mercredi 8 juillet 2009

FLANNERY O'CONNOR : 2 NOUVELLES

Nous sommes en Amérique dans les années 50, dans le sud
Traduit par Henri Morisset

Un heureux événement

Le rêve de Ruby, trente quatre ans, c'est de déménager, car les escaliers de son immeuble sont terriblement fatigants. Elle a mal à ses jambes, elles sont lourdes.
Un jour Ruby voit une voyante, et elle lui prédit : " Elle était malade. Madame Zoleeda le lui avait dit, mais elle s'en était déjà rendu compte. Madame Zoleeda était chiromancienne de la 87e Rue. Elle avait dit : " Une longue maladie", mais avait ajouté à mi-voix, avec l'air d'en savoir beaucoup plus long; " Mais elle sera suivie d'un événement heureux." C'est une nouvelle sur le poids de la vie : l'angoisse la ronge. Une fois la nouvelle terminé Flannery O'Connor nous dit bien que Ruby attend belle et bien un heureux événement, c'est exact, mais elle ne sent n'est pas rendu compte au premier instant !

La personne déplacée

Mrs Intyre a embauché un polonais pour l'aider à la ferme. Il a fui la guerre et les persécutions nazies avec sa famille. Nouvelle cruelle, dur envers ces européens qui ont quitté la Pologne pour refaire leur vie sur une terre où règne la paix. Ils sont observés ils n'interviennent pas dans le récit cela rend un effet étrange. Ils ne parlent pas très bien anglais. Les enfants se nomme Rudolph douze ans et Sledgwig leur fille de neuf ans. Ils sont venus avec rien, ils travaillent dur pour conquérir un monde nouveau.
Mrs Intyre est une femme forte mais charitable, " Mrs Mc Intyre était une femme de soixante ans, petite au visage rond et ridé, avec des franges de cheveux roux qui descendaient presque au niveau ds sourcils faits au crayon orange. Elle avait une petite bouche de poupée et des yeux d'un bleu très doux lorsqu'elle les ouvrait tout grands , mais qui prenaient l'éclat de l'acier ou du granit lorsqu'elle les plissait pour inspecter un bidon de lait. " mais elle n'est pas responsable du malheur des Gobblehook ou des Guizac comme elle les appelle . Mr Goblehoo est un travailleur exceptionnel." Ça ne courait pas les rues, des travailleurs comme lui." Et très présent dans cette nouvelle la peur de l'étranger de l'autre, prendre la place de quelqu'un. Il est honnête alors que les noirs sont des voleurs. Puis, le vent tourne autrement et c'est très violent.
Son écriture est précise, sec, c'est écrit au scalpel, c'est époustouflant ! Encore une nouvelle où à la fin de la lecture, le lecteur (moi a le souffle coupé) en un mot chapeau ! Il faut lire Flannery O'Connor !
Le paon a sa place dans cette nouvelle c'est l'oiseau préféré de Flannery O' Connor.
Nouvelles tiré de ce recueil : Les braves gens ne courent pas les rues

lundi 6 juillet 2009

Deux histoires de fantômes


Le collège fantôme
de JEAN-PHILIPPE ARROU-VIGNOD

De cet auteur j'ai lu il y a pas longtemps "Une famille aux petits oignons"
Avec ce petit livre " le collège fantôme" nous changeons d'univers et nous rentrons dans le fantastique à la rencontre des fantômes, et une ambiance bien mystérieuse plane.
L'histoire se déroule au collège Fogelman, un collège pas comme les autres isolé." En fait, le collège Fogelman ressemble à ces châteaux en ruine qu'on voit dans les livres d'histoire : une forteresse moyen-âgeuse bâtie sur un piton rocheux sans autre lien avec la terre que le vieux téléphérique par lequel Larson rapporte les provisions." Sébastien Britt, douze ans, élève fort peu brillant , tient son journal, il se sent très, très seul. Puis, il rencontre Camille, la fille de Fogelman, elle vit seul avec son père
" C'était une fillette de mon âge, au visage pâle et fin, aux cheveux bruns, vêtue d'un ciré de marin et de chaussures de toile." Grâce à Camille, Sébastien va rencontrer les fantôme d'abord celui du chat. " Un chat lumineux, un chat fantôme, la peau translucide comme celle d'un lampion, se promenait sur les créneaux du collège Fogelman en équilibre au dessus du vide !" (voir la couverture du livre). D'autre fantôme en vrais, et hop les voilà tous partie dans l'aventure. Un petit livre fort sympathique remplit de mystère et de merveilleux.

L'année du deuxième fantôme
Evelyne Brisou-Pellen

Un auteur très cité dans la littérature pour la jeunesse, mais que je ne connais pas. L'histoire se situe en Ecosse c'est bien connu c'est le pays des monstres et ... aussi des fantômes. Aba Mac Alison, une jeune fille de quinze ans, vit chez son oncle Angus. Aba a une santé fragile, elle ne peut pas supporter le climat de la ville. Là, elle voit des choses étranges des ombres, une silhouette de femme ... en un mot un fantôme un homme ou une femme ! " Tous les Écossais croient aux fantômes...""Les mort sont peut-être comme les vivants, commenta Evan d'un ton léger, ils aiment le changement."
Je trouve ce livre intéressant pour tous les clins d'œil historique écossais ,
il est question de la bataille de Culloden, de la reine Marie Stuart.
Un petit livre très sympa et bien captivant !

Je la trouve assez malicieuse comme une certaine blogueuse qui a une affection pour les fantômes ... et les vampires aussi. Mais vous la connaissez elle se nomme Lou !

jeudi 2 juillet 2009

FLANNERY O'CONNOR : Portrait & Nouvelles

J'ai une grande affection pour cette grande dame de la littérature américaine, très exactement beaucoup de compassion pour son courage (sa maladie), mais surtout pour son écriture. Cela n'est pas pour rien que de nombreux écrivains l'admire : Elle est une référence et vénérée par quelques auteurs français dont Philippe Djian (il la cite lors des entretiens qu'il a donné sur son dernier livre), Genevièvre Brisac , Jean Marie Gustave Leclézio.

Loin du Paradis de Flannery O'Connor
L'essai de Geneviève Brisac édition de l'Olivier

Flannery O'Connor (1925/1964) est méconnue en France. Même si elle est saluée par les plus grands.Écrivain sudiste comme Faulkner. Elle est née en 1925, à Savannah, elle est issue d'une grande famille bourgeoise catholique.
"Flannery O'Connor a d'immenses yeux très pâles, de tout petits pieds lisses, une peau ravissante d'un rose très clair, et de très jolies jambes que sa maladie et la cortisone vont disloquer. Se caricaturer cruellement, se peindre en monstre, est un rares plaisirs qu'elle s'accorde."

Elle s'appelle encore Mary Flannery, son père est malade et il a très peu de temps à vivre. En 1945, elle a vingt ans, elle décide de partir pour l'université d'Iowa, elle ne veut plus être sociologue, elle s'inscrit au département d'École de journalisme. Elle n'est pas sûr de se consacrer à la Elle participe à un atelier d'écriture au Writer's workshop. Elle lit, elle découvre les grands romanciers tel qu' Hawthorne, James, Joyce, Conrad. Elle commence à faire ses armes en tant qu' écrivain via la nouvelle. En 1959, elle s'installe dans le Connecticut. Durant la fin des années 50, elle écrit un roman "La sagesse dans le sang", elle met cinq ans à l'écrire. Et, elle a vingt-cinq ans, elle est très malade, elle est touché de la même maladie que son père dix ans auparavant. Elle rentre chez elle auprès de sa mère dans la ferme d'Andalusia.
"Je n'ai jamais été nulle part que dans la maladie. Mon royaume, c'est la maladie. La maladie est une chose sale : L'art romanesque pas excellence l'ar de l'incarnation, écrit-elle , nous sommes pétris de limon, si vous avez peur de vous salir, ne vous mêler pas de roman."
La religion d'un grand rôle dans sa vie, elle est très croyante et dans ses livres elle tient une grande place. Pour la bonne raison que la famille de sa mère, Regina Clive sont des catholiques fervent bien connue à Milledgeville, enclave catholique intégriste. Elle voyagera seulement deux fois dans sa vie en 1958 à Lourdes et à Rome.
J'admire l'humilité qu'elle porte à son travail d'écrivain. En ce qui concerne son écriture elle se sent proche de d'Henry James. "il faut savoir se salir les mains, que la littérature, on ne sait pas trop comment ça se passe, mais il y faut du concret, du concret toujours du concret"
Cet essai biographique est remarquable, un ode à cette femme exemplaire, forte, courageuse. Beaucoup d'émotion, de générosité de la part de Geneviève Brisac, pour Flannery O'Connor. Un merveilleux livre pour découvrir cette voix forte.




















