids de la religion catholique tient une place importante et lourde dans cette famille irlandaise. C'est un récit discret et bouleversant. Après avoir fermé ce livre, il reste comme un arrière goût amer, une boule dans la gorge. Il reste plus qu'une envie de lire d'autre textes nouvelles, romans de cette auteure.
Merci à lily pour le prêt, lou a lu aussi ce court roman ainsi qu'Yvon.
Un livre terriblement touchant.

lundi 2 mars 2009

EVA RICE : L'amour comme par Hasard


Traduction Martine Leroy-Battistelli

J'ai bien comme le roman démarre. Charlotte demande si quelqu'un est intéressé de partager un taxi avec elle. Pénélope est partante. Et voilà, le roman démarre en route ...
Nous sommes en 1954, à Londres, ces deux jeunes filles anglaises font connaissance et sympathise. Penelope Wallace, 18 ans, est fan du chanteur américain Johnnie Ray, elle rêve de le voir à Londres au Palladium. Harry, le cousin de son ami Charlotte, l'apprenti magicien, avec sa baguette magique, a pu avoir deux places pour voir son idole.
"Qu'est ce que ... qu'est ce que c'est ? " murmurai- je, mais j'avais deviné de quoi il s'agissait avant même d'avoir été au bout de ma question. "Deux places pour Johnnie Ray, au Palladium, en avril. "
En 1955, par hasard et de façon magique, elle rencontre dans le train un beau américain Rocky. Son cœur palpite, mais c'est au bras d'Harry, qu'elle se montre donc ! Mais, elle trouve tout de même qu'il irait mieux avec sa mère, une veuve éblouissante.
Le style très stéréotypé, caricature, rien d'original. Mais le livre se lit bien légèreté, fait aussi rêver pas désagréable. Mais ce roman est très à l'eau de rose tout de même. Voilà, un exemple de gros livre 530p qui se lit rapidement, et il ne reste pas grand chose une fois lu. Il est amusant de constater qu'en 2009 Johnnie Ray est un chanteur pratiquement, voir totalement méconnu.
Alors qu' Elvis Presley dans ces années là débute en Amérique et il deviendra lui une icône, une légende.

Livre lu dans le cadre de l'opération livre de poche : opération qui permet de découvrir d'autres horizons.
Clarabelle, le Grimoire, Joëlle, Cuné,Delphine ont lu aussi ce roman

Mais la bande annonce de " There's no business like show Business" avec une camarade de classe et, dès ce moment, Johnnie Ray avait pris possession de mon âme. Je peux dire sans mentir que ces deux heures passées dans les fauteuils de velours de l'Odéon, à Leicester Square, avaient bouleversé ma vie et je ne cherchais pas à m'en cacher."

dimanche 1 mars 2009

J.M.G. LE CLÉZIO : RÉVOLUTIONS



Livre lu dans le cadre de la Blogoclub
J.M.G LE CLÉZIO : Prix Nobel voir ici

Ce roman est composé deux récits en un, je rapprocherai d'ailleurs ce livre par sa structure à Desert, c'est un récit polyphonique. D'entrée de jeux, c'est deux récits peuvent dérouter le lecteur. C'est l'une des raisons pour laquelle il y a un S à révolutions, elles sont multiples l'Histoire est au cœur de ce roman : politique et familiale.