Traduit par Henri Morisset
Photo Dorothea Lange : Ce choix parce que selon moi cette photographe ses photos collent à l'univers deFlannery O'Connor.
Ces nouvelles sont d'une grande force pas croyables ! Poignantes, brûlantes voir même hallucinantes aussi.
Les braves gens ne courent pas les rues
C'est l'histoire d'une famille banale, normale, départ en vacances, toute la nouvelle se passe dans la voiture. La grand-mère est un boulet, une catastrophe ambulante. Mais c'est une brave femme active et attachante.
abasourdi. Mon cri à la fin de ma lecture a été "Un désaxé, il est complètement inhumain. J'ai été comme sonné par la chute complètement "whaou". Et là j'ai saisi me semble t-il la force poignante de l'écriture Flannery O'Connor.
Le Fleuve : L'importance du prénom, "Il s'appelait Harry Ashfield et c'était bien la première fois qu'il eut l'idée de changer de prénom. "Bevel", dit-il. "de l'identité, le fleuve symbole le baptême renaissance. Réf. à Lourde, "il y a une séance de guérison". Nouvelle au climat étrange !
Les temples du Saint Esprit
Deux jeunes filles : Temple I et Temple II " ça vient des bonnes sœurs" c'est à dire Joanne et Suzie. En un mots deux adolescentes dans l'âge ingrat de quatorze ans, surtout devant un garçon. Ce sont les cousines de la petite, elles vont dans une école de bonne sœur, habillées de façon vulgaire pour le week-end "rouge à lèvres, leurs rires idiots. La petite,douze ans, s'est Flannery qui observe ses cousines. Ne pas grandir, pour elle douze ans c'était fini, c'est vrais qu'en suite on bascule dans l'adolescence, le dégoût l'âge ingrats comme je la comprends pas de très bon souvenir de cette période. " Elle serait une sainte, parce que c'était la seule préoccupation qui embrassât tout ce qu'on peut savoir ; et pourtant elle était sûre de n'y jamais parvenir: certes, elle n'était ni une voleuse ni une criminelle , mais elle était une menteuse née et paresseuse, elle agaçait sa mère et faisait exprès d'être désagréable avec tout le monde".

Ces braves gens sont des gens simples, de petites gens du sud des États Unis dans les années 50, d'une grande humanité, de lâcheté aussi. L'attention aux autres est présente, elle est là, elle est palpable.
La religion en particulier la religion catholique tient une place importante dans ses nouvelles. La notion du Mal est présente. Elle porte un regard tendre sur les gens, de petites conditions sur leurs misères. Elle est une fine observatrice impitoyable et met toute son énergie dans l'écriture.
Des nouvelles étranges, mystérieuse, une écriture minutieuse à coupé le souffle qui estomac le lecteur. Les sujets de ses nouvelle prennent les tripes du lecteur. Voilà mes impressions face à cette grande dame des lettres américaines Flannery O'Connor
Ces nouvelles sont tirés du recueil : Les braves gens ne courent pas les rues

mercredi 1 juillet 2009

JOYCE CAROL OATES : NULLE ET GRANDE GUEULE


Traduit par Claude Seban

Dans le cadre du club de lecture, j'ai choisi ce livre de Joyce Carol Oates (JCO) plutôt que "Nous étions les Mulvaney". Pour la raison suivante je ne voulais pas lire un gros livre pour découvrir cette auteure américaine. Donc j'ai pris et lu celui là, et je l'avais repéré chez Choupynette, je me mettait dis tient ce livre pour m'intéresser. Donc acte, voilà j'ai fait la connaissance des deux adolescents de roman psychologique américain Nulle et Grande Gueule. Mais qui sont ils plus exactement ? Nulle, s'appelle Ursula, elle est grande comme souvent les adolescents mal dans sa peau, elle a seize ans, très solitaire indépendante. Grande Gueule, c'est Max, un garçon brillant en classe, il a de l'humour, il parle beaucoup. Un jour, comme cela il a menacé de poser une bombe au lycée, il plaisantait. Mais, certaines personnes l'on pris au sérieux, cela à pris une tournure dramatique. Puis, Ursula ne comprend pas pourquoi on le soupçonne, elle prend sa défense. Ils deviennent amis voir très proche et une grande complicité se noue entre eux.
J'ai apprécié ce roman qui tourne autour de l'adolescence, de leur problème de leurs rapports avec les parents. JCO décrit à merveille cette société américaine hypocrite, le fanatisme religieux. Je pense
que c'est un excellent roman pour découvrir l'univers Joyce Carol Oates. C'est un excellent livre pour les adolescents mais c'est aussi un très bon livre pour les comprendre.
(pas terrible la couverture version littérature jeunesse)


Livre lu par Doriane, Laurence (biblioblog)

lundi 29 juin 2009

ISABELLE PANDAZOPOULOUS : 1er roman


On s'est juste embrassés

- Scripto - Gallimard Jeunesse

Cela fait plaisir de renouer avec cette excellente collection de Gallimard Jeunesse dédié aux adolescents. Enfin c'est comme cela quelle est définie. La couverture est superbe elle résume très bien le livre, la grisaille et il est question juste d'un baiser. Oui, un baiser , il déclenche tout le malaise chez cette toute jeune fille qui est en quête d'identité. Elle souhaite connaitre son père, qu'elle ne connait pas. Elle veut fuir cette grisaille parisienne, elle se sent terriblement mal dans sa peau à cause de ce fameux baisé, du regard des autres qui l'a met mal à l'aise. " - j'ai pas couché avec Walid, je l'ai juste embrassé... Une fois, une seule fois ! C'est ça la vérité !"
Les moments forts et intense de ce roman sont les relations mère/fille qui sont complexe voir très douloureuse car elles ont un rapport avec l'identité " J'ai retrouvé ma mère, un jour, au coin de la rue, recroquevillée sur elle-même , tremblant, pleurant, elle s'était même pissé dessus." Une mère fragile
C'est un roman qui tourne de l'importance de connaître ses racines, de savoir d'où on vient. J'ai trouvé que ce livre s'adresse plus à des adultes qu'a des adolescents. Enfin, je pense cela grâce à sa qualité d'écriture, qui en fait un très mon livre qui aurait pu être édité en littérature générale. C'est juste une impression personnel de lecture. C'est un livre touchant ! L'écriture est très bien maîtrisée, voir admirablement c'est un auteur que moi en tant que lectrice j'ai envie de suivre. Je suis entièrement d'accord avec la quatrième de couverture, c'est tout à fait cela " Un roman bouleversant. Un auteur à découvrir. Un concentré d'émotion à savourer d'une traite."Dans ce roman il est question des livres, plutôt de la lecture une phrase ma retenue mon attention comme quoi dans certaine famille lire c'est mal vu : "Ma mère détestait me voir lire alors j'évitais qu'elle le sache." alors que les livres sont fait pour grandir, nous élever, nous aider, pour nous rendre humain et pour mieux comprendre le monde qui nous entoure. D'ailleurs le livre de Maguerite Duras est une bonne référence l'Amant. Puisqu'il est c'est ce livre qui permettra à Aïcha d'installer une confidence. Sa mère évoque son père, sa famille ce qu'elle a vécut ses rapports complexe avec ses parents. La parole se libère chez la mère d'Aïcha, cela lui permet de mieux se situer, sa place dans la société.
Livre lu par Clarabel, Lael un autre point de vue.

vendredi 26 juin 2009

Enfance le changement : 2 livres de jeunesse pas seulement

Deux livres pour la jeunesse, ils évoquent la même chose ce fameux changement que ressent un enfant dans sa vie.

Le visage de grand-père
d'Allen Say traduit par Isabelle Reinharez

Sam avait un lien très fort avec son grand-père. Et il n'est plus là, cela le rend malheureux. Il est tellement malheureux que en ce regardant dans le miroir il prend le visage de son grand-père vieux avec les cheveux blancs. Ces parents sont intrigués, leur Sam adoré a soudain à les traits de son grand-père. Flotte alors un étrange climat, d'incompréhension, est ce simplement un rêve ! Un magnifique album, étrange puisque Allen Say est d'origine japonaise. Encore un album qui m'a fait penser à Benjamin Button de Fitzgerald. Un enfant vieux , un vieux dans un corps d'enfant.
Lu du même auteur/illustrateur : L'arbre aux oiseaux


Le Rapetissement de Treehorn
de Florence Parry Heide & Edward Gorey traduit par Oskar

Ce petit livre est une merveille édité par les éditions Attila.
C'est un petit livre de jeunesse pour les grands je trouve (idée très personnelle).
Je le pense par son format, la fabrication du livre n'a rien avoir avec les albums de jeunesse traditionnelle. En un mot c'est un ouvrage fort délicat.
Edward Gorey je ne connaissais pas spécialement c'est vraiment grâce à Lily que j'ai découvert cet illustrateur méconnu en France en tout cas.
C'est grâce à Anne Sophie que j'ai découvert avec joie et ravissement l'existence de ce merveilleux petit livre.
Le trait de Gorey me fait à penser à Sendak plus qu'à Tim Burton en tout cas pour ce livre (les dessins aux traits du grand livre Vert surtout et d'ailleurs c'est amusant car dans ce livre de Sendak il est question de grandir, de changer : en un mot un petit livre qui traite du même thème). Toutes les illustrations sont en noir & blanc sauf le pull jaune de la couverture. J'aime ces dessins impression de nonchalance, la vie coule paisiblement sauf que .... Treehorn est à un âge où le corps change, il grandit. Sauf que là c'est le contraire, le changement est inversé.
L'histoire " le Rapetissement de de Treehorn" bien sûr fait penser à "Alice au pays des merveilles" bien sûr mais aussi à une pièce de Anne Catherine "Petit", aussi à Peter Pan enfin les références sont nombreuses.
Lu par Clarabel. Un livre subtil, d'une grande finesse aussi bien du texte que le dessin, j'attends la suite avec impatience.

mercredi 24 juin 2009

LA LITTÉRATURE JEUNESSE et MOI

Un amour d'enfance :
Un très beau livre de souvenirs de lecture de jeunesse.
Avec une très belle préface de Marie Aude Murail.

Des auteurs jeunesse d'aujourd'hui racontent le livre qui a marqué leur enfance.

Elle évoque LE livre que chacun d'eux a aimé par dessus tout qui restera à jamais un excellent, un délicieux souvenir.
Puis aussi ce rendre compte que le livre adoré que quand on était petit et bien si on le relit adulte on a du mal à savoir pourquoi on a tant aimé ce livre ! Il est vrais que la perception que l'on peut avoir sur un livre n'est pas la même enfant et adulte. C'est un fait, d'ailleurs cela peut -être une des raisons que cette fameuse littérature jeunesse on la diffère de la littérature adulte (pour les vieux comme on dit malicieusement.)
La preuve Marie-Aude Murail le dit " désillusion fut au rendez-vous pour certains d'entre nous, relisant ce livre et découvrant chez son auteur racisme, sexisme, conservatisme féroce, style ampoulé ou stéréotypé."
Ce livre est une vrais mine concernant la littérature dit de jeunesse, et surtout comment elle est perçue par l'adulte qui retombe en enfance. Quatre-vingt-deux auteurs et illustrateurs pour la jeunesse ont joué au jeu du "je me souviens"
La lecture peut-être un précieux trésor, une richesse. je me rencontre en lisant ce livre et en lisant les avis des uns et des autres comme quoi quand on est enfant on est fasciné souvent, par les histoires qui font pleurer. Nous aimons( les filles peut-être plus que les garçons) les belles histoires tristes voir cruelles qui nous transperce le cœur. Nous nous identifions fortement aux personnages. Ce livre "un amour d'enfance"est un livre épatant car avec lui doit une partie de nos lectures d'enfance remontent à la surface, bien sûr tout dépend de l'âge adulte que l'on a !

Il y a quelque temps déjà j'avais lu ce le JIACO des Roses de Décembre ceci :
“Pour répondre globalement, selon moi, il n'y a pas de littérature enfantine ou adulte. Il y a les bons livres et les autres. Cette dénomination me heurte et bien sûr cela tient à notre culture française. Le monde des fées existe dans la littérature anglo-saxonne. Il suffit de lire Shakespeare par exemple. Et cela n'a rien d'enfantin. Il ne faut pas confondre puérilité et merveilleux. Et grandir, au lieu de s'élever, consistait en une perte ? Le développement de la raison va souvent de paire avec une atrophie de l'imaginaire. Pourtant, il n'y a pas d'antinomies entre les deux. Roald Dahl, comme les bons écrivains, s'adresse autant à l'adulte qu'à l'enfant.”
Holly - JIACO
Je suis tout à fait d'accord avec elles. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle quand c'est possible d'associer une lecture jeunesse à une lecture générale.
Dernièrement j'ai vu un article intéressant, pertinent sur le blog citrouille : "La littérature jeunesse n’est pas que jeunesse, elle est d’abord littérature!" la première phrase de l'article.

Moi, quand j'étais enfant dans les années 70, j'aimais lire :
Martine, le Club des 5, quelques albums qui étaient à ma portés, Tintin, Boule et Bill, la comtesse de Ségur, Béatrix Potter, bien sûr Alice Détective, la petite maison dans la prairie de Laura Ingalls ... Jules Verne aussi, Hector Malot, le Petit Nicolas . Quand j'étais en moyenne section ma maîtresse nous lisait Tistou les Pouces d'André Maurois. Pour moi, ces lectures étaient avant tout des lectures de mon âge et plaisante. Aussi j'ai adoré lire Marc Twain avec Tom Sawyer et Huckleberry Finn. Aussi, ce livre d'Enid Blyton : La Mystère du pavillon rose dans cette collection là Rouge et Or, livre qui venait de chez ma grand-mère. Ce sont des lectures de l'enfance dont certaines peuvent se relire à l'âge adulte sans honte le Petit Nicolas (reviens en force d'ailleurs) , mais aussi les Jules Verne, Marc Twain.

Marie- Aude Murail parle très bien d'ailleurs de ces livres qui ont marqué notre enfance.

L'incontournable comtesse de Ségur, a touché de nombreux enfants (filles et garçons) dans leur lecture
d'enfance: Pascale Vd'Auria mais avec un titre que je ne connais pas " La sœur de Gribouille". Le frère de Marie-Aude, Lorris Murail, lui il a été marqué par Pauvre Blaise. La contesse de Ségur s'est vraiment un auteur qui se transmet de génération en génération.
Le Club des Cinq à la mer d'Enid Blyton a rencontré Marie-Ange Le Rochais, mais ces fameux Club des Cinq ont su séduire toute génération d'enfants. Les livres d'aventure qui sont à l'honneur pour : Stéphanie Benson : The Hobbit de J R.R Tolkien.
Marc Baron : la Sainte Bible, il faut souligner que chez beaucoup de personnes de condition modeste c'était l'unique ouvrage du foyer. Mais quel ouvrage, dans la bible on retrouve des quantités d'histoires passionnantes.
Jules Verne a marqué Xavier-Laurent Petit avec Voyage au centre de la terre. Cathy Ytak a été marqué par Bernard Clavel, personnellement je n'ai jamais été très attiré par les ouvrages de cet auteur. Mais je me souviens que durant la fin des années 70/80, cet auteur était à la mode (médiatisé passait chez Pivot entre autre. Mon frère était assez friand de cet auteur. J'aime bien Cathy Ytak dans son souvenir souligne bien que la maison des autres de Bernard Clavel, lu quand elle avait douze ans et son premier roman "pour adultes".
Laurence Kiefé a été marqué par La maison des petits bonheurs de Colette Vivier. Ce livre la marqué car il parlait de ses angoisses, de ses incertitudes, de mes espoirs Je ne connais pas cet ouvrage mais j'ai lu il y a pas la longtemps la maison des quatre-vents que j'ai adoré, car l'auteur a su très bien rendre la complicité qu'elle peut avoir avec son petit héros, Michel. Maroe Wabbes évoque un autre livre de Colette Vivier : L'almanach du gai savoir qui a été publié par Gallimard.
Ella Balaert : Les quatre filles du Dr March que moi j'ai lu adulte. Pour Chantal Cahour, elle fut marquée par les quatre filles dans une version intitulée "Petite bonnes femmes "(roman de la célèbre collection Rouge et Or). " Le livre s'intitulait Petites bonnes femmes. Je n'apprendrais que quinze ans plus tard son véritable titre, Les quatre filles du docteur March" et encore ce fut une adaptation .
Maryvonne Rippert évoque un livre que je pense avoir lu mais j'en suis pas sûr : Mamou de Mary Patchett (encore une histoire triste). C'est vrais que dans nos choix de lecture on aime (le jeune lecteur) s'identifier à l'enfant (malheureux souvent) du roman, se sentir proche de lui, une envie folle de partager ses joies et ses peines. Paticia Berrby dit à propos d'un roman d'Hector Malot que j'ai lu moi aussi enfant Sans famille
" Quand j'étais petite, je rêvais d'être orpheline comme dans Sans famille. " Il est vrais en tout cas il a été pour moi pas forcément relié à ce livre, mais enfant je me posais des question sur ma famille du genre est ce bien mes parents, ce que l'on ressent concernant l'existence... etc... Comme le dit aussi Claudette Oriol-Boyer a propos d'un livre "On demande une maman"de Colin Sheperd : " l'histoire ? Celle d'une orpheline en attente d'adoption" l'histoire de Sylvia adopté par une maman, Sylvia s'investit aussi dans la création artistique : elle adore chanter, écouter jouer du violon et composer des poèmes d'amour. C'est une artiste en herbe. Elle sera remarquée par une femme violoniste qui l'adoptera et la comblera sur tous les plans en lui offrant une belle poupée et un violon."