C'est l'histoire de son aïeul Jean Eude Marro, de la traversée de quatre-vingt-dix-neuf jours de Lorient pour Maurice, qu'on appelait alors île de France, où il débarque en 1798 . Le personnage qui fait le lien entre eux ces deux récits c'est Catherine Marro :" Elle lui disait parfois. Sur un ton enjoué mais il savait bien que la légèreté était feinte. "N'oublie pas, tu es Marro, de Rozilis, comme moi, tu descends du Marro qui a tout quitté pour s'installer à Maurice, tu es tu même sang, tu es lui."Elle disait cela en serrant les mains contre les tempes de Jean et il sentait un frisson le parcourir, un vertige. "C'est lui qui est en toi, qui est revenu pour vivre en toi, dans ta vie, dans ta pensée. Il parle en toi"
Nice dans les années 50, la guerre d'Algérie, c'est l'histoire de Jean Marro de nationalité britannique. Il a passé toute son enfance jusqu'à l'âge de huit ans en Malaisie à Ipoh . Et cela fut une grande douleur pour Jean ce changement de mode de vie. Tous les après-midi, enfant, il se rend à la Kataviva, voir sa vieille tante aveugle Catherine Marro, c'est un magnifique personnage. Elle représente le respect, elle transmet la mémoire familiale. Il l'adore l'entendre parler de Maurice, en particulier de Rozilis et de la demeure perdue, l'Eden dont les siens ont été expulsés en 1910. Jean partira à Londres, pour fuir la guerre d'Algérie. Il pense que l'Angletterre est une terre promise, c'est à Londres qu'il effectuera ses études de médecine.
Personnage féminin marquant de ce roman Jeanne Odile, elle attend un enfant de Santos un ami commun à elle et à Jean. Mais Santos est mort à la guerre d'Algérie. Mais le plus étrange, voir morbide, pour être veuve de guerre et la reconnaissance de son enfant, elle se mariera avec un mort une ombre. " Sans doute n'avait-elle accepté que pour bénéficier de la pension de veuve d'appelé mort à la guerre, pour le bébé qu'elle portait dans son ventre." C'est le mariage des âmes, magnifique passage avec une écriture très cinématographique. Des personnages marginaux, des personnalités hors norme, et qui m'ont marquée : Conrad un homme que tout le monde voit comme fou, mais non il a été une victime de guerre, fragilisé. Jean a de la sympathie pour cet homme et va le recueillir dans son appartement de fortune à la Jamaïque quartier populaire de Londres.
Aurore, animal sauvage, une sourde ramenée d'Indochine pour être esclavagisée à Nice par un couple de notables. Enfant que lecteur n'oublie pas car elle représente le symbole de ces «Révolutions» multiples à la fois intérieurs et extérieurs. " Aurore de Sommerville n'avait que deux ans de plus que Jean,""Il y avait un mystère en elle, cela il l'avait su tout de suite, quand il avait commencé à venir à la Kataviva.""Le père de Jean avait raconté qu'elle était née à Hanoi, de mère inconnu. "
Dans ce roman comme souvent dans les romans de Le Clézio, la description des sensations est très présente. C'est un roman sur la mémoire. D'une façon générale j'aime les romans de Le Clézio et son univers car c'est une ouverture sur le vaste monde. Roman qui demande un petit effort en tout cas pour moi, mais au final passionnant car avec ce roman interroge le lecteur sur son histoire propre et sa vision du monde. C'est un roman sur la mémoire des hommes, il s'interroge sur nos racines. Il évoque aussi le manque d'attention que la société se soucie en vers les plus démunis, aux inégalités, à la justice, son dégout pour le racisme, la guerre. Je partage son point de vue j'aime son écriture, sa sensibilité à fleur de peau le rend touchant humain. C'est un très grand livre très touchant !

Dans un entretien à Jérôme Garcin du Nouvel observatoire voilà ce qu'il dit :
"Dans ma famille, on a toujours raconté qu'on était parti pour l'île Maurice à cause de la Révolution française. En vérité, mon aïeul breton n'était pas un chouan, c'était un révolutionnaire pur et dur. Et s'il a quitté Lorient pour l'île de France, c'est à cause de la pauvreté. J'ai retrouvé son journal intime dont je me suis inspiré."

Pour faire un lien avec le livre suivant de la Blogoclub :
"Le Mexique fut mon choc fondateur. C'est le pays de la vraie révolution. Quand j'y ai débarqué pour la première fois, en 1967, j'avais le sentiment d'avoir sous les yeux la révolution à chaque instant. Je n'oublierai jamais ces familles de migrants qui, chassées par la misère, montaient vers le nord et traversaient un continent dans l'espérance vaine de passer sous le grillage pour trouver un travail aux Etats-Unis. Je n'oublierai jamais ces milliers de personnes qui hurlaient de douleur et de haine au passage du cortège présidentiel - c'est là que j'ai compris ce que pouvait être la force terrible d'un peuple rassemblé. Pour moi, la misère absolue commence lorsque la simple perspective du lendemain est insupportable. Je découvrais au Mexique un champ de bataille perpétuel où plus rien ne séparait la vie de la mort. A côté, le Mai-68 parisien me semblait, de loin, dérisoire. Et plus dérisoire encore l'affolement de la population niçoise, soudain incommodée parce qu'on ne ramassait plus ses ordures et que des rats circulaient dans les rues. Je ne méprisais pas le mouvement étudiant, disons que je le relativisais."

La musique du Boléro de Ravel joue un grand rôle dans la vie de Le Clézio, car elle fait écho à sa vie. C'est grâce à cette musique que ses parents se sont rencontrés. Il est question aussi du Boléro dans la Ritournelle de la faim (pas lu mais lu pas mal d'articles sur ce livre) dans son dernier roman. " Pour ta mère , c'était la première fois , c'était ce morceau de bravoure, cette musique lancinante, à la fin tout le monde était debout dans la salle , les uns hurlaient au fou, les autres applaudissaient , et quand on est sorties, ta mère était rouge, ses yeux étaient pleins de larmes, elle tremblait d'enthousiasme , et je crois que c'est à cet instant que ton père est tombé amoureux d'elle ."" mais tu était quand même l'enfant de cette musique, du Boléro"