Puis en élémentaire en CM2 : j'ai le souvenir de lecture qui m'ont marqué terriblement, quand j'y repense à l'âge adulte. C'est le Grand Meaulne d'Alain Fournier, la Saga des Martin du Gard, et aussi je m'en souviens plutôt Jules Vallès (Jacques Vingtras trilogie : L'Enfant , Le Bachelier , et L'Insurgé) et Romain Rolland ( Jean-Christophe) surtout des extraits et j'avais trouvé cette littérature désuète, et à vrais dire je m'en souviens plus trop. Via ce livre, je retrouve mes lectures d'enfance, je me rencontre aussi que comme plusieurs on été marqué par le Grand Meaulnes d'Alain Fournier.
Puis, ensuite les lectures qui m'ont marqué dans mon adolescence sont :- Le lion de Joseph Kessel, Vipert au point d'Hervé Bazin, j'ai adoré lire la trilogie de Robert Sabatier ...
Je pense que durant mon enfance et mon adolescence j'ai rencontré de bons professeurs qui m'ont su me transmettre le goût de la lecture et surtout l'envie de lire. En tout cas on ne parlait pas de littérature jeunesse, mais de lecture.
Aline Méchin (dans un amour d'enfance) souligne une chose très juste qui fait écho en moi. " La littérature de jeunesse fourmille de roman sur ce même thème. Enfants perdus, volés, abandonnés, qui font poser jeune lecteur la grand question : " Et si mes parents n'étaient pas mes parents ? " Je me la suis posée cette question moi aussi. Certes il est dommage que je sois passé à côté de certain albums, et c'est un regret aussi que durant mon enfance en élémentaire, il n'y avait pas de bibliothèque scolaire comme aujourd'hui ( et surtout comme celle dont je m'occupe à l'heure actuelle) cela est bien dommage, un regret que j'apprécie à l'âge adulte. Comme le souligne certain auteurs dans le livre " Un amour d'enfance" la poésie tient sa place. C'est certain si j'ai une affection pour certains poètes c'est grâce à mon enfance, à l'école, les poésies apprisent par cœur : René-Guy Cadou (un poète dont le nom évoque bien l'enfance) Prévert, Desnos ( fourmi), Hugo, Apolinaire, puis plus tard Rimbaud, Verlaine, Baudelaire ...
Mais personnellement dans un premier temps, je serai bien incapable de dire qu'elle est le livre qui ma marqué étant enfant ma petite madeleine de Proust : peut-être les livres de la Comtesse de Ségur ( les malheurs de Sophie, les Vacances, les Petites Filles Modèles ). Oui, plus exactement les Petites Filles Modèles pour la bonne et simple raison que quand j'ai découvert ce livre et que je me suis rendue compte que l'histoire se situait à l'époque de mon arrière grand mère, cela a été un choc pour moi et cela me fascinait. Mais en repensant plus précisément je crois qu'un livre comme L'histoire d'Helen Keller, de Lorena A. Hickok m'avait beaucoup marqué.
J'ai découvert la littérature que l'on nomme aujourd'hui la littérature jeunesse à l'âge adulte. Une première approche avec la naissance de mes petits neveux, ensuite mon stage chez Gallimard Jeunesse (effectué par hasard en fabrication) durant cinq mois. Un choc en regardant le catalogue Folio Junior, toutes mes lectures d'enfance sont là bien présentes, elles sautent à la figure, c'est le cas de le dire.
Puis depuis deux ans de façon au quotidien ou presque avec des enfants (niveau élémentaire) puisque je m'occupe de la bibliothèque scolaire. J'ai découvert tous les trésors de l'École des Loisir les albums de Tomi Ungerer, Sendak, Nadja, son frère Grégoire Solotareff et leur maman Olga Lecaye et plein d'autres. C'est là, où je me suis rendue comte l'importance de transmettre la passion d'excellents albums et essentiel me semble t-il, pour les amener enfin j'espère vers la littérature et les classique. Les classiques de la littérature jeunesse je les ai découvert adultes : je pense les quatre filles du docteur March, Alice au pays des merveilles, ce sont des livres délicieux , rien n'interdit de les lire à l'âge adulte.
Dernièrement j'ai lu deux excellents livres de jeunesse ou de la littérature tout court, je pense à Miss Charity de Marie Aude Murail, la maison des quatre-vents de Colette Vivier, que dire de l'excellent Taille 42 de Malika Ferdjoukh

Je pense que c'est les médias qui fait la différence entre lecture jeunesse et lecture adulte ou générale. Marie Desplechin dit aussi, pourquoi elle écrit pour la jeunesse : " Parce que c'est plus facile, plus tranquille. Il n'y a pas de pression. Pour les adultes, c'est l'arène. C'est surévalué. Il y a une grande violence dans les relations avec la critique, elle regarde ce que l'on écrit pour les adultes d'un œil superméchant ! J'ai horreur des conflits ! Ce qu'on écrit pour les enfants, tout le monde s'en fout ! Il n'y a pas de critiques dans les journaux... Et puis, il y a sûrement une partie de moi qui est restée bloquée à 12-14 ans !" Là je suis à la fois d'accord et pas d'accord, la pression c'est je pense du à un réseau éditorial face à la critique, un rapport de force. En ce qui concerne la littérature jeunesse " tout le monde s'en fout !" non je ne suis pas d'accord. C'est bien la preuve qu'un écrivain quand il est dans un processus d'écriture il se dit "alors là j'écris pour la jeunesse" je peux bacler mon manuscrit ou je ne suis pas obliger d'approfondir mon récit, comme j'écris pour des 12/14 je peux rester à la surface des choses au lieu de creuser. Moi je pense que c'est une erreur de commencer d'écrire en se disant je m'adresse à des enfants et de penser que je serai lu uniquement par des enfants. Voilà le message que l'adulte peut comprendre en tout cas moi je le ressens comme cela et c'est une erreur !

mardi 23 juin 2009

SWAP : KEN LOACH

Voici mon petit colis " Ken Loach" fort sympathique que je dois à Pascale.
1 DVD que je ne connais absolument pas mais qui m'a l'air génial : Just a Kiss de Ken Loach.
2 livres très chouette d'auteurs que je ne connais absolument pas.
Joseph O'Connor : l'étoile des mers
Robert McLiam Wilson : Eureka Street un auteur que j'ai repéré, il y a fort longtemps mais que j'ai jamais lu. Merci, Pascale bien vu grâce à toi je vais pouvoir découvrir cet auteur dont Lilly adore ce livre en particulier.
Et Pascale a bien vu je suis une adepte des carnets, celui là me plait bien le Petit Nicolas la malice enfantine :)
La finale touche quelques sachets de thé Earl grey !
Grand Merci à Pascale et à Crissilda pour l'organisation ;-)

lundi 22 juin 2009

JANE AUSTEN : Lady Susan

Traduit par Pierre Goubert

Cela faisait un petit moment que ce court roman épistolaire était dans ma Pal. Je dois ce livre grâce à Choupynette dans le cadre d'un swap
Li-thé-rature.

Lady Susan, est une veuve de trente-cinq ans, elle est encore séduisante et c'est une grande coquette. Description par sa belle sœur Catherine Vernon : " Elle est vraiment extrêmement jolie. Vous êtes libre de mettre en doute les attraits d'une femme qui n'est plus toute jeune mais, pour ma part, je dois dire que j'ai rarement vu une personne aussi charmante que Lady Susan. Son teint est d'une blancheur délicate. Elle a de beaux yeux gris et des cils noirs. À la voir, on ne lui donnerait pas davantage que vingt-cinq ans, alors qu'en réalité elle doit en avoir dix de plus."
Elle se confie souvent à sa meilleur amie Alicia, qui vit à Londres. Elle désire renouer avec sa belle famille Charles et Catherine Vernon. De ce faite elle séjournera dans leur propriété à Churchill. Elle a une fille Frederica, qu'elle désire marier à Sir James Martin."Sir James est un jeune homme d'un caractère charmant et donc on dit le plus grand bien. ""Il représente par ailleurs un parti tellement souhaitable pour Frederica que j'ai toujours observé son attachement pour elle avec le plus grand plaisir et suis persuadée que mon frère et vous donnerez à cette alliance une approbation sans réserve. "
Mais Frederica ne veut absolument pas se marier avec cet homme. Voici la description de sa fille par Lady Susan : " Fréderica est trop timide, à mon sens, et elle ne craint trop pour aller me trahir."
Lady Susan est une femme redoutable dans son rôle de séductrice. Voilà comment Reginald (le frère de Catherine Vernon) voit Lady Susan : " Quelle femme ce doit être ! J'ai hâte de la voir, et j'accepterai sans nul doute votre aimable invitation afin de me faire quelque idée de pouvoirs ensorceleurs d'une telle efficacité. " Elle est perçut comme un objet de curiosité. Elle souhaitera se remarier tant qu'à faire avec un homme qui a de l'argent. Elle est très intéressée par Reginald le frère de sa belle sœur mais il y a une différence d'âge entre eux, cela pose problème.
Je trouve ce roman très fin en ce qui concerne la psychologie féminine. Et que dire de la cruauté fine, méchanceté envers sa fille qui monte en crescendo je trouve plus on va faire la fin plus c'est terrible !
" Mon insupportable fille a voulu s'enfuir. Je n'avais pas idée auparavant qu'elle pût se montrer pareil petit démon."" Il me faut punir Frederica , et assez sévèrement, pour s'être adressée à Reginald."Justement sa belle famille lui reproche son comportement envers sa fille, et Catherine Vernon la belle sœur un personnage à l'opposé de Lady Susan plus affectueux.
"je suis amenée à penser, comme je l'ai toujours fait jusqu'à présent, que la mère n'a pas véritablement de sentiment maternel envers la fille, ne lui a jamais rendu justice et ne l'a jamais traité avec affection."
Il est certain que c'est un livre différent des autres livres de Jane Austen (lu Orgueil et Préjugé, Raison et sentiments, l'Abbaye de Northanger). Mais c'est du à la forme je pense qui donne cette impression , me semble t-il ! Mais, autre impression, je ne sais pas où ce livre se situe dans l'œuvre de Jane Austen mais j'ai l'impression que Lady Susan est un court roman de maturité. Personnellement, contrairement à certaines qu'ils l'ont lu j'ai aimé voir beaucoup mais comme j'ai adoré les liaisons dangereuses et Marivaux ( j'aime beaucoup son théâtre) dont je fais le rapprochement.

Livre lu par Lou, Wictoria, Sylire, Lilly

Les romans épistolaires (écrits sous forme de lettre) étaient très en vogue au XVIIIème siècle, et bien sûr avec Lady Susan l'on pense à Laclos " Les Liaisons dangereuses". David Lodge dit dans son essai "L'art de la fiction"que " Dans sa première ébauche Raison et sentiments de Jane Austen était un roman épistolaire, mais réflexion faite et pressentant le déclin que cette forme allait connaître au XIX ème siècle, l'auteur a changé d'avis."

jeudi 18 juin 2009

SYLVIE DOIZELET : Nos amis des confins

Debbie Williams, une américaine, mais ses origines sont anglaises . Elle travaille à Londres, elle est chimiste chez Watercare.
Elle s'installe au cottage Seddon à Gray, cette demeure à appartenu à Mary Seddon une poétesse morte depuis trente ans.
Henrietta organise des Ghost Walk, la tournée des lieux hantés de Gray. Au pub le Theobald de Gray, elle fait la connaissance de personnages étranges dont G.M l'auteur d'un livre sur le thème "Comment vivre avec un maniaco-dépressif"

Un livre étrange remplit de fantômes que je dois à miss Lou
elle a intitulé son billet par " Venez, les petits , venez. " qui revient plusieurs fois dans le roman. C'est bien vu !
" Venez, venez mes petits " répétait Henrietta lorsqu'elle déambulait dans la ville de Grays et Debbie, au début, se moquait d'elle.
Une poule rassemblant ses poussins. C'est l'image qui se présentait à elle, les premières fois. Pardonnez-moi, Henrietta. Une femme merveilleuse, plus toute jeune, fragile et attentionnée qui ne pouvait rentrer chez elle qu'après être allée chercher ses fantômes, voilà ce qu'était Henrietta." Ces personnages fantômes sont attachants, enfantins. C'est un roman étrange curieux, ambiance brumeuse, puis éclaircissement vers la fin.
C'est un livre assez énigmatique, mystérieux. Ce livre ne fut pas un coup de cœur mais une curiosité bien intéressante, accompagné d'une écriture forte qui se marie bien avec l'ambiance du livre.

Tableau : Claude Monet Londres. Le Parlement. Effet de brouillard sur la Tamise, 1905.

mardi 16 juin 2009

MICHEL TREMBLAY : La Traversée de la ville

c'est le second volet de La Diaspora des Desrosiers
L'année dernière j'avais lu le premier volet La Traversée du continent

À la fin de la Traversée du continent, nous quittions Nana, enfant d'une dizaine d'année, arrivée à Montréal en 1914. Elle apprend qu'en Europe la guerre est présente, cela l'effraie. Elle prend plaisir à être auprès de son petit frère mais elle a qu'une envie c'est de retrouver le cocon douillet, ses grands-parents, le rire de ses sœurs Alice et Béatrice en Saskatchewan, pour cela, elle casse sa tirelire souhaite réaliser son rêve.
Montréal est la grande ville du grand méchant loup, un passage d'une pure merveille, dans le grand magasin référence à l'enfance au grand classique de la littérature jeunesse : entre autre à Alice au pays des merveilles voir p 88, p 89,p90 " Pourquoi est-elle partie à l'aventure, comme ça pourquoi continuerait-elle si elle est convaincue que ça ne servira à rien ? Absolument. À rien. Sept dollars et onze sous pour faire traverser tout un continent à trois personnes ! C'est aussi absurde qu'Alice au pays des merveilles, non ? Ou que le combat entre un chevalier et un dragon ?"
En parallèle, un retour en arrière dans le temps en 1912, Maria, la mère de Nana, quitte la Providence, Rhode Island pour Montréal rejoindre le reste de sa famille, ses sœurs, son frère. Elle est enceinte, elle souhaite revoir la plus jeune de ses filles Réhauna alias Nana. Elle est toujours aussi attachante et délicieuse. C'est un roman plein de profondeur sur la vie.
Cela ma amusée mais dans ce roman il y a plusieurs "Alice". Alice la fille de maria qui est resté au Saskatchewan, Alice du merveilleux conte de Lewis Carroll, pour finir Alice, la belle sœur anglophone qui comprend rien à la famille de son mari les Desrosiers. Edouard est le seul homme de ce roman. Il y a les tantes de Nana, personnages féminins haut en couleur : Tititte, Teena et Maria la mère de Nana : "Elles vivent donc toutes les trois sans homme dans une société où c'est plutôt al vu ( la religion catholique tient un rôle capital !) : Teena ne s'est jamais mariée malgré le grand nombre de cavaliers qui lui ont tourné autour - on parle à mots couverts d'un enfant qu'elle aurait eu dans sa jeunesse, mais c'est un sujet tabou que personne n'oserait jamais aborder avec elle- Maria est peut-être veuve mais ce n'est pas sûr, et Tititte, sans être divorcée parce que sa religion le défend, est revenue de Londres toute seule en jurant qu'elle ne voulait plus rien savoir des hommes. "
Trois femmes qui courent après le bonheur qui essayent de l'attraper pour avoir droit à une vie paisible et harmonieuse mais elle n'y arrive pas. On retrouve toute l'ambiance l'atmosphère des Chroniques du Mont-Royal, on se chicane beaucoup. Avec ce roman, Michel Tremblay signe un très bel hommage à Montréal, ville coupé en deux d'un côté il y a les francophone et de l'autre les anglophones. Mais , à la littérature comme ne pas penser à Zola, dont la filiation avec Tremblay paraît selon moi comme évident "Au Bonheur des Dames". Un bel hommage à l'enfance et son monde merveilleux, au cinéma naissant des passages très drôles autour de Quo Vadis. Ah ! et la saveur exotique de l'ananas que découvre Nana dans cette traversée de la ville, traversée merveilleuse mais au combien semée d'embuches !

Livre lu par les aficionados Tremblay : Papillon, Venise - In Cold Blog , il a bien raison c'est un excellent roman de Michel Tremblay

Cette magnifique illustration d'Alice au Pays des Merveilles de A.E. Jackson, 1915

samedi 13 juin 2009

ESTHER KHAN : le livre et le film


J'ai d'abord connu le film Esther Khan que j'ai vu à sa sortie et je me souviens que j'avais eu un gros coup de foudre pour ce film le même, exactement le même que pour le conte de Noël vu l'année dernière.
Puis quelques années plus tard, il y a pas bien longtemps j'ai trouvé chez Gibert d'occasion livre d'Arthur Symons accompagné d'une préface d'Arnaud Desplechin. Puis qu'Esther Khan est adapté d'une nouvelle de cet écrivain au destin brisé qui après la célébrité et les fastes de la vie londonienne a connu le dénuement de l'asile.
Auteur totalement méconnu en France, enfin donc j'ai pas hésité j'ai acheté ce livre pour trois fois rien.
Puis, après avoir lu cette nouvelle, car Esther Khan est une nouvelle, j'ai eu très envie de revoir le film, évidement donc je l'ai acheté très récemment. C'est un grand bonheur de revoir ce film.

Présentation de cet auteur méconnu Arthur Symons (1865/1945)

C'est un auteur qui a un pied dans la fin du XIXème siècle et un autre dans le XXème siècle. Il est né dans le pays de Galles en 1865.
Il est avant tout un poète influencé de Baudelaire et de Verlaine. Il est l'ami de Yeats. Il a publié en 1899 un texte intitulé "Mouvement symboliste en littérature". De nombreux auteurs se sont reconnus dans ce mouvement symboliste en France : Huysmans, Maeterlinck, Verlaine et Villiers de L'Isle-Adam. Donc il a écrit des essais, dramaturge, francophile, il traduit les œuvres de Guy de Maupassant, Émile Zola, Paul Verlaine, Charles Baudelaire ou Stéphane Mallarmé.

Après qu'il a connu une certaine célébrité au sein de la société londonienne, l'écrivain sombre dans la misère et la déchéance. Il finit ses jours dans un asile psychiatrique.

Ester Khan traduit par Pierre Leyris
nouvelle tirée de son recueil " Les aventures spirituelles" en 1905

Avec cette nouvelle on pourrait faire un parallèle, un rapprochement avec L'innocence de Tracy Chevalier. Même si les deux romans ne se situent pas à la même époque.
Mais ces deux textes se déroulent dans Londres. Avec Ester Khan nous sommes dans le quartier juif de Londre au nord-ouest dans les rues de Lambeth (donc le même quartier de Maggie, Maisie et Jem dans l'Innocence de Tracy Chevalier).
Esther est une enfant issu d'une famille unies, juive, tailleur, ils travaillent dans la confection. L'intérieur du foyer est douillet, elle n'aime pas aller jouer dans la rue." Enfant, Esther avait une étrange terreur de la rue où elle vivait." Sa famille est pauvre mais très cultivée. Esther est une enfant rêveuse qui a du mal à faire face au réelle. Elle veut faire du théâtre être dans la lumière. Elle veut aussi fuir son milieu social juif. " Elle inventait des histoires sur les maisons, mais ce histoires ne la satisfaisaient jamais. ""Pour elle, les gestes des gens signifiaient toujours davantage que leurs paroles n'exprimaient jamais tout à fait. Elle guettait toujours inconsciemment leur sens". Elle obtiendra un petit rôle de bonne dans " Les Gages du Péché" puis elle monte les étapes et obtient un rôle plus important. Un jour, elle rencontre un vieil acteur, un Juif Nathan Quellen qui fera d'elle une grande actrice. Le premier conseil qui lui donne c'est "il faut que tu prennes un amant ; il faut que tu sois amoureuse. Il n'y a pas d'autre manière." Elle fera la connaissance de Philippe Haygarth un homme plus âgé qu'elle, un jeune dramaturge, respecté. Et son amitié, sa rencontre va faire qu'elle va s'ouvrir, se transformer, grandir évoluer " Cela avait été vraiment une nouvelle vie ou le commencement même de la vie." Avec lui elle va découvrir les grandes figures théâtrales à connaître tirées de Shakespeare bien sûr Juliette, Lady Macbeth, Cléopâtre, il lui apprend à dire de la poésie. Elle fait la connaissance du théâtre Ibsen.
Elle est obstinée Esther elle veut à tout pris être une immense actrice. C'est vraiment une très jolie nouvelle sur le théâtre et c'est un beau portrait d'une jeune actrice.

Christine Jordis évoque la nouvelle Esther Khan dans son essai Promenades anglaises ( p 73/74)

Prélude à la vie est un texte autobiographique d'Arhur Symons traduit par Pierre Leyris
Le titre est magnifique on pense à Chopin et ses nombreux Préludes.
Il évoque ses souvenirs d'enfance "Si j'ai été un vagabond, incapable de m'enraciner en aucun lieu du monde, c'est que je n'ai aucun souvenirs anciens d'un ciel ou d'un sol particulier."
ses lectures et son rapport à la lecture " Je n'ai appris jamais à lire convenablement avant d'aller à l'école à l'âge de neuf ans." Il doit à Don Quichotte la passion de la lecture. La religion a une place importante dans son enfance. Du "je" on passe au "elle" c'est sa mère, un très beau portrait. " elle rêvait chaque nuit des rêves précis, élaborés, qu'elle nous racontait au matin avec la même clarté que si elle nous eût raconté un événement réel."
Le style d'Arthur Symons est une merveille de finesse, de précision dans les descriptions. En peu de mots il dit une infinité de choses. Cette nouvelle est un véritable petit bijoux.

Le Film d'Arnaud Desplechin avec dans le rôle d'Esther Kahn :
Film sorti en 2000
Arnaud Desplechin fait partie de la famille de réalisateur dont les livres tiennent une place importante. D'ailleurs, comme beaucoup de réalisateur français que j'admire beaucoup en premier François Truffaut, Jean Eustache, Louis Malle, Eric Rohmer ... voilà quelques uns.

Ce film est une petite merveille dès le générique, déambulation dans un Londres gris qui pourrait être Roubais
(la ville d'origine d'Arnaud Desplechin). Les tableaux de spectacle sont ceux je suppose de Walter Richard Sickert. Les fermetures l'iris qui clôturent chaqu'une des séquences sont un hommage au cinéma muet de Griffith. Ce procédé fut repris par les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Pour ce film, Desplechin s'est inspiré de l'Enfant Sauvage de Fr. Truffaut, cela est comme une évidence surtout au début Esther Khan enfant. Desplechin a une immense admiration pour Truffaut, il a bien raison.
Pour l'ambiance du film au niveau visuel on pense à Degas, Toulouse Lautrec en ce qui concerne les couleurs surtout.
Esther Khan interprète le rôle d'Hedda Gabber d'Ibsen. C'est très bien filmé et vu, les caprices d'une jeune actrice Esther qui se sent incapable de jouer parce que son fiancé, la quitté pour une autre femme.
Esther sombre dans la folie, la jalousie, ces sentiments fort et violent qu'elle possède au plus profond d'elle lui sera utile pour se réaliser et être la grande actrice qu'elle souhaitait être. Je trouve toute cette séquence magistrale. Durant tout son apprentissage, elle fera tout pour être une grande, mais face à Philip et à sa nouvelle fiancée elle ne peut pas.
Ce film est de toute beauté et le travail d'adaptation est magnifique parce que la nouvelle est courte d'une vingtaine de page pour en faire un film aussi riche de 2h25 environ, il s'est servit aussi pour enrichir son scénario du Prélude à la vie qui est un texte autobiographique sur Arthur Symons. Il faut être doué et c'est pour cela qu'Arnaud Desplechin est un grand réalisateur et à réussit avec brio ce tour de force.
Summer Phœnix est une magnifique Esther très attachante, touchante, merveilleusement photogénique.
La musique est superbe elle souligne le bien le climat du film.
Ce film est une belle fresque un très bel hommage qu'Arnaud Desplechin rend au Cinéma naissant.
Point faible du film vient de l'interprétation de certains acteurs, je trouve que cela est bien dommage car cela gâte, voir gâche le charme du film, selon moi.
Entre autre, le choix d'avoir pris Fabrice Desplechin (qui n'est pas acteur) pour interpréter le rôle de Philippe Haygarth. Son fort accent français arrache l'oreille, il n'est pas du tout mélodieux comme celui de Summer Phoenir qui est chantant, doux à l'oreille. Puis je ne sais pas qui dit la voix off mais elle est excellente

© Walter Richard Sickert pour les tableaux dont les références font penser à Degas

jeudi 11 juin 2009

La vie littéraire à Paris dans l'entre-deux guerres : amitiée franco-anglo-saxone

* SHAKESPEARE AND COMPANY

Sylvia Beach - traduit de l'anglais par George Adam
édition du Mercure de France

Sylvia est une américaine francophile, ses parents lui ont transmis l'amour pour la France. C'est lors d'un voyage à Paris avec sa sœur Cyprian en 1917, qu'elle fit la connaissance d'Adrienne Monnier qui aimait l'Amérique. Elle tenait une librairie 7, rue de l'Odéon. Et, très rapidement le courant passe entre ses deux femmes, c'est la naissance d'une grande amitié.
" Je fus la seule Américaine, je crois, à découvrir la rue de l'Odéon à cette époque et à participer à la vie excitante de la librairie d'Adrienne" Sylvia rêve de possédé une librairie aussi. Son rêve sera exaucé.
"Shakespeare and Company "est un livre de souvenir, Sylvia Beach transmet son expérience merveilleuse à diriger cette librairie. Puis, elle évoque ses rencontres intenses,avec Gertrude Stein, James Joyce, Ernest Hemingway, Valéry Larbaud, Scott Fitzgerald. Ses écrivains fréquentes avec un grand bonheur la librairie de Sylvia Beach appelée Shakespeare and Company rue de l'Odéon.
Elle a été l'éditrice d'Ulysse de Joyce, et cette expérience ne fut pas de tout repos, car après avoir connu la pauvreté comme Ulysse connait un succès il aime dépensé son argent et il a des goût de luxe. Valérie Larbaud est le traducteur français et il s'entend à merveille avec Joyce.
Ernest Hemingway est un fervent lecteur et adore l'accueil chaleureux de Sylvia. Une très belle amitié s'installe entre eux.D'ailleurs il écrira un roman en hommage à Sylvia et Adrienne dans" Paris est une fête"
Ses souvenirs sont plein de vie et passionnant et de modestie. J'aime beaucoup toutes les étapes concernant Ulysse. Elle évoque des personnages étonnants qui sont des acteurs cette époque comme Nathalie Barney, Remy de Gourmont. Elle et Adrienne rencontrent Scott Fitzgerald un leurs grands copains . Grâce à lui, Sylvia fait la connaissance de King Vidor un des grands réalisateurs d'Hollywood et rentré dans la librairie le l'immense George Gershwin. Elle fait une grande exposition pour faire connaître au français le grand poète américain Walt Whitman. En 1930, Gertrude Stein et Alice B. Toklas se lancent aussi dans l'édition à leur propre adresse au 27 rue de Fleurus. Un beau témoignage sur cette époque foisonnante durant l'entre deux guerre où Sylvia Beach mêle les grands moments littéraires et les anecdotes personnelles.

*Passage de l'Odéon
( Sylvis Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l'entre-deux-guerres)
Laure Murat - C'est un essai d'une grande richesse concernant le monde de l'édition et la vie culturelle durant l'entre -deux-guerres et je ne pense pas en avoir fait le tour.

Adrienne Monnier ouvre la Maison des amis des Livres 7 rue de l'Odéon. Elle a vingt-trois ans en 1915 en pleine guerre c'est une idée complètement folle. Tant pis cela lui fait pas peur, elle est passionnée de littérature contemporaine qu'elle veut faire connaître au plus grand nombre, sa librairie est aussi une bibliothèque de prêt. Elle a choisit la rive gauche, le quartier des étudiants pour être accessible à la jeunesse.
Elle est une femme originaire de Savoie. Et, c'est une femme connue pour avoir un bon coup de fourchette.
Elle fait un rapprochement entre la nourriture et la littérature je suis entièrement d'accord. La mauvaise littérature est immangeable alors que la grande est divine. Elle est une femme d'influence dans le milieu littéraire de son temps au près de Gallimard surtout . Sa librairie sera toute sa vie. Adrienne Monnier et Sylvia Beach, tous les deux lesbiennes travaillent l'un en face de l'autre. Sylvia Beach s'installera en 1921.
Durant l'entre-deux guerres, Sylvia Beach et Adrienne Monnier, deux femmes l'une américaine et l'autre française feront énormément pour Joyce et son célèbre Ulysse.
C'est un évènement exceptionnel. L'Adrienne s'occupera de la traduction française sept ans après sa sortie.
Durant la période entre 1911 et 1931, elles deviennent des symboles pour les amis du livre
Deux maisons d'édition jouent un grand rôle : le Mercure de France et la NRF. Grâce à Adrienne Monnier et Sylvia Beach , Gallimard possède Joyce et Hemingway.
Deux absents de tailles durant cette époque, deux géants ignorés, méprisés Proust et Céline. Mais pour ma part, je pense que cela n'est pas étonnant Proust était un mondain de la rive droite et Céline fut totalement méprisé à cause de ses idées politiques. Laure Murat nous dit concernant Adrienne Monnier "Elle chérissait Romains et Fargue (entre parenthèse deux écrivains qui sont méconnus à l'heure actuelle, injustement d'ailleurs peut-être) détestait les surréalistes (Ah ! bon, il représentait tout de même la modernité il me semble à l'époque), ignorait superbement Proust et Céline, dont la prose la laissait froide. (étonnant car avec le temps ces deux auteurs sont passés à la prospérité)". Le mérite d' Adrienne est la franchise, elle est une passeuse, elle a su tenir ce rôle avec diplomatie. Ces deux dames, Adrienne et Sylvia était de véritable dénicheuse de talent.
C'est un essai sur la vie littéraire de l'entre deux-guerres intéressant et dense. Il s'adresse avant tout pour les amoureux de l'histoire littéraire. La vie littéraire à cette époque était d'une très grande richesse. Puis de voir aussi que certains auteurs de cette époque sont méconnus de nos jours l'œuvre de Ruysbroeck , Chennevière . Comme quoi quand on parle littérature le Temps est important, c'est lui qui à raison et qui fait le tri ! Cela reste un essai qui donne envie de revisiter nos classiques.
Ci-joint un Slide avec les acteurs, une partie seulement des acteurs de cette époque dont le rendez vous favori du Tout-Paris littéraire était là rue de l'Odéon.

dimanche 7 juin 2009

TRACY CHEVALIER : L'innocence

photo : Les Chants d’Innocence Frontispice et page de titre - 1789 eau-forte en relief et aquarelle 144 x 204 mm The Wormsley Library. © The Wormsley Library, Grande Bretagne
1789-1793 : Premier poèmes "enluminés" à la manière de manuscrit médiévaux, ils sont destinés aux enfants.

J'ai bien aimé la jeune fille à la perle, et depuis la sortie de ce livre je voulais lire ce livre " L'innocence". Sa sortie en poche et l'exposition William Blake sont deux bon motifs pour lire ce livre.Durant, le mois de mai j'ai vu cette exposition au petit palais : William Blacke( le Génie visionnaire du romantisme anglais) en compagnie de Lou, Cryssilda (un grand merci à elle, tout simplement sans elle, je serai passée à côté de cette exposition, et à côté de ce livre du coup cela aurait été vraiment dommage) et Lamalie. Et bien l'exposition est magnifique, les gravures sont plus belles les unes que les autres. Je vous invite à voir les compte-rendus de Chiffonnette et Isil.
Exposition que l'on peut voir à Paris jusqu'au 28 juin 2009. Exposition à voir à ne pas rater !

Le roman de Tracy Chevalier se déroule durant l'année 1792 à Londres.
et Thomas Kellaway ébéniste, lui et sa femme et ses deux enfants ont répondu à l'invitation de Philip Astley pour s'installer à Londres. Ils arrivent de la campagne anglaise du Dorset. Maggie et les enfants Kellaway font connaissance et ils sympathisent avec leur voisin William Blake et son épouse Kate, elle est aussi sa collaboratrice. Il imprime lui même ses ouvrages, il possède une presse. Il est graveur, poète, il sera le guide spirituel des adolescents tandis qu'ils franchissent le chaotique et exaltant passage de l''innocence" à l'"expérience". C'est en 1791, qu'il rencontre des libres penseurs qui partagent les idées de la révolutions française. C'est pour cette raison qu'il porte un chapeau rouge. L'innocence, être innocent mots qui reviennent souvent. L'innocence de l'amitié entre Jem et Maggie, le livre de Blake "Les Chants d’Innocence "qui tient sa place dans ce roman, les êtres innocents qui sont morts durant la révolution française durant l'été de 1792.
" C'était ainsi que Jem aimait la regarder, à son insu, parfaitement heureuse et insouciante quand tombait le masque et que son angoisse naturelle cédait un moment la place à l'innocence"
Le rapport entre William Blake et les adolescents (Jem, Maggie et Maisie) sont très touchants remplis de douceurs et de bontés et remplit de reconnaissance réciproque. Le cirque tient une grande place dans ce roman, il apporte une touche de merveilleux. Thomas Kellaway sera engagé par Philip Astley le directeur du cirque comme menuisier.
William Blake vient de perdre sa mère. Les enfants qui suivent les Blacke qui se rendent à l'enterrement, traversée dans Londres c'est un très beau, long passage magnifique dans ce roman. Maggie est un guide excellent qui connaît Londres comme sa poche même dans le brouillard.
Ce roman est un voyage initiatique au cœur de Londres de la fin du XVIIIème siècle. Le peuple londonien perçoit les échos sanglant de la Révolution française. Mr Blake sourit. " Oui mon garçon, oui ma fille, la tension entre les contraire, voilà ce qui nous fait devenir nous-mêmes. Nous avons en nous l'un comme l'autre se mêlant, se heurtant, crépitant. Nous lumière, nous sommes pénombre. Nous sommes en paix, nous sommes en guerre. Nous sommes innocents, mais nous ne sommes pas nés d'hier."
Ce peuple anglais a peur pour son roi, a qui il est fidèle.
Une autre parole de William Blake à propos du climat social qui règne en France, il est le défenseur de la classe ouvrière, il est considéré comme suspect. William Blake était avant tout un homme libre. Mr Blake approuva de la tête "Oui, ma gille. D'enfants, d'être faibles et démunis. D'enfants perdus qui ont faim et froid. Le gouvernement n'aime pas qu'on lui reproche de ne pas veiller sur ceux dont il a la charge. Ils s'imaginent que je veux fomenter une révolution du genre de celle qui déchire la France."
Un livre somptueux de finesse, de luminosité, un énorme plaisir de lecture. Passionnant ! Un vrais coup de cœur ce roman magnifique, d'une grande fraîcheur. Personnellement je le trouve beaucoup plus intéressant que la jeune fille et la perle. Je le souligne car pour des raisons marketing, ce livre est souligné d'un bandeau qui le rapproche à ce livre là qui a connu un immense succès via le film.
Puis aussi je me rends compte quelques jours après ma lecture comme quoi je suis comme Tracy Chevalier, c'est à dire en admiration devant cet artiste de génie énigmatique. Dans le numéro 33 de Muze Tracy Chevalier dit la chose suivante à propos de William Blake :
" Blake est si difficile à cerner que je ne pouvais en faire un personnage principal. J'ai préféré aborder son œuvre par l'intermédiaire du regard de ses voisins. Ils observent les excentricités de Blake, sans vraiment les comprendre. Je souhaitais que mes personnages principaux soient des adolescents."
Entre parenthèse j'ai lu des extraits de poèmes de William Blake grâce à Pullman dans sa trilogie à la croisée des Monde dans le tome 3 (surtout, j'en suis sûr).

Livre lu par Joëlle, Musarder

La Pitié 1795 Estampe en couleurs rehaussée à l’aquarelle 425 x 539 mm Tate. © Tate, London 2008
j'adore cet estampe elle est magnifique
Le roman de Tracy Chevalier est traduit par : Marie Odile Fortier -Masek

mardi 2 juin 2009

P5C: ANNE BRÉCART : Le Monde d'Archibald

C'est une histoire de famille. La narratrice passe toutes ces vacances chaque année dans une maison familiale, celle de son Oncle Archibald. C'est le patriarche de la famille, il pourrait être son grand-père. La narratrice a beaucoup d'admiration pour lui. La maison de vacances est une ancienne ferme en terre romande entre Lausanne et Berne, au bord d'un lac. Oncle Archibald a trois filles Adèle, Blanche et Véra, elles sont artistes pianiste, peintre et photographe. La tante Olympe est une femme fragile. Arrive un garçon, il vient pour aider à la ferme, il se nomme Idriss.
Le seul cousin de la narratrice qui a son âge cet François mais malheureusement il sera décédé jeune suite à un accident. " J'y retrouve François mon cousin. Nous reprenons notre projet de percer à jour les secrets de famille. Il me charge de découvrir les turpitudes des adultes."
La maison peut-être considérée comme une personne à part entière avec une âme. Cette maison est hantée par les propriétaire oncle Archibald et la tante Olympe, le cousin François. De beaux passages réflexions sur la mort : " Pour elle, (Tante Olympe) la mort n'est pas un simple et tranquille évanouissement, une disparition sereine , mais une lutte d'une rare violence. Couchée dans son lit, elle semble se heurter contre une paroi invisible qui la renvoie douloureusement dans le monde des vivant, passant ses journées dans un exténuant aller et retour entre l'au-delà et la vie.""Étrange comme d'un deuil à l'autre la mort se précise dans son mystère."" Sa mort semblait avoir libéré sa présence qui, autrefois retenue par le filet de sa vie, s'était subitement éparpillé."" Et nous avons besoin d'eux pour vivre. Les vieilles maison étaient le lieu où les vivants et les morts se rencontraient sous le même toit. Maintenant que ces lieux de retrouvailles ont été détruits, les morts errent et nous cherchent."
La narratrice est très attaché à la maison d'Archibald et je la comprends, car quand elle va à la maison du lac, elle est comme dans une bulle hors temps. Elle n'a pas très envie d'être dans le réelle. Son père lui reproche :
" Mon petit, la famille de ta mère est complètement hors de la réalité. Tu n'imagine pas les efforts que j'ai dû faire pour que ta mère me rejoigne dans le vrais monde."

L'écriture est fine, limpide subtile. Il n'y a aucun dialogue cela permet de renforcer le sentiment d'étouffement dans cette maison remplit de secrets de famille et de non dit. Concernant l'époque ce récit à quelque chose d'intemporel. C'est un livre très touchant sur le temps qui passe. Ce livre touchera tous ceux qui sont sensibles aux vieilles maisons de famille, à une époque révolue, le temps de la douceur familiale du bien être auprès de personnes chers. Ce livre est vraiment une belle lecture encore un auteur à suivre. Ce roman est autobiographique sûrement en partie puisqu'il est dédicacé " En souvenir de mon oncle Luc Bischoff". J'ai trouvé des accents de la Cerisaie de Tcheckov dans ce roman. Le Monde d’Archibald est le troisième roman d’Anne Brécart. L’auteur a vécu son enfance et son adolescence à Zurich et habite Genève.